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Montagne : la pratique des loisirs dans le respect de l’environnement

Publiée le 11/12/2014 |
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Ski, raquettes, parapente, escalade… La montagne attire de plus en plus de pratiquants, parfois à ses dépens.
La fréquentation de la montagne est de plus en plus facilitée : les loisirs se sont démocratisés et le matériel, toujours plus performant, donne accès à de plus en plus de zones. Mais cette consommation des activités et du territoire se fait parfois aux dépens de la montagne.
 
Depuis les Alpes, et via des antennes dans tous les massifs montagnards français, l’association Mountain Riders s’inscrit dans une démarche de développement durable de la montagne. Elle encourage l’éco-responsabilité des particuliers et des professionnels pour préserver la montagne tout en continuant la pratique des activités de loisirs. Quentin Varniere est animateur dans l’association. Il explique l’impact de chacun sur la montagne et les écogestes à adopter pour limiter son empreinte écologique.
 
Limiter ses déchets et ses émissions de gaz à effet de serre
 
Le premier impact des activités humaines sur la montagne est la présence de déchets. On considère qu’ils viennent à 46% des touristes, pour les déchets du type petits papiers, mégots, restes de nourriture, canettes, etc., et à 54% des professionnels, comme ceux de la construction. Autour des chantiers d’immeubles ou de logements, on retrouve par exemple des câbles de remontées mécaniques ou des bidons. De nombreux ramassages sont organisés : cette année, le bilan total s’est élevé à 93 tonnes de déchets ramassés.
 
Ces déchets provoquent une pollution directe des sols. L’hiver, on a souvent tendance à jeter son mégot la neige parce qu’elle le recouvre… mais on le retrouve au printemps. A titre d’exemple, une bouteille en plastique jetée dans la nature mettra jusqu’à 1000 ans à être entièrement dégradée et ses composants pollueront les sols.
 
Les activités de montagne sont également émettrices de gaz à effet de serre. Les transports, notamment, représentent 57% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre sur cette zone. Beaucoup de touristes utilisent leur voiture pour relier la station aux pistes et, même en dehors des séjours, de nombreux pratiquants montent en montagne pour une journée.
 
Canons à neige et manque d’épuration : la difficile gestion de l’eau
 
Les activités en montagne sont également à l’origine d’une surconsommation des ressources naturelles. La plus évidente est celle de l’eau, avec l’utilisation des canons à neige. Pour avoir de la neige plus tôt et développer l’économie du tourisme, de nombreuses stations se sont mises à utiliser des canons pour produire de la neige de culture. L’eau nécessaire est souvent puisée dans les ressources naturelles, c’est-à-dire dans les nappes phréatiques.
 
L’autre problème est l’épuration de l’eau. La majorité des stations ne sont pas suffisamment équipées en stations d’épuration pour les quelques mois de la saison d’hiver – cette adaptation n’étant pas rentable les autres mois. Pendant cette période, les eaux usées de la consommation (logements, restaurations, etc.) ne sont donc pas entièrement traitées et sont rejetées dans le milieu naturel, notamment dans les sols, dans cet état.
 
L’impact des activités de loisir sur la biodiversité
 
La montagne abrite de nombreuses espèces animales : chamois, bouquetins, lièvres variables, tétras-lyres (poules sauvages), renards, marmottes, aigles royaux, gypaètes barbus, etc. Nos déchets, lorsqu’ils sont ingérés, ou nos activités, lorsqu’elles sont pratiquées sur les zones de nidification ou de reproduction, peuvent donc avoir des conséquences sur cette biodiversité.
 
Par exemple, le tétras-lyre niche sous la neige en hiver, il peut donc être très perturbé par la fréquentation des skieurs ou des randonneurs lorsqu’ils font du hors-piste. Les activités estivales ont aussi un impact sur les animaux. Par exemple, le parapente et l’escalade, qui se pratiquent à proximité ou sur les parois rocheuses, empiètent sur la zone de nidification des aigles royaux ou des gypaètes barbus et peuvent donc avoir un impact sur la reproduction des espèces.
 
De plus en plus de systèmes de prévention sont mis en place. Les parcs, comme le Parc naturel régional des Bauges, utilisent des programmes de suivi des espèces pour cartographier les zones sensibles où elles sont susceptibles de s’installer ou de se reproduire. Des cartes sont mises à disponibilité des pratiquants de parapente, des skieurs et des randonneurs pour qu’ils puissent éviter de fréquenter les zones où les indices sont les plus forts.
 
Les actions de Mountain Riders
 
Notre premier champ d’action est pédagogique : on organise des animations de sensibilisation, notamment auprès des scolaires. Le but est d’expliquer ce qu’il est possible de faire à son échelle pour limiter son impact sur l’environnement et apprendre les écogestes quotidiens : éteindre la lumière, débrancher son chargeur après utilisation, baisser le chauffage (réduire la température d’une pièce d’un degré représente 7% d’économies sur sa facture). En montagne, il s’agit de ramener ses déchets, de respecter les zones protégées et d’utiliser les transports en commun pour se rendre en stations. Et, si on est en séjour, il faut limiter sa consommation d’eau, éviter les bains et utiliser des produits le moins toxiques possibles pour les WC, par exemple.
 
On travaille également avec les professionnels – mairies, remontées mécaniques, hébergeurs, magasins, etc. – pour les aider à mettre en place des actions à leur niveau et sensibiliser leurs clients. Certains hébergeurs incitent leurs clients à des écogestes en plaçant des autocollants près des interrupteurs ou des robinets. Les magasins apprennent à gérer leurs déchets, puisqu’ils utilisent énormément de cartons, et sont sensibilisés aux différents produits utilisés sur les skis et qui peuvent être toxiques.
 
On organise aussi des ramassages de déchets en partenariat avec des particuliers, des organismes ou des associations, ce sont les « Mountain days ». En 2014, on a participé à 110 ramassages et collecté 93 tonnes de déchets. Enfin, on accompagne les mairies et les stations pour qu’elles évoluent et mettent en place différents types d’actions – ramassage de déchets, sensibilisations des scolaires, conférences, etc. Le label « Flocon vert » récompense les communes qui respectent certains critères en lien avec le transport, l’énergie, l’aménagement, l’eau, les déchets, l’action sociale et le territoire. Trois communes sont aujourd’hui labellisées : Les Rousses dans le Jura, la Vallée de Chamonix, et Villars-sur-Ollon, une station suisse. Chacun peut donc agir, touriste comme professionnel.
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

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MOUNTAIN Riders

L'association Mountain Riders travaille depuis 2001 à la sensibilisation et l'éducation au développement durable sur les différents territoires de montagne en France. Nous souhaitons accompagner les acteurs publics et privés, ainsi que les 20 millions de pratiquants annuels vers des actions concr...
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