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Dieudonné : je suis fan et je ne suis pas antisémite

Publiée le 16/01/2014 |
25021 | 153
Révélée par SAUVE Philippe |
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Beaucoup de Français qui rient de l'humour de Dieudonné ont peur de s'exprimer. Je fais le pas pour les inciter à donner leur opinion.
Ma mère est née à Paris et mon père en Provence, j'ai 40 ans et vit dans une ville tranquille, en Méditerranée. Je ne suis pas athée, je crois en l'homme et en la nature, peut-être suis-je un peu animiste. Il me faut donner mes origines et mes croyances pour signaler que je ne suis pas un jeune trop enthousiaste, qui cherche sa voie, ni un habitant désabusé de quartiers difficiles, ni un extrémiste ou un raciste.
 
Je n'ai pas adhéré « au bras armé » de l'humoriste Dieudonné, je ne suis pas un « petit soldat », j'ai été objecteur de conscience car j'ai refusé de porter les armes, pacifiste. Je ne suis pas un « nazillon » inculte et manipulable, mon grand-père a reçu une balle dans les reins, tirée par un Allemand. J'aime la poésie allemande comme j'aime découvrir l'évolution du judaïsme à travers les âges. Je reconnais que durant la guerre de 40, il y avait des collaborateurs et des résistants. Je considère la Shoah comme la démonstration terrible de ce que l'homme est capable d'infliger à son prochain, mais je suis aussi très sensible à l'ethnocide amérindien dont les Européens devenus américains sont responsables.
 
« Je n’ai jamais entendu Dieudonné dire qu’il niait la Shoah »
 
Je peux comprendre le souhait des Juifs de s'établir sur une terre afin d'y bâtir un pays à leur image. Cela ne me dérange pas que sur les trottoirs de mon pays se promènent des Musulmans avec le voile ou des Juifs avec la kippa. Cela ne me dérange pas que des historiens révisent des pans de l'histoire si des éléments nouveaux peuvent éclairer autrement les faits. Je condamne tout individu qui nierait l'Holocauste des Juifs comme je condamne les nations qui ferment les yeux sur des génocides non reconnus ou en cours. Je n'ai jamais entendu Dieudonné dire qu'il niait la Shoah. Je ne me rebute pas lorsqu'un humoriste essaie de faire rire sur le sujet d'un holocauste, en incarnant des personnages, quand c'est fait de manière fine et juste, car je pense que l'on peut rire de tout.
 
Ce qui me dérange, c’est que la presse française et les journalistes de télévision publient des articles à charge ou montent des films qui prennent parti sans refléter l'entière réalité. Je suis contre la censure et pour le dialogue avec tout type de pensée d'homme. Le débat et la contradiction sont les seuls moyens d'évoluer. La censure est contre-productive et développe le sentiment de haine. Je ne supporte pas lorsque Patrick Cohen traite un humoriste de « cerveau malade » ou un autre de « nègre » sans qu'aucune réaction de la presse ou du monde politique ne se fasse entendre. Je ne comprends pas qu’ils ne réagissent pas lorsqu'un intellectuel exprime son désir jubilatoire de faire tuer l'humoriste par un peloton d'exécution et en appelle au retour de la peine de mort.
 
« Je reçois cela comme une insulte, car je sais que je suis l’antithèse du raciste »
 
Je n'accepte pas les propos de monsieur Finkielkraut : «  Dieudonné et ses fans antisémites ». Je reçois cela comme une insulte, car je sais que je suis l'antithèse du raciste. J'ai voyagé dans le monde pour l'amour des peuples. J'aime autant l'Afrique et ses pays que l'Amérique profonde. Je ne suis pas un « fan nazillon », selon l'opinion arrêtée des médias et des gouvernants, mais un « fan objectif » comme beaucoup d'autres fans de Dieudonné, et nous n'acceptons pas d'être ainsi jugés, censurés, injuriés et même criminalisés.
 
Je n'accepte pas non plus que l'on manipule la masse, qui n'est pas au courant d'une affaire, en lui présentant des rapports sans tous les éléments et en résumant un problème complexe en une phrase : « Cet homme est raciste, il n'y a pas de discussions possibles ». Je n'accepte pas qu'on dresse des « listes noires » pour empêcher des individus de s'exprimer. Je déplore la réaction des artistes qui, pour dire leurs pensées, d'un simple tweet, traite un humoriste de « fils de pute ». Je ne peux pas accepter que le pouvoir d'État écarte la justice pour interdire des spectacles qui n'ont jamais été vus. J'attends de ce pouvoir qu'il réagisse sur tous les fronts. Des expéditions punitives menées par des « justiciers » s'en prennent à des commerçants sans que personne ne s'en indigne. Je condamne ceux qui exercent des menaces de mort, des intimidations, des lynchages. Je condamne aussi les hackers qui divulguent les données personnelles des internautes.
 
« Je fais des « quenelles » sans arrière-pensée »
 
Je n'accepte pas que l'on transforme un geste humoristique en geste diabolique. Je fais des « quenelles » sans arrière-pensée sur tous les sujets, parfois contre le système, mais surtout pour m'amuser, jamais contre un peuple. Je peux comprendre l'incompréhension que suscitent certaines quenelles faites à Auschwitz ou devant les « trains de la mort ». Leurs auteurs doivent en effet s'expliquer. Sont-ils antisémites ou dénoncent-ils la surexploitation d'un génocide ? Il faut ouvrir le débat et apporter des réponses. La justice doit se prononcer. La quenelle s'est démocratisée, vous devez l'accepter. Et si elle est antisystème, c'est qu'une partie de la population française est excédée par les pressions économiques.
 
Lorsqu'un homme politique dérape et qu'il tient des propos racistes, j'attends de lui qu'il s'explique et qu'il présente ses excuses. Tout est pardonnable. Je peux excuser les propos offensifs de Dieudonné à l'encontre de Patrick Cohen, qui sont une réponse à une attaque, une provocation pour une provocation. Je sais dans quel âpre combat se trouve l'humoriste depuis près de dix années et peux comprendre que, poussé dans ses retranchements, il dérape. C'est vrai, Dieudonné a commencé avec son sketch moyen du colon israélien cagoulé chez Fogiel, mais je me souviens que, durant les semaines qui ont suivi, il s'est excusé. Par contre, il n'a jamais été pardonné. Voilà le résultat.
 
« Je suis capable de rire de tout »
 
Enfin, je n'ai de leçons à recevoir de personne quant au choix de l'humour que j'aime. Le rire n'est pas contrôlable. Et si je ris, ce n'est pas un rire moqueur ou raciste, c'est un rire franc qu'un humoriste a déclenché en exprimant une idée, une pensée fine et juste. Je suis capable de rire de tout, tout le monde ne le peut pas.
 
Nous – les fans de Dieudonné – ne sommes pas des abrutis ou des gens manipulables. Au contraire, nous démontrons qu'il faut une bonne dose d'intelligence pour être capable d'apprécier l'humour noir. Il faut libérer la liberté d'expression et faire un travail d'objectivité. Nous sommes en crise, laissez-nous un peu rire !
Mots-clés : Valls,Dieudo,quenelle

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SAUVE Philippe

Ouvrier électricien sur le Porte-avion Foch devenu écrivain réalisateur
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