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Togo : des travailleurs se mobilisent pour défendre leurs droits

Publiée le 06/08/2014 |
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Révélée par Peuples Solidaires |
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Au Togo, 160 ouvriers de l'entreprise Paper Bags ont été licenciés pour avoir revendiqué des meilleures conditions de travail.
Implantée dans la zone franche togolaise à Tabligbo, Paper Bags, une filiale de l’entreprise indienne WACEM, viole ostensiblement les droits des personnes qu’elle fait travailler. Malgré les dangers que représente la fabrication des sacs pour la santé et la sécurité, aucun équipement de protection adapté n’est fourni, les travailleurs ne bénéficient d’aucune sécurité sociale car ils ne sont pas déclarés à la Caisse nationale et ni les maladies, ni les accidents professionnels – pourtant récurrents – ne sont couverts.
 
Les ouvriers travaillent entre 48 et 72 heures par semaine, la plupart du temps debout, sous des températures étouffantes. Ils n’ont droit à aucun congé payé. Et, alors que le salaire mensuel minimum est fixé en zone franche à 35 000 francs CFA (environ 53 euros), les travailleurs de Paper Bags ne touchent en moyenne que 20 000 francs CFA (30,50 euros), une somme largement insuffisante pour vivre dignement.
 
Le recours au tâcheronnat : une combine qui arrange les multinationales
 
En cause, le recours abusif de l’entreprise au « tâcheronnat », un régime qui permet à la multinationale de sous-traiter l’emploi de sa main-d’œuvre à des personnes qui endossent le rôle d’employeurs. Bien qu’encadré par la loi, ce régime est utilisé par la WACEM comme un moyen pour se déresponsabiliser des violations dont les « tâcherons » se rendent coupables à l’égard des travailleurs. Or les tâcherons ne respectent pas leurs obligations sociales à l’égard des travailleurs et ne sont nullement inquiétés par les autorités.
 
Depuis un an, les 160 travailleurs licenciés de Paper Bags ne cessent de réclamer leur réintégration. Ils ont porté cette affaire auprès des autorités locales, notamment du Préfet de la localité de Tabligbo, qui n’a pas donné suite. Ils demandent la signature d’un contrat de travail écrit, leur déclaration à la sécurité sociale, des équipements de protection adaptés, l’augmentation de leur salaire, le respect des heures de travail et le droit aux congés payés.
 
Un long combat tué dans l'œuf
 
L’affaire a commencé en décembre 2012, lorsque les travailleurs de Paper Bags ont décidé de s’organiser pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail. Ils ont alors rencontré les tâcherons qui les employaient pour ouvrir le dialogue. Face au refus de ces derniers, ils se sont mis en grève à plusieurs reprises.
 
Finalement, en juin 2013, un tâcheron, Koffi Johnson, a pris fait et cause pour ses employés, en affirmant que la déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale est un droit pour l’ensemble des travailleurs et en réclamant de la WACEM qu’elle révise le contrat des tâcherons afin qu’ils puissent immatriculer leurs établissements à cette Caisse. Mais la WACEM n’a pas donné suite et Koffi Johnson a été contraint de quitter l’entreprise, immédiatement remplacé par un nouveau tâcheron, qui refuse de dialoguer.
 
La législation nationale violée en toute impunité
 
La grande majorité des problèmes auxquels sont confrontés les ouvriers constituent en réalité des violations de la législation et des conventions professionnelles en vigueur au Togo. Pourtant, ils ne parviennent pas à faire valoir leurs droits. En cause : l’absence de contrats de travail écrits, de fiches de paie et les entraves à leur liberté syndicale.
 
Comment mettre en cause les bas salaires lorsque l’on ne dispose d’aucun engagement écrit ? Comment dialoguer avec son employeur lorsque l’on n’a pas de contact avec lui et pas de syndicat pour défendre ses intérêts ? Voilà près d’un an que les ouvriers de Paper Bags attendent que leurs revendications légitimes à des conditions de travail dignes soient entendues. Ils réclament aujourd’hui du Premier ministre togolais Kwesi Ahoomey Zunu qu’il fasse respecter leurs droits par la multinationale WACEM.
 
Mobiliser, alerter et signer pour changer les choses
 
Peuples Solidaires a été informée de ces violations de la dignité au travail par l’association locale Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD) qui, déjà en 2011, nous avait alertés sur les comportements de la multinationale du médicament Sprukfield. A l’époque, un appel urgent avait permis d’obtenir la réintégration d’employés protestataires licenciés abusivement. Aujourd’hui, nous en appelons de nouveau à la solidarité de toutes et tous pour réclamer le respect des droits partout dans le monde.
 
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Le Vériteur

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Peuples Solidaires

Les actions de Peuples Solidaires pour défendre les droits et lutter contre la pauvreté s’articulent autour de trois priorités stratégiques : la dignité au travail, la souveraineté alimentaire et les droits des femmes.
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