Toutes les Vérités > Barbie : ouvrière exploitée

Barbie : ouvrière exploitée

Publiée le 13/11/2013 |
12569 | 1 |
Révélée par Peuples Solidaires |
1
Signez la pétition

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Pour produire à moindre coût la fameuse poupée, Mattel n’hésite pas à avoir recours à une main d’œuvre chinoise largement exploitée.
Barbie « surfeuse », Barbie « aventurière », « Barbie fée magique »… La gamme est large. Pourtant, une version de la célèbre poupée manque au catalogue de Mattel : Barbie « ouvrière exploitée »…  Etonnant car en matière d’exploitation, le numéro 1 mondial du jouet s’y connaît. Coqueluche des fillettes du monde entier depuis plus de 50 ans, la toujours souriante Barbie a quelque peu perdu de sa superbe lorsqu’ont été révélées les conditions déplorables dans lesquelles travaillent les ouvrières et les ouvriers qui la fabriquent.
 
Salaires de misère, heures de travail excessives, exposition à de multiples produits toxiques : les résultats d’enquêtes menées par l’ONG China Labor Watch sont sans appel. Et ce n’est pas la première fois que le numéro 1 mondial du jouet est ainsi montré du doigt. Depuis la fin des années 90, plusieurs ONG chinoises et occidentales ont dénoncé les abus dont sont victimes les petites mains de Mattel. Or, non seulement la firme n’a pas daigné prendre les mesures qui s’imposaient pour corriger le tir, mais l’on constate même, enquête après enquête, que les conditions se sont peu à peu détériorées ! Comment expliquer qu’une marque aussi exposée dans les médias et dont les profits dépendent en grande partie de son image de marque et de sa réputation puisse à ce point ignorer les alertes lancées par la société civile ?
 
Le code de conduite de Mattel : derrière les belles paroles, la réalité
 
Il faut croire que Mattel n’a pas réellement souffert de la mauvaise publicité à laquelle l’exploitation de ses travailleurs aurait du l’exposer... A y regarder de plus près, la société américaine est même considérée dans son pays comme une entreprise particulièrement respectueuse des droits. Grâce à une astucieuse politique de communication et d’affichage de responsabilité sociale, Mattel a su gagner la confiance de ses consommateurs.
 
Classée parmi les « 100 meilleures entreprises dans lesquelles travailler » par le prestigieux magazine américain Fortune et parmi les « 100 entreprises les plus citoyennes » par  la revue Corporate Responsability, la firme se prévaut d’être leader en matière de responsabilité sociale d’entreprise. « Nous nous engageons à créer des jouets (…) de manière responsable et éthique » déclare la marque sur son site Internet. Un engagement qu’elle a été l’une des premières au monde à concrétiser, en adoptant en 1997 l’un des tous premiers codes de conduite à l’intention des fournisseurs. Seulement voilà, derrière les belles paroles, il y a la réalité, celle que les consommateurs ne voient pas toujours.
 
Certes, Mattel a adopté un code de conduite par lequel elle s’engage à exiger de ses sous-traitants qu’ils respectent la loi du travail du pays dans lequel ils exercent. Un engagement qui, si l’on y réfléchit bien, semble être la moindre des choses. Pourtant, même ce minimum n’est pas garanti. En effet, Mattel contrôle l’application de ce code par le biais d’audits sociaux dont elle confie désormais la charge à la Fédération internationale des industries du jouet. Un organisme ni indépendant, ni transparent, ni contraignant, dont les audits sont depuis des années dénoncés pour leur totale inefficacité. Preuve supplémentaire, s’il en fallait une : les dernières enquêtes, qui ont révélé de graves violations du propre code de conduite de Mattel, ont été menées dans dix usines certifiées par la Fédération du jouet !
 
En Chine, des ouvriers exploités
 
La réalité que Mattel cache à ses consommateurs est bien plus triviale qu’elle ne veut bien l’avouer. La marque fait fabriquer la grande majorité des ses jouets en Chine pour la simple et bonne raison que la main d’œuvre y est particulièrement bon marché et qu’en faisant jouer la concurrence acharnée que se livrent les usines locales entre elles, elle peut obtenir satisfaction de plus ou moins toutes ses demandes. Produire d’énormes quantités de jouets en un temps record ? Pas de problème, les usines chinoises peuvent faire ça. Payer l’ouvrier qui fabrique son jouet  moins de 1% du prix final ? Ca aussi, c’est possible en Chine. Mais à quel prix social ?
 
Les ouvrières et ouvriers chinois en bout de chaîne reçoivent un salaire de base équivalent à environ 100-150€ par mois. Une rémunération totalement insuffisante pour survivre dans les grandes villes industrielles chinoises où la vie est particulièrement chère. En acceptant de faire de nombreuses heures supplémentaires, et en travaillant jusqu’à 13 heures par jour, sept jours sur sept, ils peuvent espérer gagner 300-350€ par mois. Des salaires qui restent tout juste suffisants pour survivre. Et pas assez pour espérer loger ailleurs que dans les dortoirs exigus attenants aux usines, à 8 ou 12 par chambre… Quant à leur santé ? Pas question d’expliquer aux travailleuses et travailleurs pourquoi ni comment se protéger des nombreux produits toxiques qu’ils manipulent à longueur de journée. Le port d’équipements de protection diminue de toute manière considérablement la productivité de l’usine, comme le rappellent régulièrement les contremaîtres aux ouvriers.
 
Une pétition pour interpeller Mattel
 
Alors que doit faire Mattel, concrètement pour mettre fin à cette scandaleuse exploitation ? Les déclarations d’intention et autres audits sociaux ne résoudront pas les problèmes. Mattel doit changer en profondeur ses pratiques d’approvisionnement. Elle doit accepter de payer davantage ses sous-traitants pour que les ouvriers qu’ils emploient reçoivent un salaire vital. Elle doit autoriser des délais de production raisonnables, afin que les ouvriers ne soient pas contraints de faire autant d’heures supplémentaires. Et pour s’assurer que les droits des travailleurs sont respectés, la véritable garantie ne peut venir que des travailleurs eux-mêmes. Ces derniers doivent être représentés pour pouvoir faire remonter leurs plaintes et parler de leurs conditions. Faute de syndicats indépendants en Chine, cette représentation peut passer par la mise en place de comités de travailleurs dans chaque usine et par des hotlines pour les ouvriers.
 
Enfin Mattel ne peut décemment pas continuer à mentir effrontément à ses consommateurs et aux citoyens. Elle doit se montrer plus transparente, notamment en acceptant de publier la liste complète de ses sous-traitants en Chine. En attendant, face aux mensonges de Mattel, les consommateurs sont-ils impuissants ? Non. Ils peuvent interpeller le numéro 1 mondial du jouet en signant l’appel urgent lancé par Peuples Solidaires. Plus nous serons nombreux à demander à Mattel de tenir ses promesses, moins l’entreprise pourra les bafouer en silence.

Pour signez notre pétition, cliquez dans l'encadré à droite du texte !

Le Vériteur

Photo du Vériteur

Peuples Solidaires

Les actions de Peuples Solidaires pour défendre les droits et lutter contre la pauvreté s’articulent autour de trois priorités stratégiques : la dignité au travail, la souveraineté alimentaire et les droits des femmes.
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :