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Hitler et le pouvoir des psychopathes

Publiée le 03/07/2014 |
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Révélée par LEFORT MD Paul |
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Manipulateur, charmeur, incapable d’empathie… Pour la psychiatrie moderne, Hitler possède de nombreuses caractéristiques propres aux psychopathes.
La psychopathie n’est pas un phénomène rare. Robert Hare, spécialiste en la matière, estime qu’il y a au moins deux millions de psychopathes en Amérique du Nord et 100 000 à New-York. On imagine le psychopathe comme un criminel qui torture et assassine ses victimes avec le sourire.
 
Une des raisons qui explique cette croyance provient du fait qu’il est plus facile pour les chercheurs qui s’intéressent à ce trouble de repérer les psychopathes en milieu carcéral où ils sont surreprésentés, comptant pour 15 à 20% des prisonniers alors que la prévalence dans la population générale est de 1%. Ce biais contribue à donner au psychopathe un visage faussement criminel. Le portrait clinique présentant le psychopathe comme un tueur en série ne reflète qu’une fraction marginale des sujets porteurs de ce problème.
 
Le rôle de la peur et de l’anxiété
 
La peur et l’anxiété jouent un rôle important dans le processus de développement de la conscience morale et dans l’apprentissage des comportements sociaux désirables. Très tôt dans la vie, ces normes sont intériorisées progressivement par l’utilisation d’un conditionnement par aversion : les comportements indésirables sont associés à des conséquences négatives comme des punitions, des critiques ou du rejet. Tout au long de leur vie, les citoyens sont contraints de respecter des règles sous peine de sanctions avec un pouvoir dissuasif : recevoir une contravention en cas d’excès de vitesse, perte de son permis de conduire en cas d’alcool au volant, emprisonnement en cas de fraude, arrestation suite à des comportements violents, etc. La peur et l’anxiété peuvent aussi devenir une source d’énergie améliorant les performances lorsque nous sommes confrontés à des délais serrés pour terminer une tâche. Enfin, la peur en dose adéquate permet de briser la monotonie du quotidien : nous recherchons activement des sensations fortes en pratiquant des sports comme le ski alpin ou en visionnant des films d’horreur ou de suspense.
 
Les psychopathes montrent des carences majeures dans leur réactivité émotionnelle et dans l’apprentissage des normes sociales nécessaires pour établir des relations harmonieuses entre les membres d’une collectivité. Des études ont mis en évidence le fait étonnant que les psychopathes sont incapables de ressentir la peur ou l’anxiété. Au cours des dernières années, la recherche a permis d’identifier la structure cérébrale responsable de ces émotions : un noyau de cellules appelé amygdale est situé dans le système limbique de chaque hémisphère et joue le rôle d’un système d’alarme en cas de danger. Ce système est d’une importance capitale pour l’apprentissage d’habiletés sociales dans une collectivité ou les membres sont interdépendants. Lorsque nous sommes confrontés à des situations stressantes, l’information est acheminée instantanément à l’amygdale qui recherche une exposition à des situations similaires dans le passé ainsi que les conséquences encourues. Avant même que nous en prenions conscience, notre corps est prêt à répondre par l’affrontement, la fuite ou l’apaisement en l’absence de danger. Munis de cette information, nous sommes en mesure de choisir parmi les options possibles celles offrant un maximum de bénéfices et un minimum d’inconvénients. Cette forme d’apprentissage module nos comportements en nous permettant de répondre avec souplesse aux interactions avec les autres. De plus, l’expérience individuelle de la peur et de l’anxiété permet de reconnaître ces émotions dans nos relations interpersonnelles et d’y répondre de manière appropriée.
 
Des anomalies du cerveau ont été mises en évidence grâce au raffinement de la technologie médicale. Les images obtenues en examinant les cerveaux des psychopathes exposés à des situations générant un stress significatif montrent une réactivité très peu marquée au niveau de l’amygdale par comparaison avec un groupe contrôle. De plus, on a montré que le cortex préfrontal exerce un effet inhibiteur sur les comportements agressifs. Plusieurs groupes de chercheurs ont mis en évidence une diminution de la matière grise dans cette région du cerveau chez les psychopathes. Les effets combinés d’une réduction des émotions de peur et d’anxiété associée à une diminution du freinage des comportements agressifs permettent de donner une base neurobiologique à la psychopathie.
 
Les conséquences de l’absence de peur et d’anxiété
 
L’incapacité à ressentir les émotions comme la peur et l’anxiété entraîne une cascade de conséquences désastreuses dans les relations interpersonnelles. Elle met en brèche l’apprentissage des normes sociales permettant de vivre en harmonie dans des collectivités où les comportements des uns ont des répercussions sur les autres. Pire encore, elle rend les psychopathes aveugles à la souffrance de leurs proches, éliminant du même coup une réaction d’empathie qui permet à l’autre de se sentir compris et aimé. Centrés sur eux-mêmes, les psychopathes sont incapables d’aimer. Lorsqu’ils conservent des liens avec leur famille, la relation utilise la fonction d’une possession au même titre qu’une automobile ou un équipement de golf.
 
Devant l’isolement croissant qu’ils vivent, les psychopathes se replient sur eux-mêmes et ils élaborent des règles de comportement qui priorisent leurs propres bénéfices, au mépris des normes sociales privilégiées dans la collectivité.
 
Escroc et manipulateur
 
Les psychopathes montrent une estime de soi hypertrophiée. Ils ont une perception exagérée de leur valeur et de leur importance. Ce sont des prédateurs et les règles qu’ils suivent visent exclusivement leur bénéfice personnel. Ils n’hésitent pas à utiliser le mensonge et la manipulation pour utiliser les autres à leur profit. Ils n’assument pas la responsabilité de leurs échecs et ils trouvent toujours une cible à blâmer, ce qui les empêche d’apprendre de leurs erreurs. C’est ainsi qu’Hitler accusait ses officiers d’incompétence lorsque des divisions subissaient des défaites. Au lieu de revoir ses directives qui excluaient tout recul stratégique malgré les avis contraires des officiers d’expérience qui espéraient limiter les pertes d’effectifs inutiles, Hitler jouait à la chaise musicale avec ses généraux qu’il relevait de leurs fonctions.
 
Les psychopathes sont des spécialistes de l’escroquerie. Ils ont une vision utilitaire des autres. Ils utilisent leur habileté et des circonstances de vie favorables pour se donner une façade de normalité mais ils réussissent à profiter de leur statut pour obtenir des bénéfices personnels. Dans le but de gagner le contrôle de leur victime, ils exagèrent leur contribution et leur expertise et ils se targuent d’avoir acquis des formations académiques qui n’ont jamais eu lieu. Ils proposent des plans audacieux mais avec l’argent des autres. Dans une étude publiée en 2009, le psychologue Stephen Porter examina les dossiers de 309 sujets ayant passé plus de deux ans en prison entre 1995 et 1997 parmi lesquels 90 rencontraient les critères de psychopathie. Il découvrit que les porteurs de ce diagnostic avaient 2,5 fois plus de chance de bénéficier d’une libération conditionnelle que les autres détenus. Il expliquait ce fait par leur pouvoir de manipulation et leur habileté à impressionner leurs interlocuteurs.
 
Les psychopathes peuvent faire preuve de beaucoup de charisme. La majorité d’entre eux sont invisibles dans leur milieu social. Ils peuvent occuper des postes importants comme professionnels ou gestionnaires d’entreprise. Ce sont des menteurs, mais des menteurs malhabiles. Les histoires qu’ils racontent sont truffées d’inconsistances. Quand on découvre qu’ils mentent, ils ont toujours une interprétation qui explique le pourquoi d’une apparence de contradiction.
 
Un charme magnétique
 
Ce sont des charmeurs superficiels, distribuant les compliments, qui peuvent se montrer très articulés dans les conversations. Leur capacité apparente à résoudre des problèmes complexes inspire la confiance. Ils sont capables d’amuser la galerie en ajoutant de l’humour pour agrémenter leurs propos et séduire les interlocuteurs. Durant le procès qui suivit le putsch raté de Munich, les juges semblèrent séduits par Hitler : ils laissèrent à l’accusé une plate-forme oratoire que ce dernier utilisa avec brio pour se positionner comme le champion du nationalisme allemand à l’échelle du pays. Même à la prison de Landsberg, il rallia à la cause nationale-socialiste tout le personnel de soutien, incluant le directeur de l’institution et son épouse.
 
Les psychopathes dégagent un magnétisme parfois irrésistible par la façon qu’ils ont de fixer les yeux sur leurs interlocuteurs et par la confiance inébranlable en eux qui leur permet de véhiculer une tranquille assurance. Hitler dégageait autour de lui un magnétisme incroyable s’assimilant à un pouvoir hypnotique. Après la mort d’Hitler, sa secrétaire, Gertrud Traudl Junge, fut renversée par le changement radical d’atmosphère dans le bunker. Dans les instants qui suivirent, les occupants recommencèrent à fumer, à boire de l’alcool et à parler à voix haute. Elle écrivit; « La mort d’Hitler fut pour nous comme la fin d’une hypnose collective. Soudain, nous découvrions la lumière; un désir fou de vivre, de redevenir nous-mêmes, de retrouver une condition humaine normale s’empara de nous. Hitler ne nous intéressait  plus; en fait, nous éprouvions même une violente hostilité à son égard. »
 
Une absence d’empathie et de culpabilité
 
Incapables de reconnaître la souffrance des autres, les psychopathes n’éprouvent aucun remords pour les dommages ou les humiliations imposées à autrui. Ils justifient rationnellement leurs comportements par des excuses ou ils minimisent les inconvénients subis par leurs victimes. Enfermés dans une logique vicieuse, ils cherchent à blâmer les victimes pour les pertes encourues, concluant qu’elles ne récoltent que le sort qu’elles méritent. Le 22 novembre 1941, Hitler faisait le commentaire suivant : « Si un jour le peuple allemand n’a plus assez de force et d’esprit de sacrifice pour engager son propre sang pour son existence, qu’il périsse alors et qu’il soit anéanti par une puissance plus forte… Ce n’est pas moi qui verserai des larmes sur le peuple allemand. »
 
Des gestes qui susciteraient la honte pour un individu normal ne suscitent aucune culpabilité chez le psychopathe. En 1942, après avoir fait exécuter cent trente témoins de Jehovah qui refusaient de joindre les rangs de l’armée, Hitler affirmait ceci : « Si vous avez l’intention de mener une guerre avec succès ou de diriger les gens dans une période tourmentée de l’histoire, vous devez n’avoir aucun doute sur un point bien précis – à savoir que n’importe quel individu qui essaie durant cette période de s’exclure activement ou passivement des actions de la communauté doit être détruit. »
 
Un besoin d’adrénaline
 
Nous avons tous besoin d’une dose d’adrénaline pour briser la monotonie du quotidien. Les psychopathes ont besoin de stimuli beaucoup plus importants pour satisfaire leur besoin d’adrénaline. Ils vont donc rechercher des situations risquées ou clairement dangereuses pour agrémenter leur quotidien. Hitler avait un attrait morbide pour la guerre. Pour lui, le déclenchement de la Première Guerre mondiale fut l’événement le plus important de sa jeunesse. Il disait : « La guerre de 1914 ne fut, Dieu en est témoin, nullement imposée aux masses, mais au contraire désirée par tout le peuple (…) Pour moi aussi ces heures furent comme une délivrance des pénibles impressions de ma jeunesse. Je n’ai pas non plus honte de dire aujourd’hui qu’emporté par un enthousiasme tumultueux, je tombai à genou et remerciai de tout cœur le ciel de m‘avoir donné le bonheur de pouvoir vivre à une telle époque. » Pendant deux ans, il s’illustra au front par sa bravoure. Ignorant le danger, il se portait volontaire pour toutes les missions périlleuses. Il impressionnait ses compagnons d’armes, mais il les irritait également par son attrait pour la guerre que ceux-ci ne partageaient pas nécessairement.
 
Les psychopathes criminels qui passent à l’acte en torturant ou assassinant une victime représentent une bien faible minorité. C’est l’aspect gratuit et spectaculaire de ces meurtres qui attire l’attention. Un assassinat perpétré par un sujet porteur d’un trouble de personnalité antisociale répond à une certaine logique et fait l’objet d’un examen minutieux des conséquences possibles. Les assassinats perpétrés par des psychopathes ne visent aucun objectif autre que d’éprouver des sensations fortes et se déroulent avec un détachement morbide.
 
Hitler, un psychopathe
 
Il existe une confusion dans les diagnostics de personnalité antisociale et de la psychopathie. La plupart des criminels emprisonnés ne sont pas des psychopathes et la plupart des psychopathes qui exploitent leurs semblables ne sont pas en prison. Le point de départ de la psychopathie demeure l’absence de réactivité émotionnelle sur le plan de l’anxiété et de la peur. Ce déficit entraîne fréquemment un tableau clinique suggestif de trouble de personnalité antisociale et narcissique qui sont associés mais qui relèvent d’une dynamique différente en l’absence de psychopathie. Dans le questionnaire de Hare pour dépister la psychopathie, Hitler obtient un score de 25 pour un score maximal de 40 qui signale la présence d’un trouble typique. Un score de 30 ou plus qualifie le sujet pour ce diagnostic. Un score de 25 possède un impact beaucoup moins puissant sur l’évaluation clinique. Toutefois, le portrait clinique d’Hitler montre des symptômes qui sont très consistants avec un diagnostic de psychopathie s’exprimant modérément dans une continuité allant de légère à sévère.
 
Hitler est arrivé à un moment unique dans l’histoire. Les pays d’Europe et la nation allemande étaient devenus pour des raisons différentes, des terres fertiles pour être manipulées par un opportuniste fanatique qui a changé les règles du jeu, troquant l’honnêteté et la sincérité pour le mensonge et la manipulation. Piétinant avec mépris les valeurs humanistes adoptées plus d’un siècle plus tôt, il provoqua une guerre qui mit le continent à feu et à sang. Partout où l’homme se trouve, on rencontre des Hitler. Il faut seulement espérer qu’une conjecture aussi favorable que celle qui permit au nazisme de s’implanter en Allemagne ne se reproduira pas. Nous disposons d’un avantage que les millions de victimes d’Hitler n’avaient pas : nous savons maintenant ce dont l’homme est capable. Il ne faudra pas l’oublier. Hitler est toujours vivant : il a seulement changé de visage.

Le Vériteur

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LEFORT MD Paul

Je suis un médecin de famille qui a exercé sa profession pendant 40 ans et je suis retraité depuis 4 ans. La psychiatrie et la nature humaine ont toujours suscité chez moi un intérêt marqué. J'ai enseigné la psychiatrie pendant 20 ans à des résidents en médecine familiale. La véritable nature ...
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