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Hassan Rohani, l’homme fort de Téhéran

Publiée le 14/10/2013 |
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Révélée par LAMBERT Paul |
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Alors qu'Hassan Rohani cherche à diffuser une image progressiste de sa présidence, il prolonge l'autoritarisme de ses prédécesseurs.
Elu président de la République islamique d’Iran le 14 juin dernier, Hassan Rohani a pris la succession de Mahmoud Ahmadinejad. Quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir, Rohani semble avoir trouvé son style. Il a séduit les observateurs grâce à une succession de gestes symboliques. Mais derrière cette façade d’ouverture, son pays ne change guère.

Hassan Rohani, grand communicant

Succéder à Mahmoud Ahmadinejad n’avait rien d’une formalité. L’ancien président iranien a laissé à son successeur une société en colère et des relations étrangères au bord de l’explosion. En ce qui concerne les affaires intérieures, le régime islamiste agit avec une main de fer et rares sont ceux qui ont les moyens de faire porter une voix contestataire. La police des mœurs est omniprésente tandis que le nombre d’emprisonnements et d’exécutions demeure extrêmement élevé.

En réalité, le principal défi se dressant face à Hassan Rohani se situe sur la scène internationale. Alors qu’Israël a les yeux rivés sur Téhéran et son programme nucléaire, le pays doit également composer avec des pays occidentaux désireux de mettre un terme à la guerre civile syrienne. Dans un tel contexte, le nouveau président iranien marche sur des œufs. Le but est de conserver une ligne dure vis-à-vis de l’Etat hébreux sans atteindre un point de non-retour, de soutenir le régime de Bachar al-Assad et de faire progresser le dossier nucléaire sans s’attirer les foudres de la communauté internationale. Rien de moins !

Pour parvenir à ses fins, Hassan Rohani a, de manière plutôt judicieuse, opté pour une politique des petits pas symboliques. A cet égard, son intervention à la tribune des Nations Unies à New York a été un modèle du genre. Adoptant un ton réfléchi, le dirigeant a présenté son pays comme inoffensif, tant à l’échelle régionale que mondiale, et a appelé le monde à la modération concernant la Syrie. « Il n’y a pas de solution violente aux crises du monde », a-t-il déclaré.

Sur ce dossier, Hassan Rohani a conseillé à Barack Obama de ne pas céder « à la pression des groupes bellicistes ». Stigmatisant l’interventionnisme américain et condamnant l’usage des drones qui frappent la population sans discernement, le chef du gouvernement iranien a habilement défendu la cause de Bachar al-Assad. En effet, selon lui, la pire des choses serait que les armes chimiques syriennes tombent entre les mains de terroristes.

Derrière le discours, les actes

Bien entendu, le discours d’Hassan Rohani doit être pris avec prudence. Le vernis brille et, sur de nombreux points, le dirigeant dit ce que son public souhaite entendre. Car pendant qu’il réussit sa visite new-yorkaise, le régime islamiste verrouille toujours davantage la population et fait progresser ses intérêts nationaux et régionaux. En effet, alors que le secrétaire d’Etat américain John Kerry est enclin à laisser une nouvelle chance à Téhéran de donner des gages concernant le nucléaire, on apprend que le régime cherche à dissimuler ses activités. Ces dernières sont délocalisées loin du regard de l’Agence internationale de l’énergie atomique, précisément chargée de surveiller les avancées du programme nucléaire iranien.

En outre, le régime des mollahs cherche à tirer profit de l’agitation syrienne pour faire disparaître l’une des plus anciennes et actives poches de résistance. Trois semaines avant le désormais fameux discours d’Hassan Rohani à l’ONU, une violente attaque s’est abattue sur le camp de réfugiés politiques iraniens d’Achraf, en Irak. Plusieurs dizaines de personnes ont péri sous les balles d’un commando irakien, dévoué à la cause islamiste iranienne. A l’heure actuelle, sept réfugiés sont toujours détenus en otage et tout indique qu’ils pourraient être livrés à Téhéran.

Par conséquent, peut-être faut-il adopter l’attitude de Jack Dorsay. Le créateur de Twitter a en effet accueilli avec circonspection l’arrivée d’Hassan Rohani sur son réseau social. Il lui a immédiatement demandé si son peuple serait en mesure de le suivre. La réponse est évidemment non. Une anecdote révélatrice de la méthode iranienne et qui doit inciter à donner plus de crédit aux actes qu’aux déclarations de Téhéran.

Le Vériteur

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LAMBERT Paul

Professeur d'histoire-géographie dans un lycée parisien, je m'intéresse à l'actualité internationale et à l'histoire de notre temps. Soucieux de voir la France et les institutions internationales occuper la place qu'elles méritent dans le monde, je souhaite contribuer au débat en analysant les p...
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