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La Grande Détox : comment éviter les poisons du quotidien

Publiée le 09/04/2015 |
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Révélée par HALIMI Patrice |
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Eplucher ses légumes, choisir un déodorant sans paraben, aérer le lit de bébé : des gestes simples pour éviter « l’effet cocktail » des poisons du quotidien.
Perturbateurs endocriniens, pesticides, microparticules… Les scandales éclatent les uns après les autres à la une des journaux, quitte à provoquer la panique chez les consommateurs. Patrice Halimi est médecin et co-fondateur de l’Association Santé Environnement France (ASEF). Dans son livre, La Grande Détox, comment éviter les poisons du quotidien ?, il explique comment chacun peut appliquer le principe de précaution pour préserver sa santé.
 
Quelle est le but de votre livre, La Grande Detox ?
 
Beaucoup de livres sortent tous les jours sur les produits polluants, généralement écrits par des toxicologues. Mais je suis médecin, et j’ai voulu faire un livre du côté des pollués, qui se base sur leur vie. Tous les jours, vous vous levez le matin, vous allez dans votre salle de bain, vous sortez et respirez l’air extérieur, vous allez au travail… Vous ne décidez pas de respirer des microparticules, d’absorber des parabens ou de manger des pesticides, mais vous le faites. Je ne suis pas parti de la logique de la molécule, mais de celle de Monsieur et Madame tout le monde, qui, au quotidien, sont coincés entre l’information sur les polluants et les questionnements sur comment changer les choses.
 
Ma démarche est très concrète : je veux les informer sur les produit pour qu’ils sachent comment ils sont touchés, quand, en quoi leur santé est concernée et surtout ce qu’ils peuvent faire pour changer les choses à leur échelle. On ne peut pas attendre des mois ou des années pour que des lois sur la consommation interdisent ou limitent l’usage de certaines substances. Ces processus prennent du temps et ce temps est directement préjudiciable pour les consommateurs. Dans le livre, je pars donc d’une journée quotidienne, très banale, et je détaille tous les moments où il est possible de changer de comportement. D’où la quatrième de couverture : « Le principe de précaution, c’est vous ».
 
Avez-vous des exemples de gestes à adopter au quotidien pour réduire ces poisons ?
 
J’ai détaillé les éléments de la journée que tout le monde vit. Par exemple, on va tous dans la salle de bain et beaucoup de femmes se maquillent. Mon idée n’est pas de leur dire d’arrêter de se maquiller mais de leur permettre de choisir intelligemment leurs produits : on peut privilégier les produits écolabellisés ou, si on n’a pas les moyens, au moins ceux qui ne contiennent pas de paraben ou de sel d’aluminium, qui sont des perturbateurs endocriniens. Pour les repas, on sait qu’il est très onéreux de manger bio, mais laver puis éplucher ses fruits et ses légumes, c’est à la portée de tout le monde et ça permet d’éliminer entre 20 et 30% des pesticides. Contrairement à ce qu’on pense, on peut agir sans avoir à mettre la main au porte-monnaie, mais simplement en réintroduisant l’argument sanitaire dans son choix de produits : beaucoup de marques de lessives écolabellisées ne coûtent pas plus cher que les autres par exemple.
 
On peut aussi mettre en place des astuces. On sait que les lits pour bébés dégagent du formaldéhyde par exemple. Mais si vous avez choisi votre lit, que vous aimez et qui convient à votre budget, il n’y a pas besoin d’en changer : vous pouvez le monter quelques mois avant la naissance du bébé, puis le laisser dans une pièce ventilée ou sur le balcon pour qu’il s’aère. On est responsable de l’air qu’on respire à l’intérieur : des peintures, des meubles, des moquettes, des parfums qu’on choisit… Quand on bricole ou quand on jardine, on peut choisir d’utiliser des produits plus ou moins agressifs, de porter ou non des gants et un masque… En fait, la seule chose qui nous contraint réellement, c’est la pollution de l’air extérieur. Pour tout le reste, on a une grande marge de manœuvre.
 
A quels poisons sommes-nous le plus régulièrement confrontés ? Certaines personnes sont-elles plus sensibles ? Qu’est-ce que « l’effet cocktail » ?
 
On rencontre beaucoup de perturbateurs endocriniens, de pesticides, ou de manière générale, de produits CLR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques). Evidemment, nous ne sommes pas tous égaux : certains bricolent plus, d’autres ont des enfants, certaines personnes souffrent de prédispositions à certaines maladies… Une personne de 70 ans sera moins sensible aux perturbateurs endocriniens qu’une jeune fille de 10 ans. D’une manière générale, les personnes les plus vulnérables sont les femmes enceintes : le placenta n’est pas un bon filtre, c’est vraiment le moment de la vie où il faut être le plus vigilant. Puis, il y a les jeunes enfants, les pré-adolescents… mais aussi des adultes qui cherchent à éviter un facteur de risque supplémentaire pour une certaine maladie.
 
L’effet cocktail, c’est l’accumulation. On absorbe des perturbateurs endocriniens dans la salle de bain, puis dans l’air extérieur, puis dans la nourriture… Les doses individuelles peuvent être très faibles, mais la dose totale de la journée, de tous les jours, est importante : en agissant sur les premières, on réduit la deuxième, et on fait baisser la pression. L’idée est de se rendre compte qu’on a plein de petits bras de leviers, et qu’il ne faut pas attendre d’être parfait. Vous pouvez commencer à agir dès ce soir et ce sera toujours ça de pris.
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

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HALIMI Patrice

Médecin et co-fondateur de l’Association Santé Environnement France (ASEF).
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