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L'ouverture des magasins le dimanche : dogmes versus réalisme ?

Publiée le 27/05/2013 |
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Révélée par RICHAUME Pascal |
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L’ouverture des commerces le dimanche est encore l’objet d’intenses débats.
Pourtant le dimanche, en France, il est possible d’aller au cinéma, au restaurant, chercher de l’essence, visiter des musées, acquérir des meubles ou acheter son pain. Les agents d’un service public ou de salariés d’un commerce ou d’un lieu culturel qui travaillent le dimanche organisent leur vie professionnelle et privée en conséquence. Personne n’y trouve à redire. Ainsi, il paraît normal, et légitime, qu’un restaurateur soit ouvert le dimanche. C’est dans l’ordre des choses. Comment dans ces conditions peut-on interpréter les arguments des adversaires de l’ouverture des commerces le dimanche qui mettent en avant la légitimité prétendument inébranlable du repos dominical ?
 
Le poids des traditions
 
Interrogés par l’IFOP, les Français sont une nette majorité - 63% - à se déclarer en faveur de l’ouverture des magasins le dimanche. En Ile-de-France, la tendance est encore plus marquée : leur proportion s’élève à 78%. Modes de vie urbains obligent. A propos d’une opinion publique en profonde mutation, le journal Metro relève également que « l'attachement au sacro-saint repos du dimanche s'effrite nettement auprès des plus jeunes et des plus âgés, deux populations pas ou peu dans la vie active. » Et le quotidien gratuit de poursuivre, « Les 15-19 ans se déclarent massivement (85 %) favorables à l'ouverture des magasins ce jour-là tandis les deux tiers des plus de 70 ans approuvent le travail du dimanche. » C’est cette deuxième catégorie qui suscite le plus  d’étonnement : n’importe qui aurait, à tort, présupposé que les seniors étaient les plus farouches réfractaires au changement.
 
Cela signifie-t-il pour autant que les actifs sont, pour leur part, opposés à l’ouverture des magasins le dimanche ? Pas davantage. Un autre sondage IFOP réalisé pour le JDD en 2008 indique qu’ils sont 67% à se montrer disposés à travailler le dimanche. Au premier rang des raisons qui motivent leur réponse : l’argument du pouvoir d’achat (le salaire perçu le dimanche est majoré) et une plus grande facilité à organiser des rythmes de vie parfois contraignants. En d’autres termes, les Français se montrent attachés à la liberté de choisir pour eux-mêmes, qu’ils soient consommateurs ou salariés. Mais tous les acteurs du débat ne l’entendent pas de cette oreille.
 
Le poids de « l’autorité morale »
 
Le repos dominical est chômé dans les pays de tradition chrétienne. Mais plus que religieux, le débat sur l’ouverture des commerces est devenu un échiquier sur lequel s’affrontent des visions parfois antagonistes du modèle de société à privilégier. Le plus étonnant, en la matière, demeure le consensus de circonstance établi entre des partis politiques à la doctrine souvent diamétralement opposée ; ainsi, des deux « Fronts », l’un à gauche, l’autre à droite, semblent arc-boutés sur la défense du noyau familial. En y regardant de plus près on s’aperçoit cependant que les sympathisants du second sont 64% à se déclarer favorables à l’ouverture des magasins le dimanche. Côté PS, l’équation est la même : la direction est contre alors que les  sympathisants sont favorables à 58% à l’ouverture dominicale.   
 
Au-delà du dogme, le réalisme économique
 
Pas facile de s’y retrouver donc. D’autant que les modes de consommation ont beaucoup changé ces dernières années. Internet, notamment, a développé une concurrence que certains n’hésitent pas à qualifier de déloyale. Mais comment un commerce traditionnel peut lutter contre la possibilité offerte à chacun de faire ses courses en lignes à toute heure du jour et de la nuit, 7 jours sur 7, quand la loi l’en empêche ? Pour garder une clientèle qui lui échappe, le commerce dit « en dur » tente d’adapter ses horaires d’ouverture aux modes de vie urbains, et prône notamment l’ouverture le dimanche toute la journée dont les effets bénéfiques sur le plan touristique notamment ne sont plus à démontrer.  
 
Les élus de terrain, au premier rang desquels les maires, ne s’y trompent pas: pour eux, l’ouverture doit répondre à une demande. Pour le maire d’Albi, « le commerce doit s’adapter à l’affluence touristique ». A Aubervilliers, le maire PS évoque une « question de survie » du centre commercial qui compte pas moins de 140 boutiques.
 
Une nécessaire évolution de la loi
 
Il semble donc nécessaire que la loi dite Mallié sur le travail du dimanche d'août 2009, et qui fixe les conditions d’ouverture le dimanche avec la création des Puce (périmètre d’usage de consommation exceptionnel) et des zones touristiques, évolue.  A l’heure où le chômage dépasse des sommets, ce type de proposition relève de l’évidence. 
 
Sources :
 
lemonde.fr/idees/article/2013/05/21/le-travail-le-dimanche-quel-bricolage_3414646_3232.html

metrofrance.com/info/ouverture-des-magasins-le-dimanche-l-adhesion-massive-des-francais/mlku!yaObnuvWng66/magasins-dimanche.pdf
 
vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/F22606.xhtml
 
dgcis.redressement-productif.gouv.fr/files/files/guides/ouverture_commerce_dim.pdf
 
fo.ed.free.fr/ouverture_dimanche.pdf
 
blog.turgot.org/index.php?post/benard-ouverture-dimanche
 
zurbains.com/societe/debat-pour-ou-contre-l-ouverture-des-commerces-de-proximite.html
 
travail-dimanche.com/confrontations/ouvrir-les-magasins-le-dimanche.html
 
lci.tf1.fr/economie/social/la-moitie-des-francais-favorables-a-l-ouverture-des-magasins-7613618.html
 
lexpress.fr/actualite/travail-dominical-menace-sur-les-jobs-etudiants_1231571.html
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