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La filière textile, nouvel enjeu du commerce équitable

Publiée le 11/05/2015 |
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Révélée par Max Havelaar France |
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En garantissant un prix minimum aux agriculteurs du Sud, le commerce équitable leur permet de vivre de leur travail et de produire durablement.
Cacao, café, coton… Ces produits, consommés en masse par les Français, viennent directement du Sud, sans qu’on sache, souvent, à quel prix et dans quelles conditions ils sont achetés aux agriculteurs. Permettre à ces producteurs de vivre de leur travail, c’est l’enjeu du commerce équitable.
 
Valeria Rodriguez est responsable de la communication chez Max Havelaar France. Elle explique le fonctionnement du commerce équitable et présente ses nouveaux objectifs : le coton et la filière textile.
 
En quoi consiste le commerce équitable ?
 
Le commerce équitable est un partenariat né pour rééquilibrer les relations commerciales Sud-Nord. Il permet aux producteurs agricoles de vivre de leur travail, à travers un prix plus juste et, par exemple, une prime de développement versée aux organisations de producteurs.
 
Le commerce équitable induit donc un prix minimum garanti pour les produits des agriculteurs, ce qui implique qu’il doit couvrir entièrement les coûts d’une production durable. Il permet au producteur de ne jamais vendre à perte. A long terme, il peut ainsi stabiliser sa production et faire des projets. Aujourd’hui, les marchés des matières premières agricoles sont très volatiles, les agriculteurs ne peuvent donc que difficilement prévoir le prix de leur production un an, voire deux mois plus tard.
 
Les primes de développement sont également très importantes. Elles peuvent être investies directement dans la production (les outils, le passage au bio, etc.) mais aussi dans un projet commun à toute la société (écoles, fournitures scolaires, puits, centres de santé, etc.). Le but est de permettre à la communauté entière d’améliorer sa productivité et ses conditions de vie.
 
Comment les agriculteurs sont-ils organisés ?
 
Les producteurs sont systématiquement réunis dans des coopératives ou d’autres formes d’organisations. Elles permettent aux agriculteurs d’être plus forts dans leurs négociations face au marché. Ils sont mieux informés sur le marché et sur son fonctionnement, et ne vendent plus seuls, en bout de champ, au premier acheteur venu.
 
Ces organisations ont aussi des contraintes en termes de démocratie et de transparence : leur cahier des charges va au-delà du prix minimum pour garantir de bonnes conditions de vie aux producteurs. Par exemple, les cahiers des charges environnementaux sont assez stricts. Les pesticides les plus dangereux sont interdits. Cet encadrement permet d’éviter des problèmes de santé aux producteurs et à leur famille, mais aussi la pollution de l’eau et la terre.
 
Qui sont les acteurs du commerce équitable au Nord ?
 
Au Nord, on retrouve des organisations comme la nôtre, dont le but est de représenter un label, de promouvoir le commerce équitable auprès des consommateurs et de l’opinion et de convaincre les entreprises de s’engager dans ce type de démarches. Les entreprises, les acteurs économiques, sont donc des acteurs capitaux du commerce équitable. Ce sont elles qui décident de s’engager à changer leurs pratiques, en termes d’approvisionnement en matières premières.
 
Enfin, les consommateurs sont des acteurs fondamentaux. Leur influence est énorme : en choisissant un certain type de produits, ils votent en quelque sorte pour une autre forme de commerce.
 
Quels sont les produits du commerce équitable ? Connus ou moins connus ?
 
Le commerce équitable tel qu’on le connaît depuis des années concerne des produits qui viennent exclusivement du Sud comme le cacao, le café, le sucre, les fleurs, la banane… Le coton en fait également partie. Les vêtements sont en train de devenir une vraie problématique du commerce équitable. Le prix minimum garanti du coton équitable est presque toujours plus élevé que celui du coton conventionnel.
 
Aujourd’hui, la filière du coton équitable en France concerne essentiellement des vêtements de travail : les seuls acteurs engagés sont des usines ou des collectivités. Par exemple, les uniformes des éboueurs de la mairie de Paris, des employés de la Poste et des ouvriers de l’entreprise Colas sont en coton équitable. Les manufactures qui fabriquent les vêtements sont en France ou en Europe.
 
En revanche, cette filière n’est pas du tout représentée dans le prêt-à-porter : en France, il est aujourd’hui presqu’impossible de s’habiller avec du coton équitable. On peut citer Armor-Lux et les fameuses marinières, mais ça reste marginal. Le coton qu’on porte actuellement est souvent produit avec énormément de pesticides. Les producteurs témoignent de leurs ravages. Chez les agriculteurs, on a chaque année des dizaines de décès. En termes environnementaux, on constate directement la disparition des abeilles et des petits gibiers dans les champs.
 
Quels sont les challenges du coton équitable ?
 
En 2014, 819 tonnes de coton équitables se sont vendues en France. Le challenge aujourd’hui est de continuer de faire croître l’engagement des entreprises et des collectivités pour leurs vêtements de travail mais aussi de passer le cap du prêt-à-porter. C’est en cela que les consommateurs peuvent avoir un poids, en interpelant les marques pour qu’elles rendent leur filière textile plus éthique.
 
L’autre pan de la filière textile concerne les problématiques de confection. Aujourd’hui, le commerce équitable ne concerne que la production des matières premières, il faut donc créer des nouveaux standards pour garantir des produits finis. Il y a un véritable enjeu social dans la confection, on le voit avec des scandales comme celui du Rana Plaza. Nous sommes donc en train d’élaborer un standard textile pour aller dans ce sens.
 
Propos recueillis par Marine Périn
 
 
Informations : Du 9 au 24 mai 2015, au lieu la quinzaine du commerce équitable. A cette occasion, Max Havelaar ouvre un espace éphémère, « Chez Max », pour faire connaître les enjeux du commerce équitable au grand public et de permettre aux consommateurs de s’engager.
« Chez Max » : 13 rue Jean Poulmarch, 75 010 Paris

Le Vériteur

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Max Havelaar France

Fairtrade / Max Havelaar est un mouvement international qui regroupe des ONG et des représentants de producteurs. Son but : utiliser le commerce pour donner à des paysans et travailleurs agricoles de l’hémisphère sud les moyens de lutter eux-mêmes contre la pauvreté.
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