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Le logement et la mixité social concept ou utopie ?

Publiée le 09/07/2012 |
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Histoire du logement français: la mixité n'existe pas apparemment

L’homme au cours de son histoire a évolué et a su s’adapter ainsi que l’a démontré DARWIN. Il n’en reste pas moins que même si nous savons nous adapter, nos besoins primaires restent identiques : se nourrir, se reproduire et se protéger des intempéries, c’est-à-dire se construire un habitat. Les formes d’habitat au  cours des différentes périodes de l’histoire de l’humanité ont elles aussi progressées sans pour cela que la mixité sociale y ait eue une place, idée dans l’histoire de l’homme régulièrement d’actualité dans les discours politiques, promesse d’une vie qui serait meilleure.

A la préhistoire, l’homme vivait dans des cavernes. Regroupés en tribus nomades, les hommes se protégeaient essentiellement des animaux.

Apparaissent au néolithique les premiers villages constitués de tentes fabriquées avec du bois et des peaux qui correspondent au début de la sédentarisation avec l’apparition de l’agriculture et de l’élevage. Des règles sont mises en place pour la vie en commun et pour protéger son bien, mais c’est aussi la naissance de la peur de l’autre, en l’occurrence le nomade, menace potentielle pour ces tribus qui craignent  de se voir dépouiller. La notion de « voleurs de poules » n’était pas loin. C’est le début du refus de l’étranger.

Les gaulois regroupés en des espaces défensifs habitaient des huttes faites de bois et de pisé dans une pièce unique destinée à abriter la famille tandis que les nobles vivaient dans des fermes isolées, comprenant plusieurs pièces dont une  d’apparat, entourés de leurs serviteurs et de leurs hommes d’armes. Il y a  désormais une  séparation en classes sociales.

Au moyen-âge, la ville de forme ronde  est hermétiquement close, elle incluait jardins, vergers et pâtures d’animaux. Il fallait payer pour y entrer ce qui excluait déjà une partie dela population. C’està cette époque que naquit les communes et leurs chartes consacrant la distinction des intérêts seigneuriaux des puissantes confédérations de bourgeois. Rappelons que la désignation de maison bourgeoise signifiait qu’il s’agissait simplement d’une maison à l’intérieur du bourg dont les habitants étaient nommés bourgeois. Le bourg fut l’ancêtre dela ville. Corpsde pierre et de bois, ou bois et torchis ce bâti était  élevé sur une parcelle étroite et longue et possédait 2 ou 3 étages avec un rez-de-chaussée occupé par un artisan.

Les nomades commerçants n’étaient  pas acceptés dans ces bourgs et donc contraints de s’installer en dehors, dans de nouveaux lieux formant les « faux bourgs » ce qui crée un antagonisme entre le bourg autour du château fort et le faubourg développé autour du marché ; clivage de lieu marqué par la ville haute, son château et son bourg, et la ville basse proche du fleuve qui permet d’acheminer les marchandises.

Cette distinction entre population n’est pas la seule puisqu’à cette période c’est la naissance de villes qui sont liées aux foires (PROVINS, TROYES) habitées par les marchands et banquiers,  à l’enseignement (PARIS) pour les intellectuels  et consacrée à la religion (AVIGNON).

Au 18ème siècle c’est la naissance des beaux quartiers au centre des villes et pour empêcher les pauvres d’y entrer, des « chasses-gueux » sont en faction aux portes de la cité.

Nos politiques se seraient-ils inspirés de la déclaration royale du 25/7/1700 qui stipulait que les mendiants seraient emprisonnés? Peut-être auraient-ils été également séduits par le fait qu’à cette époque pour être admis dans un orphelinat municipal il fallait avoir eu des parents morts dans la ville.

Au 19ème siècle, d’un côté les cités ouvrières paternalistes qui assurent la paix sociale et des immeubles où existe naturellement de fait la mixité sociale, sans qu’elle soit imposée comme aujourd’hui en pensée unique. Le rez-de-chaussée est occupé par le gardien ou un commerce, les plus riches habitaient le 1er étage, dit noble tandis que « monsieur tout le monde » monte les escaliers ; plus il gravissait les étages, plus il descendait dans l’échelle sociale pour aboutir dans les mansardes où il grelottait l’hiver et étouffait l’été.

Quant au 20ème siècle, dont nous déplorons les banlieues, il faut se souvenir qu’elles ont été construites pour remplacer d’une part les taudis et d’autre part héberger les français rapatriés d’Algérie ainsi que les populations venues travailler dans nos usines. Dans les années 70 les HLM étaient désertées par la classe moyenne qui ne voulait pas se mélanger et c’est Olivier GUICHARD, Ministre de l’Aménagement du Territoire qui, par une circulaire de novembre 1971, interdit plus de 3 cages d’escaliers par barre ; le vocabulaire est révélateur, l’on est bien loin de la déclaration d’ALBERTI en 1452 qui revendique « la juste proportion, le plaisir, la joie donnant tout son sens à l’architecte, homme de l’art ».

Quoi de neuf aujourd’hui sous le soleil ? RIEN !

- La ségrégation existait au moyen-âge, témoin le nom des rues « rue de la boucherie » par exemple. A cette époque les villes se débarrassaient de leurs fous en les plaçant sur des navires qui descendaient les fleuves…

- Au 17ème siècle, les familles des bourgs s’entassaient dans 2 pièces et se plaignaient des loyers trop chers.

- L’insuffisance du nombre de logements pour la population ouvrière sous le second empire a nécessité la création de dortoirs et d’asiles de nuit.

- PARIS avait une rive droite commerçante et une rive gauche intellectuelle ceci est encore vrai de nos jours.

-HAUSSMAN a chassé les ouvriers pauvres vers la périphérie en détruisant les taudis intra-muros.

La ségrégation par communautés existe sans que personne ne s’en plaigne dans des villes comme NEW-YORK, mais c’est probablement notre concept d’égalité qui trouble notre jugement. La mixité ne se décrète pas, pour employer un terme à la mode, elle doit se choisir, le principal étant d’offrir les moyens de ce choix.

Le Vériteur

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GUIDEAULT Maryvonne

D'origine angevine, passionnée par l'évolution sociologique bien que ce ne soit pas mon métier, je m'interroge sur ce que sera demain. L'homme étant capable du pire mais aussi du meilleur, la vérité d'aujourd'hui sera-t-elle celle de demain ?
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