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Handicap : je suis AVS et je ne trouve pas de poste !

Publiée le 05/02/2015 |
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Révélée par BOUFFLERS Martine |
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Malgré mes compétences et une demande croissante de la part de l’Education Nationale, je n’arrive pas à trouver un poste en tant qu’Auxiliaire de Vie Scolaire.
Ces derniers mois, j’ai entamé une reconversion professionnelle pour devenir Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS), c’est-à-dire pour accompagner des enfants en situation de handicap dans leur scolarisation. Mon expérience passée d’auxiliaire de vie et de garde d’enfant m’a permis d’acquérir l’expérience nécessaire, à laquelle j’ai ajouté un stage en milieu professionnel dans un lycée privé.
 
L’Education Nationale dit rechercher des AVS et mes collègues me confirment que les volontaires manquent. De leur côté, les parents d’enfants handicapés restent souvent des mois sans soutien dans la scolarisation. Pourtant, je ne trouve pas de poste dans ce domaine.
 
Un accident de travail et une reconversion professionnelle
 
Auparavant, j’étais assistante de vie et garde d’enfants, j’intervenais à domicile chez des particuliers et je travaillais avec l’agence O2. Mais, en novembre 2012, j’ai eu un accident du travail en portant un enfant de quatre ans. Je me suis fait mal au dos et j’ai eu une inflammation à l’épaule. J’ai été placée en arrêt maladie. J’ai été déclarée en invalidité première catégorie en décembre 2013 : le médecin de contrôle a reconnu que je ne pouvais plus exercer certaines tâches, comme porter de lourdes charges, et donc que je ne pouvais plus exercer mon métier. Mon employeur m’a proposé des postes pour me reclasser, mais ils étaient trop éloignés de chez moi (au Mans, alors que j’habite dans le Nord) et j’ai refusé. J’ai reçu le courrier stipulant mon licenciement en décembre 2014. Mais, comme je ne travaillais déjà plus depuis longtemps et que mon indemnité était extrêmement faible, j’avais déjà entamé une reconversion professionnelle.

En juillet 2014, je me suis inscrite à Pôle Emploi et, quelques semaines plus tard, je me suis rendue à un salon des métiers et des formations à Valenciennes. C’est ce jour-là que j’ai découvert l’Agefiph, une agence spécialisée dans l’emploi des personnes handicapées. Je me suis inscrite à une réunion d’information et j’ai eu un entretien avec une conseillère. Le but était de discuter de ce à quoi je pouvais prétendre malgré mon invalidité. J’ai ensuite participé à une découverte multi-métiers et fait des tests pour cerner mes domaines de prédilection. En fonction de mes résultats, j’ai étudié plusieurs fiches métiers pour en trouver qui correspondent à ma pathologie. Rapidement, je me suis orientée vers la profession d’Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS).
 
Ma découverte du métier d’Auxiliaire de Vie Scolaire
 
En plus de 105 heures de formation (tests, visites d’entreprises, informatique, mise à jour de notre CV), l’action courte comprenait 105 heures de stage. J’ai donc fait des recherches pour en trouver un, sans succès. J’ai joué ma dernière carte en postulant dans le collège privé de mon fils, dont je connais bien la directrice et où j’enseigne le catéchisme depuis déjà cinq ans. Le stage a eu lieu en novembre.
 
Pendant une semaine, j’ai pu suivre deux AVS qui travaillaient respectivement à plein temps et à mi-temps dans le collège. Elles m’ont expliqué ce qu’elles faisaient et les différents handicaps des élèves (dyslexies, dyspraxies, tocs, etc.). Comme j’ai de l’expérience dans ce domaine, je suis rapidement devenue très autonome. Je me suis immédiatement sentie dans mon élément. Ce métier me plaisait doublement car il me permettait de venir en aide à des enfants qui en ont besoin : malgré leur handicap, ils ont de bons résultats scolaires, parce qu’ils bénéficient de la présence d’un adule pour les guider.
 
Quand mon stage s’est terminé, ma formatrice a eu un rendez-vous avec la directrice du collège et mon rapport a été excellent. Elle m’a trouvée patiente, à l’écoute et avec de l’expérience. Pour elle, j’étais prête à l’embauche en tant qu’Auxiliaire de Vie Scolaire.
 
La recherche difficile d’un poste…
 
La directrice ne pouvait pas me proposer un poste dans son établissement, mais elle m’a aiguillée pour faire ma recherche d’emploi. Les AVS avec qui j’avais travaillé m’ont également donné de nombreuses informations. L’une d’elle m’a fourni des documents sur chaque type de handicap (autisme, dyslexie, dyspraxie, etc.) pour me préparer au mieux. Elle m’a vraiment encouragée à exercer ce métier.
 
J’ai d’abord écrit à l’inspection de l’éducation à Maubeuge, à la gestion des AVS. J’ai candidaté le soir de la fin de mon stage, envoyant mon curriculum vitae et une lettre de motivation expliquant ma démarche de reconversion professionnelle et pourquoi il me tenait à cœur de venir en aide aux enfants. A ce jour, je n’ai toujours pas eu de réponse. J’ai donc fait une relance il y a une semaine, par courrier et par mail.
 
J’ai également trouvé une adresse de gestion d’AVS sur Lille sur le site de l’Education Nationale à laquelle j’ai envoyé ma candidature, sans obtenir de réponse. Enfin, j’ai trouvé une annonce sur le site de Pôle Emploi d’un établissement scolaire sur Rennes. Le conseiller m’a répondu que je n’avais pas la formation requise.
 
… malgré un besoin croissant d’AVS dans l’Education Nationale !
 
Pourtant, il n’y a aucune formation spécifique pour devenir AVS, aucun diplôme obligatoire. La plupart des personnes qui font ce métier sont des chômeurs longue durée. Leur seule formation consiste en des remises à niveau par l’Education Nationale pour s’adapter aux changements des programmes scolaires. Les deux AVS avec lesquelles j’ai travaillé me l’ont confirmé : les compétences requises sont un bon niveau scolaire, de la patiente et de l’écoute. Elles m’ont également confirmé que l’inspection de Maubeuge était perpétuellement en recherche d’AVS, certaines personnes ayant dû arrêter pour trouver des emplois mieux rémunérés. Le site de l’Education Nationale fait beaucoup de promotion pour choisir ce métier. Pourtant, on ne me rappelle pas !
 
Je sais que certains parents d’enfants handicapés doivent attendre des mois entre leur demande d’AVS à la MDPH et la prise en charge de leur enfant : c’est du temps perdu pour l’enfant ! Il y a un blocage quelque part : on ne donne pas à ces enfants les moyens de s’intégrer rapidement en milieu scolaire, alors qu’ils n’ont rien à faire dans des structures spécialisées. Leur handicap ne leur empêche pas d’apprendre ! Au contraire, le milieu scolaire les aide à s’épanouir et à s’intégrer dans la société. De nombreuses personnes veulent les aider au quotidien, leur apporter leur soutien pour qu’ils démarrent une vie normale. Le métier d’Auxiliaire de Vie Scolaire est mal rémunéré mais les personnes avec qui j’ai fait mon stage m’ont bien dit que le salaire passait à côté de tout ce que les enfants leur apportait.
 
Je commence désormais à candidater spontanément dans des établissements privés, dont les directeurs gèrent eux-mêmes les AVS, sans passer par l’Education Nationale. Je frappe au maximum de portes, en espérant que l’une finisse par s’ouvrir.
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

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BOUFFLERS Martine

Auxiliaire de Vie Scolaire en recherche de poste
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