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Une pétition pour l'inclusion scolaire des enfants handicapés

Publiée le 23/09/2013 |
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Révélée par PIGNARD Magali |
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Mon fils handicapé est exclu de la société comme des milliers d'autres. J'ai lancé une pétition avec le collectif pour l'inclusion scolaire.

La France est un État de droit. Concernant le handicap, il y a la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des chances des personnes handicapées. Cette loi a été largement suivie de décrets, arrêtés et circulaires. Quand on en prend connaissance, on se dit « Super, les personnes handicapées ont vraiment les mêmes chances que les personnes ordinaires, notre pays est respectueux de la différence. » On y parle droits, autonomie, libre choix, respect, dignité, intégrité, éthique, égalité, scolarité, éducation, insertion, accompagnement, etc.
 
Cette loi introduit les auxiliaires de vie scolaire (AVS), des personnes chargées de l’aide à la scolarisation d’enfants en situation de handicap. Après une demande de la famille à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), une commission étudie la demande et adresse une notification d’aide humaine qui précise le type d’aide et le nombre d’heures hebdomadaires attribuées à l’élève.
 
Mais en pratique ?
 
« L’inclusion des enfants handicapés à l'école » : c’est quoi, le titre de la prochaine série X-Files ? Sur le terrain, la loi 2005 et tout ce qui s'ensuit, l'Education nationale s’assoit dessus et refile allègrement les enfants au secteur médical et médico-social, lesquels dépendent du ministère de la Santé.
 
C'est ce qui s'est passé avec mon fils. Cela fait maintenant deux ans qu’il ne fait pas de rentrée, le personnel enseignant m’ayant bien fait comprendre qu’une scolarisation en milieu ordinaire n’était plus envisageable. Pourquoi ? Parce que pour l’intégrer en classe, il doit se comporter comme un élève ordinaire, ce qu’il n’est pas. Voici un aperçu de sa « scolarisation ».
 
Une scolarisation torpillée
 
À trois ans, Julien, diagnostiqué autiste, est scolarisé six heures par semaine en petite section à l’école du quartier. Pourtant, la notification de la MDPH précise une durée attribuée de douze heures par semaine… « C’est déjà bien qu’on le prenne six heures par semaine », assène la directrice lors des réunions scolaires, approuvée par la maîtresse par toute l’équipe éducative.
 
L’AVS, rémunérée douze heures par semaine, rentre donc chez elle après n'avoir fait que six heures avec Julien. Nous avons l’interdiction de lui parler, à part « bonjour » et « au revoir », encore un exemple typique de la communication mise en place par l’Éducation nationale.
 
« Des enfants comme cela n’ont rien à faire à l’école, leur place est à l’hôpital » est une des réflexions entendues par le personnel de l’Education nationale. Si une petite fille prend la main de Julien pendant une visite scolaire, la maîtresse les sépare : « Ce n’est pas à toi de faire ça mais à l’AVS », lui dit-elle. Julien passe son temps de classe dans le couloir ou dans la cour en compagnie de son AVS.
 
Nous avions également l’interdiction de donner de l’information sur l’autisme à la maîtresse : « L’école est un milieu ordinaire, Julien doit être vu comme un enfant ordinaire », argumente la psychologue de la petite enfance de la ville. Les réunions se terminaient par des larmes pour moi et par cette phrase des intervenants, tous farouchement opposés à la scolarisation : « Dans l’intérêt de Julien... »
 
Septembre 2013 : rentrée des classes et pétition pour l'inclusion scolaire des enfants handicapés
 
Julien, qui adorait le contact des autres enfants, n’a plus la possibilité d’en côtoyer. Il a rejoint les dizaines de milliers d’enfants exclus de la société, à l’abri de vos regards. Il a un handicap social et, en conséquence, on le handicape volontairement encore plus en le privant de chances d’apprendre les règles sociales.
 
Le gouvernement lui-même l’affirme : la scolarisation en milieu ordinaire permet d’obtenir les meilleurs résultats éducatifs pour de nombreux élèves en situation de handicap tout en offrant une plus grande ouverture à la différence aux autres élèves. Ces enfants doivent réellement avoir la possibilité d’apprendre des autres pour favoriser plus tard leur inclusion dans la société.
 
Le jour de la rentrée des classes, j'ai mis en ligne une pétition, présentée par le collectif pour l'inclusion dont je fais partie. Nous demandons que le gouvernement mette en œuvre ce à quoi il s’est engagé : « Faire que tous les enfants vivent en commun. Cesser l’école de l’exclusion. Cesser l’école de la ségrégation. Cesser l’école du mépris. L’école du respect, l’école de tous ! ».
 
Nous en sommes à plus de 25 000 signatures : nous voulons atteindre un chiffre encore plus grand pour remettre cette pétition au Premier ministre et au ministre de l'Éducation nationale.

Pour signer vous aussi cette pétition, n'hésitez pas à cliquer sur le lien en encadré.

Le Vériteur

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PIGNARD Magali

Je suis maman d’un enfant autiste. J’ai moi-même une forme d’autisme très légère (syndrome d'Asperger), mais suffisante pour voir la vie autrement. Je me bats pour que mon fils, enfant à part, soit perçu comme un être à part entière.
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