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Payer son syndic plus cher est-il la solution ?

Publiée le 12/12/2013 |
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Révélée par VARIN Louise |
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La loi Alur a créé le débat sur le fonctionnement des syndics de copropriété.
Opacité, inefficacité, coûts démesurés : les maux dont souffre cette profession sont nombreux et la grogne est à son paroxysme chez les copropriétaires. Les coûts doivent-ils baisser ou augmenter pour obtenir un meilleur service ?
 
Actuellement examinée au Parlement, la loi Alur (Accès au logement pour un urbanisme rénové) devrait être adoptée début 2014. Le passage du texte ne devrait pas poser de problème insurmontable même si les 84 articles initiaux sont devenus 150, portant la longueur totale de la loi à 300 pages, l’une des plus longues sous la Ve République. Néanmoins, le débat a été vif et les articles de presse se sont multipliés, mettant largement l’accent sur les dérives des pratiques des syndics de copropriétés. Ces derniers sont aujourd’hui fortement inquiétés par ce coup de pied dans la fourmilière : leurs recettes abusives pourraient en effet être rognées.
 
Dernière attaque en date contre les syndics : la publication par la FNAIM Ile-de-France du premier observatoire des charges de copropriété, basé sur les comptes des syndics, et non plus sur leurs déclarations. Le constat est édifiant. En moyenne, les copropriétaires franciliens payent 2 167 euros de charges par an. Logiquement, la présence d’un gardien est ce qui coûte le plus cher, avec ensuite les frais de chauffage collectif, l’entretien de l’ascenseur et les honoraires des syndics. En outre, l’étude fait état d’une forte hausse des charges ces dernières années : +15% en trois ans.
 
Des mesures pour plus de transparence
 
Si certains postes de dépenses sont difficilement réductibles, comme le salaire du gardien, ou indépendants du pouvoir des copropriétaires, comme le prix du chauffage, certains autres peuvent être revus. En effet, les syndics sont coutumiers des augmentations d’honoraires et des prestations particulières à des prix prohibitifs. Pour remédier à ces dérives, la loi Alur prévoit un paquet de mesures comme l’obligation d’ouverture de comptes séparés pour chaque copropriétaire ou la réduction au maximum des fameuses prestations particulières.
 
Une réforme qui n’est naturellement pas pour plaire aux syndics, qui sont d’ailleurs d’ores et déjà passés à l’offensive. Certains d’entre eux ont en effet adressé une circulaire à leurs clients pour les informer que « ces nouvelles réglementations vont, de facto, alourdir la gestion purement administrative de leurs biens, au détriment de la réactivité nécessaire qu’ils sont en droit d’attendre de leur syndic et entraîner une hausse des coûts proportionnelle au temps passé à remplir ces nouvelles missions obligatoires ».
 
Une augmentation des coûts pour un service plus efficace
 
Une lettre d’information en forme de menace qui, si elle devait être mise à exécution, viderait de leur substance les avancées permises par la loi Alur. Pourtant, payer plus cher son syndic n’est peut-être pas une idée si absurde. D’après un sondage mené par Gererseul.com, 53% des copropriétaires seraient en effet prêts à accroître cette dépense en contrepartie d’un service plus efficace et plus transparent. A long terme, une meilleure gestion permet automatiquement de « limiter les dégâts et maintenir un rendement acceptable », explique Patrick Chappey, fondateur de Gererseul.
 
Un syndic plus efficace et en phase avec les besoins réels des copropriétaires est donc possible. La loi Alur avance en ce sens. En roue libre depuis trop longtemps, les syndics ne seront cependant pas sans réagir face à ces mesures qui leur sont défavorables. Les copropriétaires devront donc rester vigilants vis-à-vis de l’application de la loi.

Le Vériteur

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VARIN Louise

Professeur de français dans un collège, ma vie tourne essentiellement autour des lettres ! A cet égard, j'ai la chance de pouvoir concilier ma passion avec mon métier. Suivant l'actualité, m'intéressant aussi bien aux sujets politiques, économiques et de société, je souhaite partager mes opini...
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