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L'Etat va-t-il enfin revenir sur Hadopi, loi scélérate?

Publiée le 31/08/2012 |
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Révélée par LESUEUR Daniel |
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Hadopi fit énormément de bruit… Mais en ce qui concerne le bon sens et la logique, cette loi, à mon sens, n’avait pas la moindre raison d’exister !

Loi, morale et logique sont rarement au diapason.  Hadopi fit énormément de bruit… Mais en ce qui concerne le bon sens et la logique, cette loi, à mon sens, n’avait pas la moindre raison d’exister ! Rien n’est simple et la discussion fait rage.  « La loi Hadopi propose un arsenal de répression coûteux qui ne rapportera pas un centime supplémentaire aux créateurs et plongera l’internaute dans une insécurité juridique totale »  Réfléchissons à la quasi-impossibilité de l’appliquer, cette fameuse loi Hadopi et tentons de cerner ses cibles... Profil du contrevenant du deuxième millénaire  

Tenter de réprimer le téléchargement illicite n’est-il pas vain et absurde?

Jadis, le pirate avait une idée bien en tête : gagner de l’argent en dupliquant une œuvre qui ne lui appartenait pas. Ce délit s’apparente à la contrefaçon et persiste dans les pays technologiquement moins développés que le notre. On sait pertinemment qu’en Afrique et dans les pays de l’ex-Union Soviétique, on s’empresse d’assister à la première diffusion d’un nouveau film sortant en salle. Quelques heures plus tard, une copie de qualité ignoble est proposée à la terrasse des cafés ; de qualité ignoble car elle a été piratée dans la salle de cinéma, avec un caméscope qui, en prime, a capté les éclats de rire du public et les bruits de mâchonnement de pop corn. Mais la France n’est pas l’Ouzbékistan. Celui qui télécharge illégalement ne peut plus, comme par le passé, exercer un commerce illicite puisque, autour de lui, les gens ont eux aussi un ordinateur, un accès à internet et / ou un magnétoscope. Du fait, le téléchargement, en France en 2010, est « condamné » ( !) au stade de copie privée. Il n’y aura pas de duplication.  

Profil du contrevenant français moderne  

Ce n’est pas trop s’avancer que de dire que celui qui télécharge n’avait pas l’intention de payer pour écouter ou entendre l’œuvre qu’il a subtilisée. Ce pirate des temps modernes ne peut rentrer que dans trois catégories :

1) Les jeunes. Il est évident qu’à 14 ou 18 ans, à part du côté de Neuilly, peu d’écoliers ou d’étudiants peuvent, en mettant la main à la poche, s’offrir un CD à 20€ pour écouter à l’envi une chanson qu’ils ont écoutée à la radio. Dans ce sens, un effort de logique a été fait par les maisons de disques qui permettent désormais de télécharger légalement une seule chanson pour, selon le cas, 99 centimes ou, pour un titre ancien (le back catalogue) 69 centimes. Mais encore faut-il que le gamin n’ait pas une soif de culture musicale car dans ce cas le compte est vite fait : une centaine de chansons, c’est presque une centaine d’euros. Où donc ces gamins (dont certains, à Bac+5, sont manutentionnaires ou caissières de supermarché pour payer leurs études) trouveront-ils une telle somme ?

2)  Les adultes inactifs. Les chômeurs, les demandeurs d’emploi. Ceux-là vivent des journées mornes et longues. Une fois la moitié de cette journée utilisée à envoyer des CV à d’hypothétiques recruteurs, une fois terminée un passage au siège de Pôle Emploi, il faut bien tuer le temps. Peut-on décemment incriminer ces malheureux qui auront eu la faiblesse de désirer regarder sur l’écran de leur téléviseur un film qu’ils ne pourraient pas aller voir au cinéma (entre 7 et 10 € pour aller voir Franck Dubosc dans « Camping », ça frise l’indécence). La loi Hadopi propose de suspendre son abonnement internet. Pas terrible pour traquer les offres d’emploi. Et si récidive, une amende. Une amende que le chômeur ne pourra pas payer !

 3) L’adulte actif pirate occasionnel. Celui-là, il travaille, il pourra payer l’amende. Et que lui reprochera-t-on ? Une fois comptabilisées ses heures de travail, de transport, de sommeil, il lui reste à tout casser –s’il ne s’endort pas en regardant l’œuvre piratée- deux heures de liberté chaque jour. Deux heures, soit un film. Pas plus d’un film. Va-t-on inculper un type qui télécharge au grand maximum deux ou trois films par semaine ? Les juges accepteront-ils de se prêter à une telle mascarade alors que la police est impuissante à arrêter les trafiquants de drogue, les braqueurs et les délinquants en col blanc ?

4) L’adulte actif pirate à moyenne échelle. Celui-là, il laisse tourner l’ordinateur 24h sur 24h pour « chopper » un maximum de films. Si la police effectue une descente à son domicile, elle va trouver 5 000 films téléchargés illégalement. Mais… nous venons de démontrer qu’il peut au maximum en regarder un par jour. Il sera donc aisé de démontrer que ce « pirate » n’est en fait qu’un malade compulsif. Un spécialiste démontrera aisément que son cas relève de la psychiatrie… et les juges, à nouveau, auront bossé pour rien. Alors, Hadopi… Joli exercice de style, mais… applicable ? Réponse sous peu ! 

Le Vériteur

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LESUEUR Daniel

Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse musicale. Il est aussi animateur radio et producteur d'artistes. Dès mai 1981, il participe à l'éclosion des radios libres sur Oblique FM, Radio Paris, etc. On lui doit de nombreux ouvrages consacrés aux monde du disque, de la musi...
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