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Abolir la prostitution : la réalité du terrain face aux idées reçues

Publiée le 13/03/2015 |
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La prostitution regroupe de nombreuses réalités. Le Mouvement du Nid dénonce l’engrenage de ce système et les nouvelles formes de proxénétisme.
Il milite pour l’abolition : un système privilégiant la protection des personnes prostituées et sanctionnant les clients.
 
Entre le procès du Carlton et la proposition de loi pénalisant les clients, la prostitution fait plus que jamais débat en France. Claudine Legardinier recueille les témoignages des personnes prostituées pour la revue et le site du Mouvement du nid, une association d’aide aux personnes prostituées. Elle décrit la réalité de la prostitution qu’elle côtoie, loin de nombreuses idées reçues et milite en faveur de l’abolition.
 
La réalité du terrain : la prostitution comme engrenage
 
La réalité du terrain, c’est avant tout une multiplicité de parcours, mais chez qui on retrouve plusieurs points communs, en tous cas chez les personnes qui se confient au Mouvement du Nid. L’isolement dans lequel se trouvent les personnes prostituées est la première chose qui frappe. Souvent, on retrouve un modèle dans leur itinéraire qui les a amenées vers la prostitution (qu’elles ressentent souvent comme un choix, ce qu’on ne juge pas). Puis, à terme, elles peuvent se retrouver dans l’impossibilité d’en sortir, comme un piège qui se refermerait.
 
La plupart du temps, elles pensent que la prostitution va être provisoire, une situation de dépannage. En général, il y a un déclic qui provoque le passage à l’acte, souvent un moment de précarité : un endettement, une séparation amoureuse, une rupture familiale… Il y a une situation d’urgence, il faut parer au plus pressé, et c’est là qu’il peut y avoir une entrée dans la prostitution. Le but, c’est souvent de ne le faire que six mois, le temps de mettre de l’argent de côté et de trouver autre chose. Pourtant, il est très dur de sortir de cette solution « provisoire ». Une personne que j’ai rencontrée m’a dit « C’était pour six mois. Au bout de dix ans, on se dit que le provisoire commence à durer. »
 
On assiste à la façon dont l’engrenage se met en place. D’abord, l’endettement revient souvent. On parle souvent d’argent quand on évoque la prostitution, mais on devrait parler de dettes. Ces personnes pensent qu’une fois dans le système, elles vont gagner de l’argent très vite, rembourser leurs dettes personnelles ou celles des réseaux (aujourd’hui, une prostituée africaine rembourse entre 60 000 et 80 000 euros aux proxénètes) mais le risque est important de ne pas trouver d’issue. La dernière personne que j’ai rencontrée sortait d’un bar à champagne, donc du milieu de la prostitution de luxe, censée être branché, aisé. Au bout de trois ans, elle n’a pu partir qu’avec 1500 euros.
 
Un autre exemple est celui d’une femme qui, avant de rentrer dans la prostitution, était secrétaire. Lorsque son mari l’a quittée, elle s’est retrouvée avec ses deux filles et un SMIC. Elle a paniqué et a cherché rapidement une solution. Elle est devenue « escort » (le vocabulaire fait partie de l’enveloppe vendeuse). Elle voulait faire quelques passes et a commencé à louer un studio. Elle a essayé de limiter son activité, mais elle devait gagner suffisamment pour payer le loyer du studio… Aujourd’hui, cette situation dure depuis cinq ans, elle étouffe littéralement.
 
Le tabou, la honte et l’isolement
 
Les personnes prostituées souffrent d’isolement, elles se coupent de leurs proches. Là encore, je précise que je parle de celles qui nous contactent donc qui, par définition, ne se réjouissent pas de leur situation. Elles étouffent de se taire, mais elles ne peuvent pas dire ce qu’elles vivent. Elles mentent à leurs enfants, à leurs amis, à leur amoureux éventuel. Une personne que j’ai rencontré m’a dit une formule très intelligente « J’ai une vie de sans papier dans mon propre pays » : elle dit l’exclusion, la sensation d’être hors de la société. Elles nous disent souvent, lorsqu’elles témoignent, que nous sommes les premières personnes à qui elles parlent et devant qui elles n’ont pas l’impression d’être jugées.
 
En 2015, la prostitution reste un tabou extraordinaire. On prétend être une société libérée mais, dans ce domaine, le seul discours qui est accepté, c’est celui qui dit « Je l’ai choisi », « Je l’assume ». Quand on veut aller plus loin, simplement pour montrer une autre réalité, plus personne n’a envie d’entendre. Une femme, aujourd’hui sortie de la prostitution, a refait sa vie avec un compagnon d’extrême-gauche – qu’on pourrait imaginer, à tort ou à raison, plus ouvert sur la question. Elle explique que, lorsqu’elle a essayé de lui en parler, il s’est complètement fermé : il préfère complètement l’ignorer.
 
Mettre en place un système de sortie cohérent
 
La problématique de la prostitution n’est pas connue des travailleurs sociaux, c’est la raison pour laquelle on demande aujourd’hui l’organisation d’un parcours de sortie cohérent. Car, quand les personnes prostituées ont le courage de demander de l’aide, elles sont souvent accueillies avec énormément de mépris : on leur dit qu’elles n’ont pas besoin d’aide, qu’elles ont gagné beaucoup d’argent… et on les renvoie à la prostitution. Les médecins aussi estiment parfois qu’elles n’ont pas de problème, que c’était du plaisir. Il faut absolument qu’un volet soit prévu pour former les acteurs de l’insertion en général : ils doivent avoir des réponses plus justes.
 
Beaucoup de personnes prostituées nous disent que la sortie revient à se jeter dans le vide, à aller vers l’inconnu. D’autant plus qu’il y a un volet psychologique particulier pour les prostituées : nombreuses sont celles qui décrivent un état de dissociation. Une ancienne hôtesse de bar me disait qu’elle était très pudique dans sa vie personnelle mais, qu’une fois qu’elle franchissait le seuil du bar, elle devenait quelqu’un d’autre. Beaucoup, quand on leur demande ce qui s’est passé à certaines moments, répondent « Je ne sais pas, je n’y étais pas. ». Dans le cas où elles ont des pseudonymes, c’est encore plus visible : elles ne sont plus Christine ou Marie, mais Tara ou Leïla. A un moment, cette facette d’elles leur devient plus familière et l’idée de se retrouver en sortant de la prostitution est très dure.
 
Elles doivent tout réapprendre, retrouver une place dans la société, en faisant avec des blocages qu’on ignore. Tout bêtement, il faut refaire un CV, et il y aura forcément un trou dans leur expérience. Alors elles mentent, disent qu’elles étaient avec un compagnon, ou ne vont simplement pas à Pôle Emploi pour cette raison. Certaines développent un manque de confiance en elles, le fameux « Je ne suis bonne qu’à ça ». Un autre exemple de blocage, concerne la jeune femme du bar à champagne. Elle a fait des études, a de bons atouts pour retrouver un emploi. Elle a été convoquée dans une entreprise, a préparé le rendez-vous, s’est entraînée… mais, au moment d’y aller, elle s’est rendu compte qu’elle allait se retrouver face à des hommes et elle est restée chez elle. L’entreprise ne saura jamais pourquoi elle ne s’est pas présentée et la considèrera comme une personne peu motivée.
 
Le rejet des hommes peut être une des conséquences de la prostitution. Certaines ne supportent plus qu’on les touche. D’autres se douchent, des années encore après leur sortie, uniquement avec des produits décapants pour essayer d’enlever quelque chose. Tout le monde n’a bien sûr pas la même capacité de résilience, et peut-être que certaines vivent bien avec ça, mais on voit dans nos témoignage qu’il peut y avoir un marquage vraiment profond. C’est la raison pour laquelle on milite pour la mise en place de vrais services de psychothérapie pour les aider à se remettre au clair, à réanalyser leur parcours. On nous accuse souvent de les victimiser, c’est faux : ce sont des femmes fortes, avec des compétences, et on se bat pour qu’elles aient une place dans la société. Aujourd’hui, l’incompréhension des travailleurs sociaux, le saut dans l’inconnu, les traumatismes et la situation de crise sont autant de facteurs qui rendent difficiles la sortie de la prostitution.
 
Femmes, compagnons : au-delà des réseaux, un proxénétisme aux visages multiples
 
On parle assez de la fameuse crise, elle renvoie directement à la situation des femmes : aujourd’hui, la conjoncture crée un véritable vivier pour les proxénètes. C’est vrai dans le monde entier, mais je rencontre aussi beaucoup de Françaises victimes de cette situation. Il faut insister sur une réalité : les réseaux, qui font beaucoup parler d’eux parce qu’ils tombent devant nos tribunaux, n’ont pas du tout le monopole du proxénétisme. En France, beaucoup de femmes sont prostituées par leurs compagnons. Eux sont des manipulateurs qui tirent sur de multiples ficelles : ils arrivent à convaincre que ce n’est pas grave, que c’est pour dépanner, leur disent qu’elles sont libérées maintenant (l’âge des proxénètes, comme celui des prostituées, ne cesse de diminuer), que ce n’est pas grand-chose. On préfère penser que c’est forcément un Ukrainien, un Nigérian, un Albanais, et effectivement, il y a des réseaux extrêmement violents, mais il y a aussi ces formes de proxénétisme qui reposent sur une manipulation psychologique.
 
Par exemple, j’avais rencontré une jeune femme qui avait été abandonnée enfant, puis connu plusieurs foyers. A l’adolescence, elle a rencontré un homme, il l’a épousé et ils ont eu un enfant. Lui n’avait pas de travail, elle faisait de petits boulots qui leur permettaient de vivoter. Il la travaillait pour qu’elle fasse quelques passes, pour dépanner, il lui disait que leur enfant n’allait pas avoir de quoi vivre. Il jouait sur ce qui était le plus insupportable pour elle : l’idée que son enfant allait manquer, comme elle avait manqué. Elle en est sortie aujourd’hui et elle a dit qu’il la travaillait tellement qu’elle ’« se serait sentie coupable de ne pas aller se prostituer ». Aujourd’hui, elle comprend bien le mécanisme qu’il a utilisé pour la piéger. Finalement, elle a porté plainte contre lui, et il en a été outré.
 
Au-delà des grands réseaux, il existe aussi des petits réseaux familiaux, « artisanaux ». Tous les degrés existent dans le proxénétisme : du réseau mafieux au compagnon. Une nouveauté, c’est que les grands réseaux ont compris qu’ils pouvaient utiliser comme proxénètes les prostituées elles-mêmes : c’est l’exemple des fameuses « mammas » nigérianes, qui tombent de plus en plus devant la justice. C’est pour cette raison qu’on estime aujourd’hui que 30% des proxénètes sont des femmes. C’est très subtil : ils embauchent une prostituée qui va plus ou moins pouvoir échapper à son sort, avoir un traitement privilégié, mais va devoir contrôler les autres en échange. Elle récupère l’argent, ce qui l’aide à rembourser une partie de sa propre dette plus rapidement. Parfois, on lui demande même de revenir au pays pour recruter. Mais c’est sur elle que tombe la police, ce qui nous donne ces statistiques incroyables.
 
La législation en France et en Europe
 
La France est très attachée à lutter contre le proxénétisme. Nous sommes dans un pays abolitionniste, qui a des textes extrêmement stricts à l’égard des proxénètes : c’est une force qu’il faut conserver. Nos lois sont les plus sévères de toute l’Europe en matière de sanction, mais elles sont aussi celles qui ont la définition la plus large du proxénétisme. La moindre aide à la prostitution, comme fournir un lieu, est déjà considérée comme du proxénétisme alors que, pour certains de nos voisins, c’est du droit des affaires.
 
En Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne, les proxénètes sont considérés comme des entrepreneurs, des hommes d’affaire. De plus en plus d’anciens publicitaires ou d’anciens banquiers s’installent d’ailleurs de l’autre côté de la frontière, c’est une reconversion en or. Le problème, c’est que leur pouvoir économique ne cesse de croître… et donc leur pouvoir politique. C’est un domaine dans lequel on a la mémoire courte : en France, jusqu’en 1946 et la fermeture des bordels, l’Amical des tenanciers était connu pour graisser la patte des politiques au moment des campagnes électorales.
 
Les Allemands, comme les Néerlandais, ont voulu faire des lois pragmatiques : la prostitution existe, c’est un fait, ils ont donc légiférer pour protéger les prostituées (derrière les fameuses vitrines) et ont ouvert les avenues aux proxénètes. Aujourd’hui, les résultats sont catastrophiques : les milieux criminels se sont emparés du marché, alors que le but était justement de nettoyer la prostitution. Plus il y a de bordels légaux, plus il y a de bordels illégaux. Les milieux criminels parviennent même à infiltrer les bordels légaux en y plaçant des victimes de la traite. On a échoué à nettoyer le milieu de la criminalité et on s’en rend compte aujourd’hui : aux Pays Bas, où les lois ont été votées en 2000, de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que c’était une erreur nationale. Une autre conséquence directe est que le préservatif a presque complètement disparu : dans un secteur compétitif, c’est un argument de vente ! Les clients ne sont évidemment pas testés, et on met ces femmes en danger de mort. Aujourd’hui, en 2015, l’Allemagne dit qu’elle veut rendre le préservatif obligatoire – en réalité, c’était déjà dans les textes.
 
Le client est roi : si, dans le bordel, la prestation ne lui convient pas, il se plaint et la prostituée est prélevée ou renvoyée. Le droit de plainte promis aux prostituées a finalement été donné aux clients. D’ailleurs, devant la justice, lorsque les prostituées victimes ont le courage de porter plainte, le tribunal tranche systématiquement en faveur des tenanciers. La loi voulait faire de la prostitution un métier comme un autre, mais, au final, seuls 4% des prostituées néerlandaises sont réellement inscrites en tant que telles. La majorité pense, comme ici, que c’est une situation provisoire. Elles ne veulent pas être considérées comme des prostituées et préfèrent renoncer aux droits comme la sécurité sociale ou la retraite. C’est une logique de consommation extrême qui a été mise en œuvre : dans les bordels, il existe maintenant des « Happy Hour » pendant lesquels les tarifs sont réduits et des forfaits « tout compris » (nourriture, boisson et sexe) pour 70 euros.
 
Au niveau de l’Europe, aucune législation n’existe sur la prostitution parce qu’il n’y a pas de politique commune. En revanche, les instances européennes qui, jusqu’à récemment, se déclaraient pro-prostitution, ont changé d’orientation. Pendant 30 ans, toutes les instances penchaient vers l’idée qu’il fallait être pragmatique et organiser la prostitution comme un métier classique. Mais, depuis 2014, l’échec néerlandais et allemand a provoqué une prise de conscience : les instances européennes ont compris qu’il ne fallait pas faire prospérer ce marché. Le Parlement et le Conseil de l’Europe ont donc chacun publié un rapport l’année dernière pour encourager une politique de prévention et la pénalisation des clients.
 
L’abolitionnisme pour la protection des personnes prostituées
 
L’amalgame entre abolitionnisme et interdiction de la prostitution est très répandu et entretenu par nos opposants, pour donner de nous une image hyper-répressive. C’est tout le contraire : notre but est que les prostituées ne soient plus du jamais violentées, montrées du doigt, arrêtées, poursuivies, comme elles l’ont été pendant des siècles. Historiquement, ce sont toujours elles qui ont trinqué, encore jusqu’en 2005 avec le délit de racolage de la loi pour la sécurité intérieure de Nicolas Sarkozy. Nous voulons inverser la charge, mettre le client en face de ses responsabilités. La pénalisation du client ne revient pas à interdire la prostitution : si la police survient, la personne prostituée n’aura pas d’amende, elle ne sera pas mise à garde à vue et il lui sera offert, si elle le souhaite, des services vers un parcours de sortie. L’idée que, pour la première fois, ce soit le client et non la prostituée qui soit visé fait scandale. C’est tout le sens du fameux manifeste « Touche pas à ma pute » : certains clients entendent sauver leurs privilèges, leurs droits de disposer des femmes. Lorsque ces mêmes femmes sont victimes de répression, ce qui a été le cas pendant des siècles, ils ne sont jamais intervenus.
 
Aujourd’hui, la traite sexuelle des femmes constitue le plus gros de la traite des êtres humains et elle est galopante. Le but, ce pour quoi tous les textes internationaux plaident, c’est de décourager la demande, pour que les réseaux arrêtent de trafiquer et des violenter les femmes. Il faut faire reculer un système qui engloutit beaucoup trop de jeunes hommes et femmes en état de précarité. Ce n’est pas par amour de la sanction, le but est d’énoncer de nouveaux principes, de faire passer un message à la société : on n’achète pas le corps des gens. Nous avons une volonté de cohérence : il faut lutter contre le proxénétisme, mettre en place un plan social pour les personnes prostituées, introduire une politique de prévention et d’éducation et, au bout de la chaîne, sanctionner les clients.
 
Le modèle des pays scandinaves
 
Nous avons déjà les exemples vertueux de la Finlande, de la Suède et de la Norvège, la répression n’y est pas abominable – ce sont aussi, et ce n’est pas un hasard, les pays les mieux classés du Global Gender Gap Report (le rapport sur l’égalité des sexes). Et les réseaux de trafiquants ne veulent plus de ces pays : pour eux, c’est devenu trop compliqué. Un policier suédois témoignait ainsi dans un colloque d’une écoute téléphonique où des trafiquants expliquaient que c’était devenu impossible pour eux. Il y a eu un véritable effet de découragement au niveau de la traite. On voit déjà le changement de mentalités : en 1999, quand la loi a été votée, la majorité de la population y était opposée. Aujourd’hui, 80% y sont favorables.
 
En France, la proposition de loi qui concerne la pénalisation du client doit être étudiée au Sénat à la fin du mois de mars. Je suis sceptique sur son accueil… mais si l’article disparaît, il réapparaîtra à l’Assemblée nationale. Les députées qui ont porté ce texte ont fait un travail fabuleux, alors qu’elles ont été très attaquées. Elles ont travaillé jour et nuit, elles devaient convaincre tout le temps et elles ont fait avancer les idées, y compris à l’intérieur de l’Assemblée. Même si ce texte ne passe pas, on ne reviendra pas en arrière : le travail qui a été fait ne sera pas effacé et on finira par gagner.
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

Photo du Vériteur

Le Mouvement du Nid

Association 1901 d’utilité publique luttant contre les causes et les conséquences de la prostitution. Le Mouvement du Nid agit pour l’égalité hommes-femmes, lutte contre les violences faites aux femmes, réclame la responsabilisation des "clients" et la suppression du délit de racolage.
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