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Mon combat contre l'alcoolisme... Levons enfin les tabous !

Publiée le 28/09/2012 |
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Révélée par COTTET Laurence |
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Brisons un tabou, de plus en plus de femmes et de jeunes ont un comportement excessif avec l'alcool. Le stress professionnel, la solitude, des souffrances, etc.
Mon combat contre l'alcoolisme: les femmes, les jeunes et l'alcool, brisons un tabou ! Cette maladie touche tous les milieux, du plus populaire au plus bourgeois et toutes les intelligences. Mais on peut s’en sortir ! L’important est avant tout d’en parler et de témoigner.
 
Le 19 septembre 2013, la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie) a dévoilé les orientations du Plan quinquennal de lutte contre les toxicomanies, dont l'ALCOOL en hausse chez les jeunes et les femmes.
 
Le « binge-drinking » a depuis quelques années traversé la Manche. La consommation d’alcool est en augmentation, « surtout chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans » note la MILDT. Au total, ce sont 3,8 millions de Français qui ont une « consommation à risque ». Inquiétante aussi l’analyse de la consommation chez les femmes enceintes révèle que 22,8% des femmes qui attendent un enfant boivent au moins une fois de l’alcool pendant leur grossesse.
 
Chez les jeunes, la consommation d’alcool des petits Français se situe au-dessus de celle de leurs voisins européens : « 60% des jeunes de 17 ans ont déjà été ivres. Et 50% ont connu une alcoolisation ponctuelle importante. »
 
Pourquoi je continue à parler de ce sujet ?
 
Je m'appelle Laurence Cottet alias Constance Larsen, le nom de plume de mon premier roman intitulé « Le livre à écrire » qu'il fallait oser écrire sur ma vie d'alcoolique. Dans ce livre, j'évoque des souffrances qui peuvent se cacher derrière l'alcool. J'ai accepté de témoigner sur TF1 à visage découvert (« Sept à huit » du 3 février, « Le portrait de la semaine » de Thierry Demaizière et Harry Roselmak), pour alerter sur ce thème de l'alcoolisme qui touche tous les milieux sociaux. Et de plus en plus de femmes, du fait notamment, de l'augmentation des familles monoparentales. Les jeunes sont également de plus en plus concernés par l'abus d'alcool : le « binge drinking » ou la « biture express » des week-ends et parfois en semaine. Une quête de l'ivresse ponctuelle et violente. J'en parle dans la vidéo mise en ligne sur ce site. Selon un récent rapport de la Société Française d’alcoologie, les hospitalisations dues à l'alcool et à l'ivresse ont bondi de 30% en trois ans !
 
Pourquoi témoigner à visage découvert ? Tout simplement parce qu'il ne faut pas avoir HONTE de cette maladie. Ne pas culpabiliser. Et en parler, cela m'aide à garder une abstinence à vie dans une société où « l'alcool est festif » Cela responsabilise également mon entourage, mes amis, mes proches qui donc connaissent aujourd'hui ma maladie et qui, le sachant, m'aident à ne pas rechuter. Que mon exemple puisse encourager des malades de l'alcool ainsi que leur entourage. Et que mon exemple puisse également alerter !
 
Dans mon parcours solitaire de dix années de dépendance à l'alcool, cette drogue, j'ai malheureusement souffert du manque de structures d'accueil adaptées à ma maladie. J'en parle ouvertement sur TF1, en regrettant cette situation. Et les chiffres sont là : en France, environ cinq millions de personnes ont un problème avec l'alcool, dont 1,5 million réellement dépendantes et 3,5 millions souffrant de consommation excessive. Or, à peine 6 000 lits d'alcoologie existent pour accueillir ces malades... Et lorsque vous arrivez aux urgences dans un coma éthylique, après le dégrisement, souvent aucun suivi psychologique n'est proposé, faute de moyen. Vous repartez souvent chez vous complétement démuni face à la maladie.
 
Je témoigne sur les pratiques addictives au travail dont l'alcool « à col blanc ». Celui qui se conjugue aussi au féminin... Celui qui touche la femme dans sa dignité, à l'émission de Claire Hédon, « Priorité Santé » le 1er mai sur Radio France Internationale. Ces drogues sont principalement l'alcool, le tabac, le cannabis et la cocaïne, ainsi que les psychotropes (lorsqu'on dépasse les prescriptions médicales).
 
Pas un jour sans que l'on nous parle des drogues, notamment du tabagisme (73 000 morts par an) et de l'alcoolisme (49 :000 morts par an). Notamment pour l'alcool, du baclofène qui va sans doute recevoir une Recommandation Temporaire d'Utilisation. C'est bien, il faut parler de tous cela et informer sur les risques, surtout quand on a cette très grande chance de s'en être sortie !
 
Quelques chiffres
 
La consommation d'alcool en France et en Europe est un phénomène social et culturel mais aussi un problème majeur de santé publique. Consommé de façon régulière et à haute dose, l'alcool tue près de 49 000 personnes par an dans l'hexagone. (mars 2013).
 
Synonyme de convivialité et incontournable pour faire la fête entre amis, l'alcool est, pour certaines femmes, devenu une habitude alimentaire. Pour d'autres, il est souvent utilisé comme anxiolytique et antidépresseur. Alors, art de vivre ou véritable drogue ? Sachez que l'alcoolisme est la seconde cause de mortalité évitable en France.
 
Les chiffres en France (Rapport « Drogues et addictions, données essentielles », mai 2013, OFDT) :
- Un français sur dix consomme quotidiennement de l’alcool, soit parmi les 11-75 ans, en 2011, 8,8 millions de personnes ;
- 5 millions de personnes ont des difficultés médicales, psychologiques ou sociales liées à l’alcool ;
- 1,5 million d’entre elles sont dans la dépendance et 3,5 millions souffrent de consommation excessive. Un million se soignent de cette drogue ;
- un tiers des tués de la route sont des jeunes entre 15 et 24 ans et l’alcool intervient dans un cas sur trois. C’est la première cause de mortalité dans cette tranche d’âge ;
- près de 49 000 décès étaient dus à l’alcool en 2009, 36 550 chez les hommes et 12 450 chez les femmes. Soit 135 morts par jour !
 
L’alcool a aussi une place importante dans le monde du travail. Si boire de l’alcool est un droit relevant de la liberté individuelle, un employeur a des obligations en matière de protection et de sécurité des salariés. L’alcool au travail est un risque professionnel comme un autre et est la première des substances consommées dans l’entreprise, suivi des médicaments psychotropes et des stupéfiants, dont le cannabis.
 
Les occasions de boire de l’alcool au bureau sont nombreuses : pots, fêtes de fin d’année, repas d’affaires, etc., auxquelles se rajoutent bien souvent les pots « clandestins ». Dans le monde du travail, le risque-alcool est soit sous-estimé, voire totalement ignoré, soit tabou. Selon l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie), 5% des salariés sont abstinents, 8% sont alcoolo-dépendants et 16% sont des buveurs excessifs, menacés un jour ou l’autre de basculer dans la catégorie des 8%.
 
Mon témoignage dans Le livre à écrire
 
C'est ma propre expérience de l'alcool que je révèle. Cette addiction que j'ai connue. Lors de mes consultations médicales d'alcoologie pour femmes, j’ai pu constater que c'est la HONTE qui émerge. Le secret et la très grande solitude… Tolérée pour les hommes, l'addiction à l'alcool pour une femme ne l’est pas.
 
Le mot qui revenait le plus souvent dans ma bouche était la honte de mon état. Celle qu'éprouvent ces femmes qui peuvent vite être croquées de « pochtronnes »... alors on culpabilise et on boit pour oublier… et on le fait en cachette, loin des regards.
 
Même s'il en est pour s'en défendre, le tabou est bel et bien là ! Ce phénomène alarmant touche environ 10% de la population féminine, avec une consommation régulière d'alcool, à raison de plus de trois fois par semaine. Et oui, ce petit penchant du soir... que je n'ai plus su gérer... au fil du temps et de cette solitude devenue trop pesante.
 
Mais j’ai surtout continué à boire au travail, avec d’autres femmes qui souvent présentent des profils professionnels avec des postes à responsabilités. Les déjeuners d'affaires qui se répètent, les pots au bureau, les déplacements professionnels et les soirées en « open bar ». Et ensuite l’alcoolisation chez soi, seule, à l’abri des regards. Et personne pour en parler, tellement on a honte.
 
Le code du travail
 
Les articles L. 232-2, R. 232-3 et R. 232-3.1 et L. 232-3 disposent :
« Il est interdit à toute personne ayant autorité sur les ouvriers et employés de laisser introduire ou distribuer toute boisson alcoolique autre que le vin, la bière, le cidre, le poiré, l’hydromel. »
« Il est interdit à toute personne ayant autorité de laisser entrer ou séjourner dans les établissements des personnes en état d’ivresse. »
 
Pour moi, ces dispositions sont obsolètes car la législation distingue les « bons » alcools des « mauvais ». Or j’ai appris à boire avec le vin et le champagne lorsqu’il y en avait et il y en avait souvent puisque c’est permis.
 
La prise en charge globale de l'alcoolisme
 
La dépendance à l'alcool se soigne. Par la parole, l’écriture, les témoignages en sachant qu’aujourd’hui, ce sujet ne doit plus être tabou.
 
La prise en charge est d'ordre médico-psychologique. Lors de ma première consultation, on a démarré une thérapie qui m’a sauvée. Une fois sortie du déni, le déclic a eu lieu, et le sevrage s’est opéré en douceur. Mais il faut beaucoup de volonté et de chance aussi.
 
Aujourd’hui, en toute humilité, je parle de cette maladie et je témoigne dans mon premier roman, Le livre à écrire. Il est possible d’écouter en podcast l’histoire de Constance dans l’émission d’Europe 1 ; « Les experts : changer de vie, reprendre sa vie en main » de Roland Pérez, le 22 août 2012, en partenariat avec le magasine Psychologies.

Les jeunes et le « binge drinking »
 
J’accorde une importance particulière à mon témoignage pour les jeunes car à leur âge, je buvais déjà immodérément, sans connaître et surtout sans comprendre les risques d’une dépendance.
 
Le « binge drinking » est un terme anglo-saxon que l’on peut définir comme étant « une conduite d’alcoolisation massive dans un temps très court » connu également sous le terme « d’intoxication alcoolique aiguë », de « biture express » ou encore, de « défonce express ». Il s’agit d’une consommation frénétique avec une recherche intentionnelle et organisée d’ivresse. Souvent en groupes, les jeunes peuvent ainsi se saouler entre eux, par jeu. Dans un lieu privé ou sur la voie publique, au vu et au su de tous. Ils ingurgitent en un minimum de temps des alcools forts et des prémix (mélanges d’un alcool et d’une boisson alcoolisée, un soda le plus souvent, préparés à l’avance). Dans la majorité des pays, ce phénomène est essentiellement masculin, sauf au Danemark, en Finlande et surtout au Royaume-Uni, où les filles sont plus nombreuses à s’enivrer que les garçons. Ces dernières le font surtout par peur de se faire exclure du groupe et donc par mode.
 
C’est généralement la consommation en une seule occasion de cinq verres ou plus pour les hommes et de quatre verres ou plus pour les femmes. Cette consommation excessive, ponctuelle, festive et violente n’expose pas aux mêmes dangers que la consommation régulière d’alcool. La perte de contrôle, les comportements violents et impulsifs peuvent se révéler dangereux pour les autres mais également pour soi. Au-delà des accidents de la route ou de sport, la personne alcoolisée devient la victime idéale de rixes, de manipulations et de violences physiques, morales ou sexuelles. Ces excès peuvent également sensibiliser sur le long terme le cerveau aux effets de l’alcool et des complications médicales graves peuvent survenir lors de ces intoxications aiguës : coma éthylique, décès dans certains cas exceptionnels, traumatismes, troubles respiratoires, etc.
 
Mon expérience de la « biture express »
 
Plusieurs remarques me viennent à l’esprit par rapport à ce phénomène alarmant de « biture express » et qui concernent ma propre expérience.
 
Dès l’adolescence, à quinze ans, mes week-ends étaient déjà bien arrosés et enfumés. Mais différemment, au cours de longues soirées en groupes, assise au bar de bistrots et de clubs privés. En compagnie de copains et copines bien plus âgés que moi et plutôt argentés, je sirotais à la paille des cocktails sucrés qui le plus souvent m’étaient offerts, des mélanges sirupeux préparés à l’avance et dénommés perroquet, bakardi-coca, cardinal ou toutes sortes de punch versés à volonté. Toujours à base d’alcools forts comme du whisky, de la vodka, du rhum… Ces cocktails « maison » fortement aromatisés étaient les prémices des prémix et des alcopops d’aujourd’hui. Je les buvais comme du petit lait.
 
Après des heures à refaire le monde, enlacés, roulant dans l’herbe, on se couchait à l’aube, trop souvent ivres. Ma tête tournait et me laissait éveillée. Elle terminait souvent à l'envers dans la cuvette des toilettes. Les réveils des samedis et dimanches en fin d’après-midi étaient douloureux, nauséeux, ombrageux. Mais qu’importe, on avait fait la fête, on avait bien rigolé. Avec certes, une barre dans la tête et une gueule de bois, qu’à peine vingt-quatre heures de repos suffisaient à rétablir.
 
J’étais jeune et insouciante à l’époque, très mal dans ma peau et bourrée de complexes. J’étais la « chiotte » du groupe et fière de l’être. Avec eux je me sentais adulte et mature et donc je fumais également lorsqu’une cigarette était offerte. J’étais influençable, malléable avec le goût du risque et des sensations fortes dans les veines. Déjà, je buvais à l’excès pour faire comme les autres. C’est donc toujours cette quête identitaire qui me poussait à boire, exactement comme celle que j’ai connue ensuite, dans le milieu professionnel, entourée d’hommes
 
Je suis aujourd’hui persuadée qu’à cet âge, à l’adolescence donc, par ignorance, je programmais mon cerveau à la dépendance sans avoir été prévenue par qui que ce soit. En effet, des travaux récents indiquent que l’exposition à l’alcool à un stade précoce du développement, notamment pendant l’adolescence, voire in utero, augmente le risque de devenir dépendant. Une initiation de la consommation dès l’âge d’onze ou douze ans, multiplie par quatre ou cinq le risque de développer la maladie par rapport à une initiation vers dix-huit ans. Le résultat de l'étude sur l'alcoolisme chez les jeunes (« Alcool et santé : bilan et perspectives », inserm.fr) est sans appel : deux jeunes sur cinq au lycée ont déjà été ivres, ainsi que dans les collèges, c'est-à-dire, dès l’âge de quatorze ans... On remarque que l'entourage ne sait pas se comporter par rapport à cela. On dit : « Il faut que jeunesse se passe » sans penser aux conséquences ultérieures. Et moi aujourd’hui, je sais ! Et vous aussi, maintenant, vous savez !
 
 Je sais aujourd’hui qu’à la fin de la période critique de la maladie, c’est la biture express que l’on recherche. Seule, volontairement isolée chez soi, en cachette, comme je l’explique sur la vidéo. Sauf que ce n’est pas ou plus un jeu tellement on souffre. C’est une réelle dépendance, une drogue qui peut être mortelle. Ce terrain de la dépendance, je l’avais donc labouré dès l’âge de mes quinze ans. Je témoigne donc pour les jeunes sur ce que j’étais, à la fin. Heureusement, depuis quelques années des campagnes de prévention les alertent sur les effets d’une consommation excessive et violente d’alcool, notamment à long terme
 
Approfondissez vos réflexions
 
En tant que jeune, êtes-vous interpellé par mon témoignage ? Participez-vous également à ces soirées festives d’alcoolisme aigüe ?
Avez-vous déjà subi un coma éthylique ? Si oui, quels sont vos souvenirs ?
Ne devez-vous pas en parler à quelqu’un ? A un médecin, un psychologue, un consultant ou un alcoolique abstinent ?
Souffrez-vous déjà d’une dépendance à l’alcool ? Des conséquences ? N’avez-vous pas intérêt à vous séparer de lui ?
 
Je le répète : je ne savais pas qu’à quinze ans, j’hypothéquais déjà mon cerveau à la dépendance de ce qui deviendra plus tard et très vite une véritable drogue.

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Le Vériteur

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COTTET Laurence

De formation juridique et sciences humaines, j'écris des romans et biographies. Je donne également des conférences sur certains thèmes traités dans mes livres. Je vis à Crest, dans la Drôme et suis avocate de formation. "Le Livre à écrire" est mon premier roman.
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