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Recherche logement désespérément , histoire réelle d'une vraie galère

Thème : Société, Logement
Publiée le 03/08/2012 |
10078 | 5
Révélée par La CGL |
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Des appartements vides, des familles à la rue, la CGL intervient

La recherche d’un appartement à Paris peut rapidement se transformer en véritable casse-tête. Le marché immobilier parisien disposant de beaucoup moins d’offres de biens à louer que de demandes, la location est devenue pour le particulier un parcours du combattant. Magalie, active de 27 ans en a fait l’amère expérience et a bien voulu confier ses impressions à la Confédération Générale du Logement.

Ayant fini ses études dans le sud de la France, cette jeune montpelliéraine fraîchement diplômée décide de monter à la capitale. Après avoir trouvé un poste en tant que secrétaire dans une société d’informatique du 20ème arrondissement, elle se lance à la recherche de son futur logement. Elle était loin d’imaginer alors les difficultés et obstacles qu’elle allait devoir traverser.

Comme pour toute recherche de location, la première étape pour Magalie consiste à découvrir les appartements à louer dans les différents quartiers parisiens. Pour cela, il suffit de frapper aux portes des agences immobilières et de consulter consciencieusement les principaux sites d’annonces tels que « le bon coin », « PAP » (De Particuliers à Particuliers), « se loger » ou  « Paruvendu », une pratique simple mais qui réserve également son lot de surprises. Entre les annonces mensongères, les bailleurs sans scrupules, les marchands de listes, les numéros surtaxés (08…), la concurrence nombreuse et les intermédiaires louches, Magalie ne s’attendait pas à jouer des coudes dans cette « jungle immobilière ».

Dès les premières annonces, les arnaques commencent. Magalie déniche sur le site « le bon coin » un petit appartement plein de charme et décide de prendre contact au plus vite avec le propriétaire. Le rendez-vous est pris. Surprise, le jour de la visite elle est accueillie par le locataire en place qui joue à l’agent immobilier et lui demande une « commission » de 300€ pour service rendu si son dossier est accepté. Bien entendu, elle ne donnera pas suite.

Une semaine plus tard, une autre annonce alléchante éveille les soupçons de Magalie, elle appelle le propriétaire qui  « malheureusement » réside à l’étranger et ne peut se déplacer. Il lui propose alors une solution et lui demande pour réserver l’appartement d’envoyer par mandat cash la modique somme de 500€ à M. « X » son soi-disant notaire. Une fois le paiement effectué elle pourra alors par le biais du notaire signer le contrat de bail. Le piège est trop gros, la jeune femme se désiste.

Sur l’ensemble de ses visites, Magalie retient l’état général plutôt déplorable des biens qui lui sont proposés par les bailleurs. Certains lui offrent même de mettre la main à la pâte et d’effectuer elle-même les travaux (peinture, électricité…) puis de la rembourser…

Autre problème, Magalie est jeune, ne gagne « que » 1230 euros par mois et est titulaire d’un contrat à durée déterminée, 3 points qui ne jouent pas en sa faveur malgré un garant solide. Si on suit la logique financière immobilière actuelle : salaire = 3 X loyer, notre jeune diplômée dispose donc d’une enveloppe théorique de 400 € charges comprises pour trouver à se loger. Une aberration quand on sait que depuis le début de ses recherches en février 2012, sur les 20 appartements visités (entre 9 et 15m²) les loyers se situaient en moyenne plutôt autour de 580€. Un illogisme contreproductif aussi bien pour le locataire que le propriétaire puisque pour avoir accès à la GRL (Garantie des Risques Locatifs), les assurances se basent sur cette fameuse équation salaire = 3 x loyer : c’est le serpent qui se mort la queue…

Pour mettre toutes les chances de son côté, Magalie a même déposé son dossier dans différents organismes aidant les jeunes travailleurs  en leur proposant des logements dans des résidences conventionnées, mais la liste des dossiers à traiter est longue. En février, l’administration traitait les dossiers déposés en septembre. Même problématique pour le logement social. Dans son malheur, Magalie a la chance d’être hébergée dans une location étudiante chez une amie qui l’accueille en toute illégalité dans son 17 m² dans le 93 à Saint Denis.

Aujourd’hui, après 4 mois de prospection, la jeune femme habite un joli 35m² dans le 12ème arrondissement rue Crozatier, un logement propre, bien situé et paie un loyer très raisonnable de 560 euros. Une occasion en or qui lui a été proposée par ses relations. Cette situation n’est malheureusement que temporaire puisque Magalie est en sous-location atypique (sans contrat) pour une durée d’à peine 5 mois… Une courte pause juste avant de replonger dans les méandres du marché locatif parisien en espérant trouver cette fois -ci un logement digne et dans ses moyens où elle pourra enfin emménager.

Le cas de Magalie est malheureusement typique des problématiques rencontrées par les jeunes travailleurs en quête d’une location. Ils se heurtent en premier lieu à la méfiance des propriétaires et des professionnels de l’immobilier à l’égard du dossier des candidats jugé souvent trop peu fiable. Cet exemple met le doigt sur toutes les subtilités, les dangers et les incohérences du monde de la location immobilière : pénurie de logements, loyers abusifs, discrimination, arnaques et bien entendu intrinsèquement toutes les faiblesses législatives dans la protection du consommateur. Mais dans quel monde vivons-nous ?

Le Vériteur

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La CGL

La CGL (Confédération Générale du Logement) est une association loi 1901, à but non lucratif, créée en 1954 à l’initiative de l’Abbé Pierre. C’est une association nationale de consommateurs qui aide, regroupe et représente les locataires, copropriétaires, accédants à la propriété et tous ceux qui...
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