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Restauration collective : quand la norme devient énormité

Publiée le 07/10/2013 |
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Révélée par L214 |
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En France, la réglementation impose aux cantines de servir aux enfants des produits d'origine animale à chaque repas.
Un modèle alimentaire discriminant et désastreux pour la planète.

Depuis le 30 septembre 2011, une réglementation impose une surconsommation de produits d’origine animale dans les restaurants scolaires : chaque menu servi doit comporter un plat principal à base de protéines animales et un produit laitier. Le 30 janvier 2012, la portée de cette réglementation a été partiellement étendue par décret à la restauration universitaire et pénitentiaire.

Ces dispositions pèchent par l’imposition à tous d’un modèle alimentaire désastreux et par leur caractère discriminatoire envers une partie des usagers. L’équilibre alimentaire peut être assuré de multiples manières, avec beaucoup, peu ou pas de produits d’origine animale, pourvu que les apports en nutriments nécessaires à la santé soient assurés. Pourtant, c’est sous prétexte d’équilibre alimentaire que ces normes rigides ont été imposées.
 
Un modèle alimentaire immoral
 
Cette réglementation érige en norme :
- des habitudes alimentaires que la planète ne suffirait pas à satisfaire si elles devaient se généraliser à tous les humains :
- un mode de consommation qui ne peut perdurer qu’en maintenant en place les systèmes actuels d’élevage et de pêche industriels, dont le coût est démesuré en terme de souffrance animale et d’atteinte à l’environnement.
 
Par ces textes, interdiction est donc faite aux restaurants scolaires d’évoluer vers une alimentation durable et solidaire.
 
Des menus discriminatoires
 
Les menus imposés par ces textes excluent de la restauration scolaire une partie des usagers – ou ne leur laissent d’autre choix que de se contenter d’un repas incomplet, en mettant de côté la viande, le poisson, les œufs ou les produits laitiers.
 
Parmi les usagers lésés, on compte évidemment les enfants de familles végétariennes ou véganes, mais aussi ceux de familles demandeuses de repas sans viande pour raisons religieuses ou profondément engagées dans le choix d’une alimentation moins riche en protéines animales pour des raisons écologiques ou humanitaires.
 
Alimentation responsable contre conflits d’intérêts
 
Un modèle alimentaire riche en produits d’origine animale n’est ni éthique ni durable : dommages environnementaux, conséquences sanitaires et sociales… Mais jusqu’à présent, l’Etat se préoccupe surtout des filières de productions animales.
 
En France, les animateurs du Centre d’Information des Viandes (CIV, une émanation des filières de production) sillonnent les établissements scolaires et inculquent aux enfants que c’est la viande qui apporte les protéines. De même, les recommandations qui ont inspiré le décret du 30 septembre 2011 ont été émises par le Groupement d’Etude des Marchés en Restauration Collective et de Nutrition (GEM-RCN), un organisme dont  certains des membres travaillent chez Nestlé ou pour le Syndicat des entreprises françaises des viandes…
 
Notre lettre au Premier ministre
 
Le 12 avril dernier, l’Association végétarienne de France, L214, One Voice et l’Initiative citoyenne pour les droits des végétariens ont donc adressé un courrier à Jean-Marc Ayrault demandant l’abrogation du décret et de l’arrêté du 30 septembre 2011. Il est resté sans réponse.
 
Dans sa politique de l’alimentation, le ministère de l’Agriculture confond aujourd’hui l’intérêt général et la défense des filières de productions animales. À l’heure où la vigilance envers les conflits d’intérêts est de mise, les associations signataires espèrent que le gouvernement leur prêtera une oreille attentive. Elles appellent les pouvoirs publics à prendre sérieusement en compte les enjeux globaux liés à l’alimentation.

Le Vériteur

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L214

L214 Éthique & Animaux est une association loi 1901 centrée sur les animaux utilisés dans la consommation alimentaire (viande, lait, œufs, poisson), s'intéressant à leurs conditions d'élevage, de transport, de pêche et d'abattage.
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