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Foie gras : stop à la pratique cruelle du gavage !

Publiée le 09/12/2014 |
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Révélée par L214 |
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Nécessaire à la production du foie gras, le gavage n’en est pas moins cruel pour les animaux. Il est d’ailleurs interdit dans la plupart des pays du monde.
En France, 36 millions de canards sont gavés chaque année. Notre pays est très largement le premier producteur de foie gras au monde : il représente 72% de la production mondiale. Viennent ensuite la Bulgarie et la Hongrie avec environ 10% et 8%. Le foie gras provient des canards à 97% et des oies à 3%.
 
Ce produit bénéficie encore d’une image d’Epinal : on imagine une grand-mère qui élève ses canards dans sa cour et les gave « gentiment ». En réalité, au moins 90% de ces canards sont enfermés dans des cages collectives ou individuelles où ils ne peuvent même pas étendre leurs ailes. Et, même dans les cas d’élevages plus traditionnels, le gavage reste une réalité.
 
La « recette » du foie gras : le gavage
 
Le gavage est une étape indispensable pour obtenir un foie gras. Il s’agit d’enfoncer un embuc, une sorte d’entonnoir, dans le jabot de l’animal afin d’y propulser une quantité de nourriture qu’il n’avalerait jamais spontanément. Les agriculteurs utilisent un appareil électrique ou une pompe hydraulique pour propulser la quantité de nourriture souhaitée en un temps record – une minute pour l’appareil électrique, trois ou quatre secondes pour la pompe hydraulique.
 
La période du gavage dure dix à douze jours durant lesquels les canards et les oies sont respectivement gavés deux et trois fois quotidiennement. La quantité de nourriture évolue au fil des jours : on considère qu’à la fin de cette période, elle atteint un kilo à chaque gavage.
 
Le foie gras, un organe malade
 
Le but du gavage est de multiplier la taille du foie par dix, jusqu’à ce qu’il écrase tous les autres organes. Il s’agit en fait de déclencher une stéatose hépatique, un dérèglement du foie qui n’arrive plus à réguler le transport des graisses. Les agriculteurs arguent souvent que le foie gras est un procédé naturel, ce qui est complètement faux.
 
Dans la nature, les canards se gavent avant de migrer pour faire des réserves d’énergie, mais les quantités sont moindres et les graisses sont stockées dans les tissus périphériques, non dans le foie. Cet argument est d’autant plus erroné que l’espèce de canard utilisée pour le foie gras aujourd’hui n’a jamais été migratrice. D’autre part, lorsqu’ils vont migrer, les canards sont capables de marcher et de voler. Les oiseaux en fin de gavage sont, eux, dans un état lamentable.
 
Les conséquences d’une pratique violente sur les animaux
 
Le processus de gavage est extrêmement douloureux pour l’animal. D’abord, le passage de l’embuc peut créer des lésions, comme le déchirement du jabot, et déclencher des candidoses. Comme les oiseaux sont gavés les uns après les autres, la maladie se transmet. Un empoisonnement du sang, l’entérotoxémie, fait également partie des causes de mortalité. Aujourd’hui, neuf fois plus de canards meurent pendant le gavage que dans la période qui précède.
 
Le gavage les fait énormément souffrir : ils halètent et essaient de régurgiter. On voit qu’ils essaient de se cacher pour y échapper, contrairement à un autre mensonge de la filière qui répète qu’ils aiment ça. Si c’était le cas, il ne serait pas nécessaire de les enfermer dans des cages.
 
Le gavage vu comme un acte de cruauté à l’étranger
 
Depuis l’étranger, notre production de foie gras est vraiment vue comme un acte de cruauté. La plupart des autres pays du monde ont explicitement interdit le gavage des animaux par des lois spécifiques. L’Autriche et le Danemark interdisent par exemple complètement le gavage en dehors des raisons de santé.
 
Certains pays ont arrêté la production du foie gras, comme la Pologne (qui a été cinquième producteur mondial) ou l’Italie pour l’Europe. Plus loin, Israël, qui est pourtant l’un des berceaux du foie gras, a interdit le gavage en 2005, expliquant que les besoins de l’agriculture ne devraient pas compter davantage que la protection des animaux. A l’époque, c’était le troisième plus gros producteur de foie gras au monde.
 
Une pratique à l’encontre des recommandations européennes
 
Une directive européenne de 1998, depuis transposée dans le droit français, affirme qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ». Le foie gras entre pleinement dans cette catégorie. Les souffrances induites par le gavage ont été prouvées par un rapport du Comité scientifique de la Commission Européenne de la santé et du bien-être des animaux.
 
Depuis la publication de cette recommandation, le gavage des animaux est donc interdit… sauf dans le pays qui le pratiquent – la France et quatre autres pays européens. En France, un amendement est même passé en 2005 déclarant que le foie gras était obligatoirement obtenu par gavage. Pour le moment, la tradition et les intérêts économiques (l’interprofession du foie gras est très importante) restent donc les plus forts.
 
Les actions de L214
 
Nous avons porté plainte à plusieurs reprises auprès de la Commission Européenne : d’abord sur le gavage en lui-même, mais également sur les cages individuelles des canards qui sont interdites depuis le 1er janvier 2011. Nous avons également porté plainte pour cruauté envers les animaux contre un producteur de foie gras en Vendée. De son côté, il a porté plainte contre nous pour des « dégradations légères » – il nous accuse, à tort, d’avoir fait des trous dans un mur d'une de ses salles de gavage. Le procès devait avoir lieu le 11 septembre 2014, il a été reporté au 22 janvier 2015.
 
Nous diffusons régulièrement des enquêtes sur les différents types de foie gras : celui des groupes industriels, celui de la production des chefs. La semaine dernière, nous avons remonté la filière d’approvisionnement de l’Elysée et, prochainement, nous allons révéler celle sur le foie gras en vente directe écoulé sur les marchés. Dans tous les cas, on tombe sur les mêmes conditions de production.
 
Durant tout le mois de décembre, nous organisons des actions dans la rue pour sensibiliser les consommateurs à l’approche des fêtes. On sent une vraie prise de conscience vis-à-vis de ce produit. Un sondage réalisé l’an dernier révélait déjà qu’un tiers des personnes interrogées (sur 1000 représentatives de la population) disaient refuser d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques.
 
Pour obtenir le soutien de la population, nous avons mis en place une pétition, en ligne et sur papier. Le but est de cumuler suffisamment de signatures pour l’amener devant la Commission Européenne. Rien que sur Internet, la pétition recueille déjà 60 000 signatures.
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

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L214

L214 Éthique & Animaux est une association loi 1901 centrée sur les animaux utilisés dans la consommation alimentaire (viande, lait, œufs, poisson), s'intéressant à leurs conditions d'élevage, de transport, de pêche et d'abattage.
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