Toutes les Vérités > Enquête sur la viande de cheval consommée en France

Enquête sur la viande de cheval consommée en France

Publiée le 12/06/2014 |
12002 | Réagir |
Révélée par L214 |
1
Signez la pétition

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Que savons-nous réellement de la viande de cheval que nous consommons ? L214 a enquêté sur les chevaux importés d’Amérique.
Malgré la forte réprobation sociale de l'hippophagie, la consommation de viande chevaline en France est estimée aujourd'hui aux environs de 30 000 tonnes par an, soit moins de 0,5 kilo par habitant. Au moins 60% de cette viande importée en France provient du continent américain (plus de 9 000 tonnes par an) qui fournit également l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse.
 
Tierschutzbund Zürich (TSB/AWF), Animals'Angels USA, GAIA, Eyes on Animals et L214 ont mené, en 2012 et 2013, une vaste enquête au cœur de ce marché mondialisé aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, en Uruguay et en Argentine, principaux pays fournisseurs de viande de cheval des supermarchés français. Une équipe internationale investie dans la défense des animaux s'est intéressée à tous les points-clé de la filière de viande chevaline : sur les marchés aux enchères, dans les stations de collecte, dans les enclos d’exportation, aux frontières, aux points de contrôles vétérinaires, dans les feed lots (parcs d’engraissement) et dans les abattoirs.
 
Les conclusions de l'enquête, rendues publiques en mars de cette année dans plusieurs pays simultanément, sont accablantes : des chevaux maltraités, transportés sur des milliers de kilomètres et une traçabilité impossible qui rend le volet sanitaire douteux.
 
Le calvaire des chevaux « de réforme » vers l'abattoir
 
Les chevaux destinés à l'abattage sont des chevaux indésirables, devenus inutiles ou encombrants, des animaux ayant servi toute leur vie et arrivés en fin de carrière (sport, travail ou loisirs). En Argentine, un réseau de bandes organisées, de vétérinaires et fonctionnaires corrompus fait que des animaux volés sont souvent abattus pour satisfaire la demande européenne de viande de cheval.
 
Les images d'enquête montrent des chevaux en souffrance, émaciés, malades ou blessés, pouvant s’échanger pour 5 ou 9 dollars sur les marchés aux enchères américains. Un long et interminable calvaire semble commencer, pour un grand nombre de ces chevaux, à partir du moment où ils entrent sur le marché de la viande et jusqu'à leur mise à mort.
 
Les enclos
 
Avant leur commercialisation comme viande la moins chère, les chevaux sont souvent gardés dans des enclos surpeuplés, sales, sur un sol saturé d'urine, de purin et de boue, dans des lieux inadaptés pour leur comportement naturel. Il arrive qu'ils soient en état de malnutrition : obèses et gavés des céréales (Canada) ou, au contraire, affamés (Texas, Nouveau Mexique).
 
Souvent, ils n'ont aucun abri, aucune issue pour se protéger des intempéries. Dans une chaleur extrême (comme au Mexique) ou sous la neige (en hiver, les températures peuvent descendre jusqu'à -30°C au Canada), la plupart de ces animaux se trouvent dans un état déplorable : blessés, affaiblis, agonisants, présentant des plaies ouvertes, des fractures des pattes, des maladies contagieuses, des sabots douloureux et rongés par des infections, et ne reçoivent aucun soin vétérinaire.
 
Aucune euthanasie ne viendra soulager leur calvaire : certains s'éteignent lentement parmi leurs congénères, et leurs cadavres se décomposent à ciel ouvert. Des juments périssent en mettant bas, en plein milieu de feed lots.
 
Le transport
 
Lors de chaque embarquement en vue de trajets parfois interminables, on les manipule brutalement, on les frappe, on les pousse à coup de bâtons, de fouets et de cordes ou à l'aide de chiens les effrayant et les mordant, vers des véhicules inadaptés à leur transport.
 
Un comparatif des normes concernant la protection des chevaux pendant les transports de longue durée (plus de 8 heures) met en lumière l'impossibilité de garantir un minimum de protection à ces chevaux :
  • Le temps de transport maximum avant déchargement est limité à 24 heures en Europe, 18 heures au Mexique, tandis qu'il va jusqu’à 28 heures aux Etats-Unis et jusqu’à 36 heures au Canada et en Argentine. En Uruguay, il n'y pas de limite légale pour la durée du transport.
  • En ce qui concerne l’eau et la nourriture en cours de transport, la législation européenne prévoit l'abreuvage et l'alimentation des animaux toutes les huit heures, tandis que, dans les autres états concernés par le transport des chevaux de boucherie (Argentine, Canada, Mexique, Uruguay, USA), il n’y a aucune obligation à ce sujet : les chevaux restent sans abreuvement ni nourriture pendant toute la durée du transport.
  • Il en va de même pour le toit et la ventilation pendant le transport : si, en Europe, ils sont obligatoires, cela n'est pas le cas dans les autres pays.
  • La situation est identique quant aux stalles individuelles et à la séparation entre les chevaux : uniquement les lois européennes les exigent. Elles éviteraient pourtant aux chevaux tombés à terre de se faire piétiner par les autres.
 
Ces différences législatives amplifient la violence ordinaire que subissent les animaux en route vers la mort : les chevaux peuvent légalement être transportés pendant 36 heures dans des bétaillères sans ventilation, sans séparation, voire sans toit. Les images de l'enquête l'attestent abondamment : on y voit des chevaux entassés dans des camions, déshydratés et épuisés par des voyages très longs et éprouvants ; des chevaux subissant des décharges électriques au travers des barreaux des camions scellés, pour les forcer à se relever ; des chevaux se heurtant aux portes trop basses et trop étroites ; des chevaux restés enfermés pendant des dizaines d’heures par tous les temps, privés d’eau et de nourriture ; des chevaux gisant au sol dans les véhicules, piétinés par les autres ; des chevaux mourants ; des chevaux maintenus, lors d’un passage de frontière, à des températures de plus de 40°C, dans une bétaillère scellée empêchant le chauffeur de venir en aide aux animaux tombés à terre.
 
Si les abattoirs où ils arrivent sont agréés par l’Union européenne, cela n’implique pas que les procédures de transport dans les pays tiers soient en conformité avec la réglementation européenne ou qu'elles répondent aux moindres exigences en termes de bien-être animal. Des nombreux chevaux meurent pendant ces épouvantables périples.
 
L'abattage
 
A l'abattoir, les chevaux sont déchargés sur un sol glissant, à la va-vite, brutalisés et effrayés. Certains se trouvent parfois – comme l'enquête le montre en Argentine – dans un état maladif devant imposer, « normalement », une euthanasie qui n'est pourtant pas pratiquée.
 
Manipulés violemment, avec des aiguillons électriques (instruments interdits d'utilisation chez les chevaux), poussés vers un poste d'abattage trop étroit et mal conçu, où ils aperçoivent la mise à mort de leurs congénères, les chevaux finissent leur vie par un étourdissement au fusil au Canada ou avec le crâne perforé par le matador, étourdissement approximatif faute de moyens de contention aptes à restreindre leur agitation désespérée.
 
Traçabilité et risques sanitaires
 
Dans les pays approvisionnant le marché européen en viande chevaline, les chevaux ne sont généralement pas destinés à la boucherie : dans la plupart de ces pays, on ne mange d'ailleurs pas de viande de cheval. Il arrive que leurs propriétaires leur administrent des médicaments en vente libre et souvent délivrés sans prescription : ces substances sont interdites en Europe et pourtant fréquemment donnés aux chevaux en Amériques, comme la phénylbutazone.
 
En Europe, l'administration de la phénylbutazone à un animal destiné à la consommation humaine est strictement interdite. Anti-inflammatoire peu coûteux et très courant en médecine équine, fréquemment administrée aux chevaux de course ou de selle, la phénylbutazone rend cette viande impropre à la consommation à cause d'un risque de troubles sanguins potentiellement fatals chez l’humain. Chez l’enfant, la consommation de produits d’origine animale renfermant une quantité infime de phénylbutazone, ou de son métabolite, peut causer une anémie aplasique.
 
Mais en Amérique, les chevaux n'ont pas de fiche d'identification et les changements répétés de propriétaire rendent difficile voire impossible leur suivi. Le maintien des chevaux dans un enclos pendant six mois avant l'abattage, comme au Canada, s'avère insuffisant pour l'élimination des résidus médicamenteux potentiellement dangereux pour les consommateurs.
 
Réactions des supermarchés
 
Aux Pays-Bas et en Suisse, plusieurs chaines de supermarchés ont annoncé le retrait de la viande de cheval en provenance des Amériques, parfois après avoir confirmé les résultats de notre enquête par un audit qu'ils ont mené. En France, malgré cette enquête fouillée, aucune grande surface ne s'est prononcée. C'est pourquoi nous sollicitons votre soutien pour notre pétition.
 
Nous pouvons mettre fin au calvaire des chevaux en demandant aux supermarchés de ne plus vendre de viande de cheval issues des Amériques. Signez la pétition !

Le Vériteur

Photo du Vériteur

L214

L214 Éthique & Animaux est une association loi 1901 centrée sur les animaux utilisés dans la consommation alimentaire (viande, lait, œufs, poisson), s'intéressant à leurs conditions d'élevage, de transport, de pêche et d'abattage.
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :