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Ma vérité sur le vin bio

Publiée le 23/03/2012 |
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Le bio, une preuve de qualité?

Tendance ou engagement ? Mode ou progrès ? Philosophie ou argument marketing ? Le bio répond aujourd'hui à une réelle attente consommateur, il fait parler, créé le débat. Cette tendance touche bien sûr le secteur viticole, fleuron de l'agriculture, faire valoir de notre culture de la table et du bien vivre. Essayons d'y voir plus clair et de comprendre la démarche, son impact actuel, ses implications, ses conséquences pour le monde du vin en France...

D'abord, qu'est ce qu'un vin bio ? La mention "vin biologique", n'a pas été entérinée par les autorités européennes et ne peut donc à ce jour apparaître sur les étiquettes de nos précieux flacons. La dénomination officielle pour un vin certifié AB (agriculture biologique) est "vin issu de l'agriculture biologique". Ce qui régit la conduite de la vigne, soumise à un cahier des charges précis : interdiction d'utiliser les désherbants chimiques et produits de synthèse, remplacés par des produits d'origines naturelles, des décoctions de plantes...

En revanche la certification AB, se limite au raisin et n'entre pas en compte dans la processus de vinification. Le bio peut donc parfois rester dans le vignoble sans prénétrer dans le chai... La notion de vin bio est elle facile à comprendre pour le consommateur ? Vin bio, vin nature, bio-dynamie, un véritable casse-tête pour le commun des mortels. Des termes proches, qui n'ont pourtant pas les mêmes implications. Trois approches parfois parallèles mais pas nécessairement liées. Le vin nature est un vin auquel on ne devrait pas ou peu ajouter de souffre lors de sa vinification. A l'heure actuelle il n'existe pas de législation ni de consensus autour de sa définition exacte et un vin nature n'est donc pas forcément un vin bio. La bio-dynamie est quand à elle un prolongement de la viticulture biologique, une philosophie à part entière, une vision différente de la plante. Approche holistique de la vigne et de l'écosystème initiée par le philosophie Autrichien Rudolf Steiner dans la fin des années 1920, la bio-dynamie considère que le comportement et le cycle végétatif de la plante est influencé par son environnement dans son ensemble, du ciel à la terre.

Au niveau viticulture, cela se traduit par le respect du calendrier lunaire et planétaire, la densification de la vie organique dans le milieu où évolue la vigne, l'emploi de préparations spécifiques dans la conduite de la vigne (préparation dynamisées et préparats pour compost)... Le bio, une tendance soit, mais que disent les chiffres dans le secteur viticole ? Avec moins de 50 000 hectares cultivés en agriculture biologique, pour une surface totale d'environ 1 million d'hectares en France...le bio c'est aujourd'hui moins de 5% du vignoble. La progression est par contre naturellement importante avec plus de 20% chaque année. Une tendance nette donc, mais le chemin est encore long ! Bio et bon ? Le bio encadre et certifie la technique de viticulture, mais ne donne aucune garantie sur le talent du vigneron ou la qualité du vinificateur. Un vin peut être grand, sans pour autant être certifié bio, à l'inverse de nombreuses raisons peuvent expliquer la médiocre qualité gustative d'un vin pourtant labellisé AB (rendements trop élevés, mauvais choix dans le processus de vinification, problèmes d'hygiènes et d'attaques bactériologiques, vin oxydés...).

Par ailleurs, le bio n'est pas uniquement un label. C'est avant tout une approche. Beaucoup de vigneron sont certifiés bio mais ont décidés de ne pas mettre le label sur leur étiquette, considérant que c'était avant tout une démarche, un engagement, une philosophie, plus qu'un logo à valeur parfois marketing ou mercantile. Personne ne peut donc contester l'idée que respecter la nature et notre santé par voie de fait ne répond pas à une philosophie positive et bienveillante. Encore faut il que cela se traduise par une réelle implication, une connaissance et une écoute de la vigne, un gros travail du vigneron que rien ne pourra remplacer. De très grands vignerons cultivent leur vignoble en agriculture biologique et ont obtenus la certification, d'autres non.

Je reste persuadé que la très grande qualité d'un vin, l'émotion qu'il pourra procurer, implique nécessairement que le vigneron ait respecté le terroir, la vigne et son environnement et qu'il ait donc réussi à produire un fruit sain. Label ou pas label, la qualité est la meilleure des philosophies. Elle passe j'en suis sûr par le respect de la plante, mais aussi par un travail bien fait et l'envie de transmettre une émotion. Le meilleur juge de paix : la dégustation !

Le Vériteur

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CUKIERMAN Jérémy

Un parcours guidé par deux passions, le vin et la gastronomie. Après une dizaine d'années dans les médias et la publicité, l'appel du plaisir de la table, l'envie de transmettre et de partager ont pris le dessus. Professionnel du vin depuis plus de 7 ans, gérant de DMETS DVINS : trois boutiques ...
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