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Une urbanisation de pollution

Publiée le 18/03/2014 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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A force de « rurbaniser » l’habitat des travailleurs urbains, nos décideurs politiques nous soumettent au poison quotidien des particules fines.
Après trois mois de pluies abondantes et des inondations pénalisantes, voilà que le beau temps du mois de mars vire à la catastrophe écologique dans des vastes zones urbaines, débordant largement en milieu rural. En France, désormais, il suffit d’une succession de jours sans pluie ni vent pour que l’air se charge de particules fines issues essentiellement de la combustion du carburant des voitures et du chauffage urbain.
 
Le grand Paris est une région peuplée de onze millions d’habitants. Elle est embouteillée deux fois par jour à cause des trajets de plus en plus longs imposés à la majorité des habitants pour se rendre au travail le matin et rentrer le soir. Décidée dans la précipitation, la circulation alternée ne résoudra pas cette contradiction.
 
Une pollution concentrée en ville
 
En France, 26,4% des gaz à effet de serre (GES) sont émis par les transports terrestres et 21,5% proviennent de l’industrie. L’agriculture émet 21,2% des GES dont environ 50% sont imputable au méthane provenant de la digestion des ruminants. 18,2% proviennent du chauffage des logements et des bureaux et 11,1% de la production d’énergie électrique.
 
Les chiffres imputables à la circulation automobile, aux activités industrielles et au logement sont plus élevés en ville que ne l’indique cette moyenne nationale. De plus, les particules fines sont plus concentrées en ville qu’en milieu rural.
 
Si la gratuité temporaire des transports et la circulation alternée peuvent réduire ponctuellement les pollutions, tout en compliquant la vie des gens qui doivent se rendre au travail, ces mesures ne peuvent déboucher sur des solutions durables.
 
Des activités économiques hyper centralisées
 
Car il n’y a pas de solution immédiate pour un problème qu’on a laissé s’aggraver des années durant, piloté par le marché spéculatif de l’urbanisme et de la localisation des activités économiques. Au XIXe siècle, Alphonse Allais parlait de construire des villes à la campagne pour désengorger Paris. En ce début de XXIème siècle, la loi du marché nous impose de travailler au cœur des villes mais nous oblige à habiter de plus en plus loin de notre travail via la sélection par l’argent du lieu de résidence.
 
Les mesures comme les transports en commun gratuits, le covoiturage ou la multiplication des pistes cyclables peuvent avoir leur utilité. Mais elles ne doivent pas occulter la nécessaire réflexion sur une politique d’aménagement du territoire qui rompe enfin avec une urbanisation visant à concentrer l’essentiel des activités économiques dans les grandes métropoles au détriment de petites villes et des territoires ruraux. A méditer à l’occasion des élections municipales, puis des européennes.

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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