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Réchauffement climatique : le carbone et l’assiette

Publiée le 28/11/2014 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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Nos modes de consommation et de culture ont un impact sur le réchauffement climatique.
Lors de leur journée d’action du 5 novembre, certains manifestants de la FNSEA et les jeunes Agriculteurs ont insisté sur la nécessité de consommer en priorité des produits locaux dans les cantines. Il s’agit d’une revendication de bon sens et il serait pertinent de concrétiser cette orientation qui dépend beaucoup des décideurs politiques, à moins de treize mois de la Conférence de Paris en décembre 2015 sur le climat.
 
Ne rien faire dans ce domaine conduirait à laisser grimper les températures moyennes de 3 à 4° d’ici la fin du siècle en cours et à transformer certains pays, voire certaines régions de France, en zones semi-désertiques. Ce serait rendre plus problématique l’approvisionnement des peuples en nourriture, car ils seront confrontés à des alternances de sécheresses et d’inondations comme nous le montrent déjà le manque d’eau en Californie et les orages cévenols dans le sud de la France après un hiver et un printemps très secs en 2014.
 
La responsabilité des citoyens : produire et consommer local
 
Une politique de réduction des gaz à effet de serre doit aussi impliquer chaque citoyen dans la vie quotidienne. En agriculture comme dans la vie en milieu rural, il est possible de faire des choses intéressantes pour freiner le réchauffement. Quand on a un bout de terrain, on peut cultiver son potager et planter des arbres fruitiers, sans oublier la citerne d’eau de pluie pour les arrosages. Si des millions de Français retrouvent cette tradition qui a beaucoup reculé depuis une soixantaine d’années, on importera moins de nourriture d’Espagne et du Maroc, deux pays qui vont bientôt manquer d’eau à force de développer les cultures maraîchères pour l’exportation.
 
En renouant avec la proximité pour réduire le bilan carbone du contenu de notre assiette, nous pouvons aussi favoriser l’emploi de proximité. Certes, on ne gagne jamais sur tous les tableaux en même temps. Si les produits de notre agriculture sont davantage consommés en France, il en ira de même dans d’autres pays. Mais le bilan carbone sera meilleur au bout du compte.
 
La responsabilité des agriculteurs : fonctionner de manière plus autonome
 
Pour les paysans, cela suppose aussi de produire de manière plus autonome. Importer chaque année des millions de tonnes de tourteaux de soja pour tenter de vendre de la poudre de lait à la terre entière n’est pas un calcul économique pertinent quand le climat se réchauffe. Surtout que la fin des quotas laitiers va aussi rendre plus aléatoire le revenu des producteurs. Une décision comme l’embargo russe, que personne n’avait vu venir, nous le rappelle tous les jours.
 
Ceci nous renvoie aux responsabilités des syndicalistes paysans. A la FNSEA, que j’observe depuis plus de 30 ans, chaque syndicat spécialisé sprinte dans son couloir comme un coureur du 200 mètres. On cherche souvent à produire plus pour exporter plus sans chercher à produire autrement. Si on veut demain émettre moins de gaz à effet de serre, il faudra, dans l’élevage, devenir moins dépendant des achats à l’extérieur : carburant, engrais, aliments du bétail.
 
Une nouvelle façon de produire va s’imposer aux éleveurs. Le Breton André Pochon l’avait mise en route voilà plus de 30 ans. A l’époque, on se moquait de lui alors qu’il avait raison.

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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