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Produire mieux pour manger tous : un combat majeur du XXIe siècle

Publiée le 01/07/2013 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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« PRODUIRE MIEUX pour manger tous d’ici 2050 et bien après » propose des réponses aux enjeux agricoles et alimentaires des prochaines décennies.
En librairie depuis le 21 juin 2013, mon dernier livre titré « PRODUIRE MIEUX pour manger tous d’ici 2050 et bien après », prolonge la réflexion portée dans mes deux précédents ouvrages « Planète alimentaire » (2008) et « Bientôt nous aurons faim » (2011) également parus chez Pascal Galodé éditeurs.

Journaliste d’origine paysanne avec 30 ans d’observation des politiques agricoles au compteur, j’ai voulu avec ce dernier livre cerner les enjeux agricoles et alimentaires des prochaines décennies en prenant en compte un maximum de paramètres qui sont négligés dans les discussions à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), au G20, à la Banque Mondiale et même à la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture).

Mon constat

La population mondiale va continuer de croître pour atteindre les neuf milliards d’habitants à l’horizon 2050. Il faudra donc produire plus qu’aujourd’hui pour nourrir tout ce monde. Il faut dès à présent s’interroger sur la possibilité de poursuivre cette tendance lourde qui nous indique que le régime alimentaire des peuples des pays émergents va, comme celui des pays développés, avoir de plus en plus recours aux produits carnés.

La production de nourriture va voir son prix de revient augmenter dans les prochaines décennies dans la mesure où les énergies fossiles vont coûter de plus en plus cher. Ce coût aura des répercutions sur le travail du sol comme sur l’achat des engrais azotés dont la production est très consommatrice de gaz naturel.

Le réchauffement  climatique en cours va rendre les récoltes de la première moitié du XXIe siècle beaucoup plus aléatoires que celles de la seconde moitié du XXe siècle. Pour sensibiliser le lecteur à cet enjeu, j’oppose les observations du géographe américain Jared Diamond sur les enjeux climatiques au catéchisme des économistes libéraux qui prônent encore aujourd’hui la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo. Cette théorie prédatrice n’a jamais été adaptée pour l’agriculture qui ne peut, de mon point de vue, fonctionner durablement qu’en conciliant l’économie avec l’agronomie et l’écologie pour en faire un tiercé gagnant.
           
Les huit chapitres de la première partie de mon livre ont été construits pour démonter que des agricultures fondées sur la théorie des avantages comparatifs et les monocultures de rente rencontrent rapidement toutes sortes de problèmes dans le long terme qu’il s’agisse de la production de maïs, de soja ou des élevages hors sol pour la viande et le lait.

Mes solutions

Dans les dix chapitres de la seconde partie de mon livre, je suis surtout allé à la rencontre des paysans qui innovent, selon moi, au meilleur sens du terme. J’avais théorisé certaines de ces pratiques dans mon précédent ouvrage qu’il s’agisse du rôle nouveau de la recherche, de la culture des légumineuses, de l’agroforesterie ou des ceintures vertes autour des grandes villes.

A partir de ces expériences de terrain, le présent ouvrage s’efforce de montrer comment il est possible de produire davantage de calories en utilisant moins de carburant et d’intrants chimiques. Au champ comme dans la prairie, il s’agit de faire travailler la nature de manière suffisamment intelligente pour tirer parti de chaque parcelle selon son potentiel agronomique sans la dégrader. Il faut pour cela revenir à certains fondamentaux qui ont été abandonnés pour des raisons d’économie de main d’œuvre.

Réapprendre à nourrir les herbivores avec de l’herbe plutôt qu’avec du grain fait partie des solutions à mettre en œuvre. Semer les prairies de graminées et de légumineuses permet de se passer des engrais azotés et du soja importé. Un chapitre entier est consacré au non labour et au travail simplifié des sols avec le double avantage suivant : moins de dépense énergétique, amélioration de la structure des sols avec plus de matière organique. Un autre chapitre montre les avantages de l’agroforesterie qui permet de produire plus sur une même superficie avec une densité moyenne de 50 arbres par hectares en rang espacés. Je montre aussi comment il est possible de relancer le maraîchage et la production fruitière périurbaine, y compris en Ile-de-France et aux abords d’autres grandes villes à partir d’exemples précis. J’avance des idées pour rénover les châtaigneraies et même pour reconquérir par le travail associatif les fonds de vallées laissés à l’abandon par les agriculteurs dans la plupart de nos régions.

Disponible pour des débats
      
J’ai rédigé ce livre pour démontrer la pertinence et la faisabilité de quelques pratiques dont j’ai pu constater la pertinence. Il s’agit de produire mieux   et de manière plus diversifiée en émettant moins de gaz à effet de serre pour chaque calorie produite. C’est, je crois, ce qui donne à cet ouvrage une cohérence inédite que l’on ne retrouve pas, hélas, dans la réforme de la Politique agricole commune annoncé le 26 juin 2013 pour les années 2014-2020. Dans les mois qui viennent, je me rendrai disponible, autant que possible, pour participer à des débats à la demande de diverses associations qui feront appel à moi. On peut me joindre par mail à cette adresse : glepuill@humanite.fr .

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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