Toutes les Vérités > Produire du lait sans quota et à moindre coût

Produire du lait sans quota et à moindre coût

Publiée le 31/12/2013 |
10111 | Réagir
Révélée par LE PUILL Gérard |
3

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Les quotas laitiers disparaîtront en 2015. Une libéralisation du marché qui ne laisse que deux choix aux agriculteurs : produire plus ou produire mieux.
Les évolutions de la PAC (Politique Agricole Commune) amènent les quotas laitiers à disparaître à partir de 2015. Instaurés en 1984, ils imposaient une limitation de l’offre et garantissaient un revenu aux agriculteurs, quelle que soit la taille de leur exploitation. J’ai souvent dénoncé les risques de baisse du prix du lait liés à cette sortie.
 
Mais, outre le prix, ces risques sont multiples et cumulatifs : moins de lait en zones de montagne et plus en plaine, moins d’herbe dans la panse des vaches et plus de soja importé pour équilibrer la ration de maïs ensilé, moins de rémunération des producteurs de lait dans la mesure où les périodes de surproduction feront baisser les prix alors que le soja importé sera plus cher.
 
Le choix des Pays-Bas : produire plus
 
La manière dont les Pays-Bas préparent la sortie des quotas confirme tous ces risques. On y produit 19 735 kilos de lait par hectare contre 7 244 en Bretagne, la zone de production la plus intensive en France. Mais les Hollandais veulent encore augmenter la production de 10 à 20% dans les prochaines années.
 
Selon AgraPresse « les Pays-Bas espèrent négocier avec Bruxelles une nouvelle façon de prendre en compte l’impact environnemental de l’élevage laitier ». Or, « ce pays dispose déjà d’une dérogation à la directive nitrates qui lui permet d’épandre 250 kilos d’azote issus des effluents d’élevage par hectare et par an, quand le reste de l’Europe est à 170 », selon l’Agence. Elle indique aussi que « les éleveurs ajoutent en sus 115 kilos d’azote d’engrais minéraux par hectare en moyenne ».
 
La solution : produire à moindre coût
 
Ces informations ont été révélées lors d’un colloque organisé par l’Institut de l’élevage le 15 octobre à Paris sur l’avenir de la production laitière en Europe. Un document baptisé « Dairyman » étudiait la production laitière de dix régions dans sept pays de l’Union européenne avec le souci déclaré de produire en respectant l’environnement. Parmi les voies préconisées figuraient « la recherche de l’autonomie alimentaire et protéique, une valorisation optimale des déjections et une réduction du recours aux engrais minéraux, (...) l’augmentation de la part des prairies, l’implantation de haies et l’allongement de la durée des prairies temporaires ».
 
Voilà qui remet au goût du jour une partie des préconisations du rapport publié en 1978 par Jacques Poly, directeur général de l’INRA « pour une agriculture plus autonome et plus économe » en intrants. Voilà qui donne aussi raison à André Pochon et à d’autres pionniers qui ont, comme lui, privilégié dès les années 1980 les mélanges de graminées et de légumineuses afin de réduire leur dépendance au soja et au maïs. Ainsi, ils ont produit du lait à moindre coût, avec, il est vrai, un surcroît de travail pour faire du foin.
 
Des choix stratégiques pour les producteurs
 
Voilà qui place aussi chaque producteur de lait devant des choix stratégiques. Car la sortie des quotas coïncide avec la mise en place de la nouvelle PAC en France qui améliorera les aides européenne attribuées aux 52 premiers hectares de chaque ferme, fera progresser les paiements verts et favorisera la culture des légumineuses.
 
On sait que l’énergie et le soja seront de plus en plus chers dans les prochaines années. En France, le bon choix sera de produire son lait à moindre coût plutôt que de produire plus sans garantie de prix.

Le Vériteur

Photo du Vériteur

LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :