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Le jardin potager au XXIe siècle

Publiée le 24/01/2014 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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On peut consommer sans acheter si on se remet à cultiver son jardin et à planter des arbres fruitiers.
En recul depuis un demi-siècle, l’auto production va bientôt connaître un nouvel essor.
 
Durant la première moitié du XXe siècle, les paysans comme les autres catégories de travailleurs habitant en milieu rural était nombreux à cultiver leur jardin et à greffer des arbres fruitiers. Ail, oignons, échalotes, poireaux, choux, navets, pommes de terre, carottes, salades, betteraves rouges, petits pois et haricots étaient des cultures incontournables auxquelles vinrent s’ajouter tomates, melons et bien d’autres plantes moins courantes au début du siècle. Pommiers, poiriers et pruniers étaient également nombreux dans les jardins et autres petits vergers.
 
A partir de 1960, la culture du jardin a fortement régressé en milieu rural. La grande surface proposait tout au même endroit et le paysan n’avait souvent plus le temps de cultiver son potager tandis que les logements collectifs des villes moyennes et petites contribuaient aussi à faire reculer les possibilités de jardiner pour les salariés.
 
Le retour de l’auto-production
 
Mais depuis peu, l’envie de produire une partie de sa nourriture progresse chez de nombreux habitants ruraux et citadins. D’une part, pour savoir ce que l’on mange alors que le maraîchage et l’arboriculture recourent massivement aux pesticides pour fournir aux grandes surfaces des légumes et des fruits sans le moindre défaut d’aspect. D’autre part, parce que la précarité grandissante de l’emploi et la réduction du pouvoir d’achat obligent de nombreux ménages à restreindre leurs achats.
 
Enfin, la France est un pays où l’habitat individuel s’est considérablement développé depuis plus d’un demi-siècle. Souvent, on est allé construire loin de son lieu de travail pour trouver un terrain assez grand et pas trop cher afin d’avoir la maison souhaitée. Souvent aussi, le terrain est devenu une pelouse que l’on tond le week-end, sans rien y cultiver.
 
Nous sommes sortis d’un demi-siècle d’agriculture productive et de pression sur les prix agricoles qui a fait diminuer le prix de l’alimentation dans le budget des ménages. Et nous sommes entrés dans un nouveau siècle au cours duquel la courbe va s’inverser. Le pétrole et les engrais vont être de plus en plus chers. Le nombre de bouches à nourrir dans le monde va continuer de croître pour atteindre ou dépasser les neuf milliards en 2050. Nous savons aussi que la productivité de l’agriculture n’est plus en mesure de progresser comme elle l’a fait durant la seconde moitié du XXe siècle.
 
Les économies du potager
 
Pour toutes ces raisons, disposer de quelques centaines de mètres carrés de terrain autour de sa maison pour cultiver des légumes et planter des arbres fruitiers sera un atout considérable dans les prochaines décennies. Quand on a un jardin potager et des arbres fruitiers, on dispose aussi de déchets végétaux et de feuilles pour faire du compost. Quand on récupère l’eau du toit dans une citerne, on dispose d’un arrosage gratuit pour ses plantes potagères.
 
Quand on échange des graines et des plants avec des voisins, on mutualise les coûts et on diminue le prix de revient des denrées produites. Quand on est un salarié sous payé ou un retraité ne disposant que d’une faible pension, produire soi-même une partie de sa nourriture permet quelques économies dont on trouvera facilement l’usage pour entretenir la maison.
 
Alors que le débat sur l’utilité ou non de l’écotaxe pour réduire les pollutions au CO2 n’en finit pas de diviser les Français, on peut dire que l’un des meilleurs moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre que génère le transport de la nourriture d’un bout à l’autre de la planète, c’est encore de produire devant sa porte une partie de son alimentation quotidienne. Réduire notre dépendance vis-à-vis de la grande distribution pour les fruits et légumes, c’est aussi s’impliquer pour produire autrement.

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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