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Le bilan carbone de la politique économique en France

Thème : Economie, Ecologie
Publiée le 12/03/2015 |
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Révélée par LE PUILL Gérard |
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Notre modèle économique est de plus en plus polluant et gourmand en ressources naturelles : il est incompatible avec un vrai volontarisme écologique.
Dans le cadre de la préparation de la Conférence sur le climat du 30 novembre au 10 décembre à Paris, il existe une question toute simple que nos dirigeants politiques et leurs conseillers ne semblent jamais se poser. La conduite libérale de l’économie fondée sur la politique de l’offre est-elle compatible avec une volonté affichée de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (GES) en France d’ici 2050 ?
 
La production industrielle et agricole est désormais fondée sur une course permanente à l’innovation et sur la concurrence des entreprises à l’échelle planétaire. Cette façon de produire, d’emballer, de faire connaître, de transporter et de vendre au client final est gaspilleuse en capital productif et gourmande en matières premières de toutes sortes.
 
Des produits de consommation au bilan carbone élevé
 
Qu’il s’agisse de voitures, d’outils de communication, d’appareils électroménagers, de vêtements ou de produits alimentaires, les biens qui nous sont proposés ont un bilan carbone accentué par l’énergie électrique polluante utilisée dans les pays à bas salaires, par la rotation rapide du capital dans l’appareil de production pour cause de concurrence exacerbée, par les transports toujours plus longs en camion, par le packaging, par le coût de la publicité, par la segmentation infinie de l’offre pour séduire les consommateurs, à petit budget comme à gros budget.
 
A partir de là, l’utilisateur qui change son téléphone portable tous les ans pour profiter à plein des dernières innovations technologiques aggrave son bilan carbone de consommateur ; de même que le consommateur qui achète des tomates et des fraises de contre saison, sans oublier le ménage qui achète surtout des produits surgelés déjà cuisinés et prêts à réchauffer. Ici, le bilan carbone du repas quotidien est surtout imputable à la chaine du froid.
 
La concentration des activités économiques en zones urbaines
 
En France, la politique de l’offre en termes d’emplois éloigne chaque année un peu plus la distance moyenne qui sépare chaque salarié de son lieu de travail. De plus en plus d’entreprises s’installent au cœur ou à la périphérie des grandes agglomérations. Mais cette concentration d’activités augmente le prix du foncier au point de rendre inabordable l’accès au logement à proximité du lieu de travail pour l’immense majorité des salariés. Du coup, ces derniers deviennent des pollueurs contre leur gré quand ils sont contraints de recourir à la voiture individuelle pour se rendre au travail.
 
Un autre effet pervers de cette concentration des activités économiques dans les zones urbaines réputées attractives aboutit à augmenter considérablement le nombre de logements vides en milieu rural et dans les villes petites et moyennes victimes de la désindustrialisation et du recul de certains emplois dans le tertiaire. Une carte publiée par le quotidien Le Monde du 24 février 2015 faisait état d’un nombre de logements vides compris entre 12% et 16% dans une quarantaine de villes moyennes françaises relativement éloignées des grandes métropoles régionales. Dans certaines de ces villes, ce phénomène a été aggravé ces vingt dernières années par les programmes de constructions de logements défiscalisés que l’on ne cesse de proposer aux investisseurs privés tandis que les promoteurs localisent ces constructions dans des zones de basse pression sur le foncier sans tenir compte de l’absence de besoins réels de logements dans ces zones.
 
Là encore, nos décideurs politiques qui préparent la Conférence de Paris sur le climat ne semblent pas avoir conscience de l’incohérence des politiques qu’ils mettent en œuvre et qui aboutissent à accroître les pollutions au lieu de les réduire.

Le Vériteur

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LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
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