Toutes les Vérités > Ce que nous cache la tomate marocaine

Ce que nous cache la tomate marocaine

Publiée le 04/07/2014 |
41192 | 4
Révélée par LE PUILL Gérard |
3

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Entre des transports routiers interminables et l’assèchement des nappes phréatiques, notre consommation de tomates marocaines a un coût écologique désastreux.
Le contentieux sur les importations de tomates marocaines en Europe aurait trouvé une issue à la fin du mois de juin, suite à une conversation téléphonique entre le commissaire européen de l’agriculture et le ministre marocain de l’agriculture. Mais on manque de précisions sur le contenu de cet accord et on n’a guère su avant quelles étaient les raisons précises du désaccord.
 
A défaut d’être informés sur le fond nous savons que le compromis ne remet pas en cause l’abolition par l’Union Européenne d’un mode de dédouanement qui est propice aux fraudes. On croit comprendre que le Maroc fraudait afin d’exporter en Europe plus que son contingent grâce au système de dédouanement qui a duré un certain temps.
 
350 000 tonnes de tomates marocaines importées par l’Europe chaque année
 
Or, le Maroc exporte officiellement en Europe plus de 350 000 tonnes de tomates par an, dont 80 000 de tomates cerise. Plus de la moitié des tomates exportées par le Maroc sont vendues dans un seul pays : la France.
 
Voilà qui ne fait pas l’affaire des producteurs hexagonaux. Les grandes surfaces et leurs centrales d’achat importent plus que de besoin, bien que ces importations ne soient pas indispensables pour satisfaire la demande. Mais elles permettent aux distributeurs de réduire leurs achats en France, ce qui provoque la chute des cours.
 
Le coût écologique de la tomate marocaine
 
Quand on achète des tomates, mieux vaut donc en vérifier l’origine et se poser quelques questions avant d’acheter des tomates marocaines. Car nous avons deux bonnes raisons d’acheter des tomates produites en France. La première est le bilan carbone désastreux de la tomate marocaine, dont le lieu de production est très éloigné du lieu de consommation. Une palette de tomate conditionnée dans la région d’Agadir et consommée en France effectue 905 kilomètres en camion réfrigéré avant de traverser le détroit de Gibraltar en bateau.
 
Quand elle débarque à Algésiras en Espagne, il lui reste 1 926 kilomètres à faire en camion avant d’être livrée en région parisienne. Si elle va vers le sud ou l’est de la France, elle voyagera dans un premier temps d’Almeria à Perpignan, soit 1 004 kilomètres avant de reprendre la route vers Lyon, Clermont-Ferrand ou Besançon. Il faut savoir qu’en Europe, 93% des fruits et légumes frais sont transportés en camions. D’Agadir à Paris, un camion de tomates a roulé sur 3 078 kilomètres et le coût de ce transport s’est élevé à 4 100 euros, soit 30% du prix de revient. Seul le prix de la pollution induite ne figure pas dans ce tarif global. Il sera payé par les générations futures.
 
Au Maroc aussi, une lourde facture attend les générations futures. Dans le Souss, la zone maraîchère autour d’Agadir, on est en train d’assécher les nappes phréatiques pour alimenter les serres. Selon « L’économiste.com », un journal en ligne marocain, les deux lacs de barrages de la région accusaient au printemps 2014 un déficit de 94%, et 85% par rapport à une situation qualifiée de normale. Avec ses tomates d’exportation, le Maroc nous vend aujourd’hui l’eau qui lui manquera demain.

Le Vériteur

Photo du Vériteur

LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :