Toutes les Vérités > Améliorer le bilan carbone de notre assiette

Améliorer le bilan carbone de notre assiette

Publiée le 19/02/2015 |
5001 | Réagir
Révélée par LE PUILL Gérard |
3

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Pour consommer responsable, il suffit simplement de choisir les bons produits : le comté à la place de l’emmental de Bretagne, par exemple.
Tandis que le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes pour neuf jours à Paris Expo, quelques initiatives sont prévues pour débattre des solutions qui permettront à la production agricole de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Le stand de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) abordera le sujet. La veille de l’ouverture du Salon, le ministère de l’Agriculture et celui des Affaires étrangères organisaient, avec la direction du Salon et la FNSEA, un colloque d’une journée avec une liste d’intervenants dont beaucoup n’ont pas, jusqu’à présent, fait de la lutte contre le réchauffement leur priorité.
 
Le principal centre d’intérêt d’une majorité d’intervenants invités à s’exprimer lors de ce colloque était le développement du « business vert » sous une forme ou sous une autre. Cela ne suffira pas pour réduire le bilan carbone de notre assiette au quotidien si, parallèlement, la politique de l’offre continue de pousser à la surconsommation tandis que la théorie des avantages comparatifs privilégiera, comme ces dernières années, la localisation des principales productions sur fond de dumping social et environnemental dans un marché mondialisé fonctionnant selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
 
La priorité aux produits responsables
 
Réduire le bilan carbone de l’agriculture suppose que nous réduisions aussi celui de notre assiette au quotidien à travers les produits que nous décidons de consommer. Cela suppose de donner la priorité aux produits issus d’une agriculture de proximité chaque fois que possible. Par ailleurs, le bilan carbone d’une tranche de comté est bien moindre que celui d’une tranche d’emmental produit en Bretagne. Car la vache comtoise est essentiellement nourrie à l’herbe et au foin tandis que la bretonne mange surtout du maïs ensilé. La prairie capte du carbone et les labours pour le maïs en libèrent, de même que l’épandage des engrais. Le maïs est un aliment énergétique, pauvre en protéines. Du coup, chaque hectare de maïs cultivé en France pour les bovins appelle la culture d’un hectare de soja que la France importe d’Amérique du Sud.
 
Réduire le bilan carbone de notre assiette suppose que nous mangions moins de protéines d’origine animale dont une bonne partie peut être remplacée par des protéines végétales, comme le haricot sec, le pois chiche, la lentille, la fève. Manger des châtaignes, consommer de l’huile noix, des pépins de raisin sont aussi des comportements de nature à favoriser la relance de productions arboricoles trop oubliées. Leur bilan carbone est nettement meilleur que celui des cultures de plein champ. Pour ces cultures, les semis directs sans labours sous couverts végétaux sont une autre manière d’enrichir les sols en matière organique. Ces derniers améliorent ainsi leur productivité avec un moindre recours aux engrais émetteurs de GES.
 
Produire plus avec moins
 
Les solutions sont nombreuses pour produire plus avec moins. Les mélanges de graminées et de légumineuses dans les prairies pâturées permettent de se passer d’engrais azotés sans perte de rendement fourrager. Les mélanges de céréales comme le blé avec du pois protéagineux et de la féverole donnent les mêmes résultats avec du blé plus riche en protéines. Il suffit ensuite de trier la récolte mécaniquement pour avoir du bon pain d’un côté ; des protéines végétales de qualité de l’autre pour nourrir les vaches laitières ou les poulets de chair.
 
Mais ces pratiques écologiques vont à l’encontre du business vert cher aux entreprises privées comme, hélas, aux coopératives agricoles.
 


Je dédicacerai mon livre Produire plus pour manger tous sur le stand du journal La Terre ( 4B 026, Hall 4)  au Salon d l’Agriculture.  

Le Vériteur

Photo du Vériteur

LE PUILL Gérard

Journaliste et auteur de "Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après". Né en 1941, j'ai quitté l'école à 14 ans pour travailler sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. En 1965, je deviens ouvrier caoutchoutier en banlieue parisienne. L'usine ferme en 1983. La direction d...
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :