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Le GENEPI revient sur la polémique Valls/Taubira

Publiée le 20/09/2012 |
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Révélée par GENEPI |
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Entre la fin du "tout carcéral" et la volonté de rester ferme sur les questions de sécurité, le coeur du gouvernement balance...

 Une fois n'est pas coutume, le feuilleton politico-médiatique de l'été concerne un sujet souvent écarté du débat public : la place que l'on entend donner à l'enfermement dans la lutte contre la récidive en France. En déclarant en juin que « les politiques pénales de ces cinq dernières années ont aggravé la récidive », Madame Taubira a ouvert une brèche qui ne s'est pas refermée depuis. A en juger par la violence des réactions venant de l'opposition, ces déclarations et celles qui ont suivi sur la nécessité de repenser la place des Centres Educatifs Fermés (CEF) sont particulièrement sensibles. Le communiqué du Front National faisant état de « fascination envers le délinquant et le criminel » ou les déclarations d'Eric Ciotti condamnant une vision « idéologique, passéiste et naïve d'une justice qui refuse toute place à la sanction » ne furent pas dans la demi-mesure.

            En annonçant la nécessité de revenir sur le « tout carcéral », en remettant en cause l'intérêt des courtes peines de prison et en appuyant sur l'importance que devait prendre les peines alternatives à l'incarcération, les propos de Christiane Taubira présagent d'évolutions majeures sur la question carcérale. Le débat tombe à un moment où la situation des prisons est extrêmement préoccupante: la population carcérale française a de nouveau atteint un record en juillet 2012 avec 67 373 personnes incarcérées, la mise en place des peines plancher – que le gouvernement entend remettre en cause – favorise l'augmentation constante de la durée moyenne d'incarcération et la France est régulièrement condamnée pour les conditions de détention sur son territoire.

La violence de la peine d'emprisonnement a tragiquement été mise en lumière cet été par un homme qui, n'en pouvant plus d'attendre un transfert qui ne venait pas, s'est sectionné un doigt et l'a fait parvenir au ministère de la Justice. C'est donc dans un contexte de tension exacerbée – pensons aux émeutiers des prisons de Roanne et de Camp-Est, aux grèves de la faim de Philippe El Shennawy et des prisonniers basques  – que la ministre a pris position. Et si place Vendôme, le message est assez clair, nous ne pouvons que constater une certaine dissonance par rapport aux propos tenus par François Hollande et Manuel Valls.

            Suite aux événements d'Amiens, durant lesquels dix-sept policiers ont été blessés, le Président de la République et le ministre de l'Intérieur ont également fait entendre leur voix. Les propos de François Hollande déclarant ne pas comprendre « qu'un condamné, qui vient de purger sa peine, puisse ne pas avoir de suivi, de contrôle alors même que le caractère dangereux est encore évident » nous interrogent notamment sur la dangerosité, notion si peu scientifique et pourtant constamment remise sur la table. De la même manière, en annonçant qu'il serait « particulièrement ferme vis-à-vis des fauteurs de troubles », Manuel Valls persiste dans sa volonté de démontrer que le nouveau pouvoir en place investira autant que le précédent les questions sécuritaires. Nous espérons fermement que le gouvernement en place saura dépasser ses différents et prendra conscience de l’urgence de sortir au plus vite les prisons de leur condition mortifère et déshumanisante.  

Le Vériteur

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GENEPI

Le GENEPI est une association de loi 1901 à but non lucratif, sans affiliation politique ou religieuse. Un peu plus de mille étudiants, organisés en 70 groupes locaux, œuvrent « en faveur du décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs entre les personnes incarcérées...
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