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Si l’exclusion m’était contée, tandis qu’elle leur est comptée…

Publiée le 18/01/2013 |
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Révélée par LILIANE Gabel |
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Si le terme « exclu » est galvaudé et prêté à tant de causes, le sigle SDF – qui désigne les exclus de la rue – lui, est bien peu exact
Si l’exclusion m’était contée, tandis qu’elle leur est comptée…
 
Si le terme « exclu » est galvaudé et prêté à tant de causes, le sigle SDF qui désigne les exclus de la ruelui, est bien peu exact, tant chacun d’eux s’approprie un territoire en principe bien délimité ; terme réducteur, de plus, tant chaque être est unique, comme chez les « inclus », d’ailleurs !
 
De plus en plus nombreux, ils ne sont pas les « oubliés » de la société, au contraire, celle-ci les poursuit, les persécute, boucs émissaires des temps difficiles, responsables de tous les maux, au même titre que tous ceux qui nous sont trop différents… ou trop semblables.
 
 

I. Situation actuelle

 
            A - Quelques chiffres
 
- Jeudi 6 décembre, le taux de chômage a passé la barre des 10% en métropole.
Voilà qui n’est pas fait pour désemplir les rues !
- Selon les derniers chiffres de l'Insee, plus de 133 000 personnes sont déjà sans domicile fixe en France, 150 000 selon le rapport de la Cour des comptes, estimation seulement. Comme dirait Jacques Deroo, Directeur du Village de l’espoir, et comme l’écrivait déjà Patrick Declerk, si l’on traite ce chiffre comme toute autre statistique, on peut raisonnablement penser qu’il faut le quadrupler ! Moyenne d’âge atteinte pour ces personnes, 48 ans. Ainsi dénombre-t-on « à ce jour 328 décès à la rue, depuis le début de l'année 2012 », annonçait Brann du Senon, le fondateur du 115 du particulier. « Un par jour... » ajoute-t-il, laconique. Fin de l’année, nous en sommes à 417 décès. De tous âges.
- Du rapport annuel 2012 du Secours Catholique, il ressort que 1 422 000 personnes ont eu recours à l’organisme en 2011, et que « pour 68% des ménages rencontrés (contre 61% en 2001), la situation de pauvreté n'apparaît pas comme la conséquence immédiate d'une situation familiale particulière. C'est donc une plutôt une situation installée».
- Les demandes d’hébergement des personnes sans abri ont augmenté de 37 % le mois dernier (novembre 2012) par rapport à l’année précédente sur la même période. Difficile de se faire une idée précise du nombre de places manquantes, sinon que le 115 ne peut (et moins que jamais) répondre au besoin.
Environ 33 000 personnes sont en très grande difficulté, 100 000 sont accueillies dans des structures, 117 000 sans domicile logent chez des particuliers, à l’hôtel ou dans leur véhicule, écrit le journal Le Monde paru le 4 décembre 2012.
 « Entre 30 à 50 % des gens en hébergement attendent un logement », précise Christophe Robert dans le Nouvel Observateur du 3 décembre 2012. Résultat, le numéro d'appel d'urgence des sans-abri (115) ne trouve plus de places, laissant chaque soir dehors plusieurs centaines de personnes. Environ 1,2 million de personnes espèrent un logement social. «


B - Avancées, lois et projet de lois


1) Si l’on envisage le logement comme seule solution, on peut noter des avancées  
 
- La loi Dalo (Droit Au Logement Opposable)
Proposé par le ministre de l’intérieur en 2005, institué par la loi du 5 mars 2007, après l’action médiatique des Enfants de Don Quichotte durant l’hiver 2006/2007, le Dalo est entré en vigueur le 1er janvier 2008.

- Mise en place du Fonds Solidarité Logement (FSL), aide au logement pour les personnes et les familles défavorisées, sous forme de prêts ou de subventions, qui peuvent ainsi couvrir frais d’entrée dans le logement et dépôt de garantie, ou aider au maintien dans le logement en cas de difficulté dans le règlement des loyers. Afin d’en clarifier la mise en place effective, de nouvelles mesures se sont ajoutées en juillet 1998 à la loi de mai 1990.

- La résiliation du bail de location : la nouvelle loi prévoit un dispositif de prévention spécifique au parc social.
Un juge peut décider d’un délai de trois ans à un locataire de bonne foi qui rencontre des difficultés trop grandes, avant expulsion, temps nécessaire à un relogement digne.


2) Si l’on envisage la réappropriation de la dignité, de l’humanité et de l’identité, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, tant les arrêtés, un système sauvage de répression, et autres décisions barbares, ont été pris à l’encontre des personnes à la rue, au détriment de prévention et d’accompagnement
 
La mendicité et le vagabondage étaient des délits jusqu’en 1994. En mars 2003, sort la loi sur la sécurité intérieure : la mendicité est à nouveau délit si elle est faite de « manière agressive » ou sous la « menace d'un animal ».
Des arrêtés sont pris un peu partout en France, Marseille, Nîmes, Nice, Paris.
A contrario, le nouveau préfet de police, Bernard Boucault, a décidé en 2012 de ne pas reconduire les arrêtés anti-mendicité pris pour certains quartiers de Paris.
Comme on chassait les rats ou autres bêtes nuisibles, on chasse le pauvre ! Par le Malodore, répulsif anti SDF, à Argenteuil, ou les espaces anti SDF à Paris, où il est impossible pour un sans-abri de s'étendre quelques instants, où que ce soit, choix et décisions de particuliers, se défendent les pouvoirs publics.
Les amende pleuvent, 38 euros, et même 3.750 euros, ironie pour des personnes qui font la manche, parce que sans ressources ! Et 38 euros également en Val-de-Marne pour quiconque est trouvé en train de fouiller dans les poubelles. Même réflexion que plus haut… Pourtant, se nourrir est un droit, tout comme fouiller les poubelles, à certaines conditions, évidemment.
Et, pendant ce temps, le gaspillage, est estimé par la Commission européenne à 190 kg par an et par citoyen de l'Union, comme on peut le lire dans l’article paru dans le journal Le Monde du 6 décembre 2012.
 

II. Mes expériences sociales


            A - Le Samu social de Paris
 
  1. Présentation (grandes lignes)
 
Quelques dates
 
- Le 22 novembre 1993, le Docteur Xavier EMMANUELLI (Président Fondateur du Samu social de Paris) crée, avec Jacques CHIRAC, maire de Paris à l’époque, les premières EMA, Equipes Mobiles d’Aide. Ces équipes, composées comme suit, conseiller(ère) social(e), infirmier(ère), chauffeur, et parfois « Samaritain » (bénévole) ont pour mission d’effectuer des maraudes dans les rues de la capitale, au volant de camionnettes reconnaissables.

- Le 22 décembre, le premier Centre d’Hébergement d’Urgence avec Soins Infirmiers (CHUSI) est mis en place, renommé en juin 2006 Lits Halte Soins Santé (LHSS)

- Le 19 décembre 1994, le Samu social de Paris se constitue en Groupement d’Intérêt Public (GIP)

- Le 22 novembre 1995, Xavier Emmanuelli, alors secrétaire d’Etat à l’Action Humanitaire d’Urgence, instaure le numéro vert pour les sans-abri le 05 306 306, puis 0 800 306 306, géré par le Samu social de Paris en ce qui concerne la capitale, numéro d’urgence départementalisé et gratuit pour les sans-abri (devenu « 115 » en septembre 1997)

- Le 15 septembre 1997, l’ESI (Espace Solidarité Insertion ou Maison dans le Jardin) accueille les personnes à la rue en journée, proposant aide à l’hygiène, aide sociale et aide à la santé

- Le 1er avril 1998, ouvre le Centre d’Hébergement d’Urgence Simple (CHUS) appelé « la Porte verte », à Montrouge (92), tandis que commencent les maraudes psycho-sociales, avec la collaboration de l’hôpital Esquirol (Saint-Maurice, 94413)

- 1er juin 2000, le Centre d’Hébergement d’Urgence avec Soins Infirmiers (CHUSI) Ridder s’occupe de la prise en charge, en gestion directe, le 5 s’ouvre le Centre d’Hébergement d’Urgence Simple Yves-Garel, et en décembre, la première équipe mobile de lutte contre la tuberculose intervient.

- En 2002, Stefania Parigi est nommée directrice du Samu social

- En Juillet 2007, un pôle d’hébergement et de réservation hôtelière permet l’accueil en hôtels de plus de 6 000 personnes, et le 30 juin, Yves Garel, le seul centre d'hébergement d'urgence parisien accueillant des femmes, ferme pour insalubrité, et déménage temporairement dans le XVème, au quartier Boucicaut. Un hôtel meublé acheté par la Ville de Paris sera réhabilité pour accueillir définitivement un nouveau CHU dans le 11e.

- Juillet 2011, Xavier Emmanuelli annonce sa démission, car «ce n’est plus gérable», dit-il dans l’article paru sur le site de l’Express, le 19 juillet 2011. «L’urgence sociale, personne n’y croit, ça appartient aux petits hommes gris, comme disait Nietzsche. Les technos, les mecs qui pensent structure, budget, et pas souci de l’autre».


1) Objectifs
 
- Aller au-devant des personnes à la rue avec respect et compassion, empathie, sans brusquerie.
- Trier les informations et orienter les personnes en conséquence : CHUS, CHU, CHUSI etc.
- Soigner, rendre sa dignité à la personne accueillie. Que l’aide soit physique, psychologique, voire psychiatrique. Soins, écoute, information.
- Travailler avec d’autres organismes traitant de la précarité et de la pauvreté afin d’en étudier et d’en analyser les avancées, et faire émerger des solutions, présentées aux responsables politiques.
 
2) Méthodes 
 
- Avec les EMA, maraude au-devant de « ceux qui ne demandent plus rien », surtout les grands exclus (la première mission) pour leur apporter écoute et information, un café, une soupe, une couverture.

- Orientation dans les centres d’hébergement de nuit (CHUS), aide qui s’étend peu à peu à toutes les populations, femmes seules ou avec enfants, jeunes en fugue ou autres dépendants de produit quelconque, personnes écartées des lits psy, personne en situation de handicap, sans-papiers, etc., mais aussi orientation de jour (CHU), plutôt consacrée à la réinsertion.
La devise : « un repas, une douche, un lit ».

- Accueil en centre d’hébergement, la plupart du temps sur listing envoyé dans les centres par la coordination du 115, où il est possible de rencontrer un travailleur social qui informe des droits et démarches à effectuer.
 
3) Mon expérience  
 
Mai 2000, je signe un contrat qui m’engage avec le SSP pour trois ans. Le 22 mai 2000 commencent deux semaines de formation, grandes lignes de notre travail, et fonctionnement du centre.

Juste avant son ouverture, X. Emmanuelli convie les nouveaux collaborateurs atypiques que nous sommes, comme il dit, pour un petit déjeuner d’accueil au siège de St Mandé. Il faut « travailler avec coeur mais pas avec le cœur », nous recommande-t-il, et « créer du lien, non des liens ».
Et je suis rassurée de ne pas être seule à ressentir de la compassion pour autrui. Par contre, je constaterai assez rapidement que l’autre recommandation de faire preuve d’humilité est une phrase ressassée surtout à l’adresse de ceux qui savaient déjà rester humbles !

Si nous avons pour mission de redonner dignité et identité sociale aux personnes reçues dans notre centre, je m’apercevrai que donner une poignée de main et vouvoyer ne suffit pas, car cela n’empêche pas certains, qui suivent ces directives en légalistes qu’ils sont, d’arborer une attitude souvent très méprisante.

Le soir du 8 juin, premier service d’animatrice accueillante.

Chaque soir, nous assurerons un poste différent. Porte d’entrée avec le listing, ou, à l’intérieur, distribution des lits, accueil dans le hall, aide en restauration.
 
Confrontée à la réalité de terrain, il me faudra plusieurs mois pour être stabilisée, entre réactions choquées devant la violence et ce que nous appelons alors l’ingratitude, et la manière dont quelques-uns de mes collègues traitent les personnes reçues.
À propos de ce qui nous apparaissaient parfois comme des caprices, j’ai fini par réviser mon jugement, alors que, depuis quelques mois, j’ai été nommée coordinatrice de nuit. Je fais part de ma réflexion au cours d’un débriefing, « tant que les personnes que nous côtoyons exigent, elles sont bien vivantes ! », ce qui n’obtient pas forcément l’agrément de tous.
 
Difficile de rester à l’écoute sans devenir trop proche, familière.
Les femmes se confient. Elles se sentent en danger, plus que les hommes, car la vie à la rue est tellement plus difficile pour elles, à la merci de tous. Surtout si elles portent jupe ou robe, ce qui leur simplifierait la vie pourtant… « As-tu déjà essayé de faire pipi, même dans un coin, si tu portes un pantalon ? », me demande l’une d’elles.

Des jeunes réfugiés nous confient les horreurs vécues, en Algérie, au Rwanda, au Congo.
Un vieux nous confie même, un soir, qu’il s’est échappé de sa maison de retraite « parce que je m’y emmerde », précise-t-il. Comment vérifier ?!
Difficile de fermer sa bouche lorsqu’on voit tant de misère alors que l’engagement et l’investissement, l’implication, même, semble être si misérable, justement, en haut lieu, qu’il s’agisse de mes supérieurs ou de mes collègues de nuit. Les uns nous imposent des directives drastiques, ne pas parler plus de vingt minutes avec les hébergés, les dissuader de boire, de prendre leur aise et de s’approprier les lieux en encombrant leur chambre de leurs affaires, par exemple (ils ne sont pas chez eux… mais, chez eux, c’est où ?!), même si certaines directives sont justes, pas de bagarre, de cris, de cigarettes dans les chambres (encore moins d’autres substances), d’armes etc. Parmi les seconds, heureusement rares, il y a ceux qui appliquent à la lettre les notes de service ou, au contraire, font un véritable travail de sape.
 
Encore plus difficile de fermer sa bouche lorsqu’on prend des responsabilités. « Prenez des initiatives », dira le responsable du site. Pour mieux me taper sur les doigts lorsque je laisserai entrer une famille dans le hall du centre, en attendant les collègues des EMA qui amèneront mère et enfants dans un endroit plus adapté. Ou lorsque j’appellerai ceux-ci pour amener quelqu’une à St Anne, pour sa piqûre qu’elle réclame, « sinon je vais mettre le feu au centre », dit-elle, tant elle se sent mal.

À contrario, lorsque je refuse d’ouvrir le centre, faute d’effectif suffisant. Comme ce soir où l’équipe se compose en tout et pour tout, de deux personnes pour la nuit entière, une accueillante et moi-même (déjà très prise par mes fonctions de coordinatrice), et deux personnes pour la soirée, dont l’agent de restauration et une stagiaire, pour un public composé d’environ cent personnes ! Où est alors la dignité et la sécurité, pour eux mais aussi pour nous ?
 
Difficile également d’admettre que sont « choisis », en quelque sorte, les hébergés que nous accueillons dans notre centre. Non seulement les coordinateurs des centres reçoivent un listing de la coordination du 115, mais les personnes apparaissant sur ce listing doivent avoir téléphoné au 115, afin d’obtenir une place dans un des accueils de Paris. Et cela peu durer des heures, comme on le sait à présent.
Avoir une place leur permet alors, en plus d’avoir un lit, une douche et un repas, de rencontrer infirmier(ère), médecin, un(e) conseiller(ère) social(e). Ici, on ne dit pas « assistante » pour ne pas irriter nos hébergés. Le travail de celles-ci est délicat, lui aussi. Ecouter, suggérer, inciter, sermonner, parfois. Il arrive aussi que soit employé ce que j’appelle le contrat-chantage : ne plus être obligé de composer le 115 si les démarches demandées se font !
En l’absence d’un hébergé inscrit sur le listing, mon travail de coordinatrice consistait à en informer le coordinateur du 115, qui prévenait les EMA (en maraude de 21h à 5h à l’extérieur) afin de remplacer la personne manquante. Je les rejoindrai bénévolement de temps en temps, comme je veux approfondir ma connaissance de l’organisme dans lequel je travaille. Je projetterai aussi un tour au standard du 115, mais n’en aurai pas le temps.
 
Le travail dans lequel nous nous sommes engagées, accueillants et coordinateurs, est une lourde charge. Nous sommes confrontés à la misère, mais nous avons trop souvent l’impression de ne pas être entendu, compris, respectés. Tout comme les personnes que nous accueillons. Serions-nous juste là pour la vitrine ?
 
En 2002, Stefania Parigi, remplaçant madame Versini, est nommée directrice. Elle ne reconduira pas mon CDD en 2003, après un renouvellement de six mois. 
 
            B – Le village
 
1) Présentation 
 
Au printemps 2007, le relogement d’une partie des personnes qui ont envahi les rives du Canal St Martin à Paris, se fait, d’une part à St Jacques, d’autre part à Ivry-sur-Seine, au Village de l’Espoir que dirigera Jacques Deroo, ancien SDF et taulard, comme il aime à dire.
Sur le terrain voisin de l’hôpital Charles-Foi sont installés une trentaine de bungalows d’environ trente mètres carrés, petit salon, cuisine équipée, deux chambres et petite salle de bains. Tout près, une niche pour les chiens, que l’on refuse, sauf exception, dans les centres d'hébergement.
Au moment de l’inauguration, le 1er avril 2007, un incendie survient quelques jours plus tôt, au domicile de Jacques, rue de Cambrai, dans lequel un cocktail molotov est lancé tandis qu’il est interviewé sur son projet. Avec sa famille, il sera hébergé en famille au village, au même titre que les autres résidents.
 
Lorsque j’aurai rejoint son équipe éducative, elle se compose alors de quatre travailleurs sociaux, de deux conseillères en économie sociale et familiale, d’une secrétaire (la fille aînée de Jacques) et d’une maîtresse de maison (l’épouse de Jacques), tous employés par l’association Cœur des Haltes (fondée suite à la rencontre de deux femmes, Mona Chasserio et Danielle Huèges) ceci pour le côté humain de la gestion.
La société ADOMA (ex-Sonacotra) est, elle, chargée de la gestion immobilière. De son équipe, deux salariés de jour occupent le bungalow d’entrée, chacun surveillant, bon enfants au début, les allées et venus dans le village. De nuit, un autre veille au calme.
 
2) Objectifs 
 
Imaginé par Jacques Deroo, une vingtaine d’années auparavant, la gestion de ce projet pilote est donc confiée à l'association Coeur des haltes et à Adoma, l’un pour la gestion humaine, l’autre pour la gestion immobilière.
Conçu dans le sens de la reconstruction par le lien social reconstitué, le village a pour objectif de permettre aux personnes à la rue (notamment aux « campeurs » du Canal St Martin) la sécurité d’un logement pour se stabiliser, garant de leur emploi (pour ceux qui en avaient un), et la réappropriation de repères puis, l’installation dans un appartement. Espoir d’un nouveau départ, passerelle entre rue et logement, en partenariat avec GIP Habitat, organisme financé par l’Etat, aide aux personnes en difficulté de relogement .
 
À l’époque, je répondais à une journaliste : « Nous, nous sommes là pour les encadrer, les écouter. C’est vraiment de la communication ; à tel point que parfois je n’ai pas l’impression d’être au travail »
 
3) Méthodes 
 
Sur ce site, tout est étudié pour que chaque personne retrouve des repères, sans brusquerie.
Le village est un « sas pour les personnes qui ont connu la rue, l’hébergement d’urgence, pour aller vers l’autonomie, vers le logement », explique Jacques Deroo, qui précise, sur le site de la Gazette des communes, le 28 mars 2007 « je veux que rien ne soit gratuit, parce que dans la vie « rien n’est gratuit ». Ainsi faut-il acheter sa bouteille de gaz, ses jetons pour la machine à laver, payer son loyer, son électricité, et l’eau, en fonction des ressources, évidemment.
Les conseillères réapprennent, à ceux qui ont oublié, comment gérer un budget, faire des courses, entretenir sa maison, faire son ménage.
Les travailleurs sociaux accompagnent les personnes dans leur reconstruction, par l’écoute, mais également concrètement, en les conduisant en courses ou en allant visiter un appartement proposé par GIP Habitat, par exemple.
Tout est encore relativement calme, lorsque Bernard Tomasini, préfet, affirme (article du journal Le Parisien du 17 octobre 2007) que les « chiffres montrent que la resocialisation est une réalité au Village de l'Espoir », lors de la réunion du comité de suivi d’octobre. Christine Boutin, ministre du Logement, pérennise le projet fin 2008, devant cette « expérience si positive », article du journal Le Parisien du 1er octobre 2008.
 
4) Mon expérience  
 
Je visite bénévolement les uns et les autres, jusqu’au jour où Jacques me demande d’intégrer son équipe éducative.
Le travail est difficile, certes, parce que la misère, la rue, la déprime et la sous estimation de soi ont fait leur œuvre. Les personnes viennent de tous horizons, souvent diplômées, avec une longue expérience de la vie, et rechignent à se confier ou se laisser encadrer par les jeunes conseillères qu’ils estiment trop inexpérimenté(e)s pour leur donner des leçons.
Si mes autres collègues sont éducateurs, je suis animatrice ; animer de anima, rendre vivant, mettre de l’âme, du souffle, comme je le dirai à l’un des responsables de l’association, au cours d’un mémorable entretien, que je rapporte dans Et l’exclusion leur sera comptée.
 
En novembre 2007, Jacques Deroo, licencié, reste hébergé au village, faute de proposition de relogement. Plus d’encadrement, tous sont dépassés, ceux qui y sont accueillis, qui se sentent abandonnés, mais également l’équipe des travailleurs sociaux, qui portent les problèmes engendrés par cette situation pour le moins bizarre.
Jacques est accusé par l’association d’avoir refusé des propositions de relogement, et de saper le travail accompli, frustré de ne plus être responsable de son propre projet ; lui, assure qu’il n’attend qu’une chose, s’installer ailleurs, et estime que l’association n’a pas pris ses responsabilités en laissant le village péricliter, faute de direction.
Les travailleurs sociaux ne parviennent plus à travailler sereinement, la violence des débuts s’installe à nouveau, nuits agités, couteaux et éclats de voix, les résidents font courir les bruits les plus fous, colportés d’ici ou là. Les chiens seraient incessamment interdits, ceux qui ne travaillent pas seraient exclus, le village serait fortifié, il n’y aurait plus d’interlocuteurs ou alors des vigiles.
En avril 2008, l’association Coeur des haltes se retire au profit d’Adoma, qui a désormais l’entière gestion du site.
Au cours de la réunion de présentation de l’organisme, ADOMA me confirme être l’ex-Sonacotra. Si la Sonacotra faisait du social, ça se saurait, je préfère rompre mon contrat, ce jour du premier avril.
 

III. Mes ouvrages

 
            A – Présentation
 
Tout au long de ces périodes durant lesquelles j’ai accompagné les personnes à la rue, plus ou moins adroitement, proportionnellement à mon absence de formation en ce domaine, je n’ai cessé de prendre des notes, consciente d’être un témoin de mon temps, un témoin de la misère, de la compassion, de l’impuissance, au mois autant que de l’hypocrisie.
 
Deux ouvrages relateront ce parcours et témoigneront de ce que j’ai vécu, constaté et déduit.
Si l’exclusion m’était contée paraît en 2007, préfacé par Augustin Legrand, Les coulisses du village de l’espoir, en 2008, aux éditions Les points sur les i.
Réédités en 2010, aux éditions THEOLIB, le premier gardera son titre, tandis que le second deviendra Et l’exclusion leur sera comptée, comme je l’avais souhaité à l’origine.
 
  1. En ce qui concerne le premier ouvrage, Si l’exclusion m’était contée, l’idée m’est venue de le rédiger alors que je me retrouve au chômage suite à la non-reconduction du CDD qui me liait avec le Samu social de Paris. Mais il me faudra deux ans avant que le recul nécessaire me permette d’écrire autrement que sous le coup de la colère, et m’évite de faire du contenu de mon livre un simple et inutile règlement de compte. Alors que je pose les dernières phrases du tapuscrit, Augustin Legrand (qui préfacera l’ouvrage), à la tête de son mouvement Les enfants de Don Quichotte, réussit la prouesse de montrer la misère aux yeux du monde. Et ce, malgré un certain monsieur Balkany, maire UMP de Levallois-Perret (piégé par un faux journaliste américain, il niera la misère en France en 2005, réduisant les SDF à de vulgaires fainéants), et au grand dam d’un certain monsieur Sarkozy, ministre de l’intérieur à cette période. Trois cents tentes fleurissent, tâches rouges sur le Canal St Martin se mêlant aux décorations de Noël. Cet évènement viendra clore le témoignage de ma première expérience auprès des personnes qui vivent à la rue, qui relate surtout la vie à l’intérieur d’un centre d’hébergement d’urgence (donc de nuit). En effet, le recul est encore difficile à prendre, mais l’ébauche de réflexions, permet une touche d’espoir. L’accueil, la misère de ces hommes, de ces femmes, d’enfants parfois (que nous n’avons pas le droit d’héberger mais que nous accueillons en attendant que les camions les emmènent ailleurs), les bagarres, les confidences, les décès, les bonnes nouvelles (succès de démarches, orientation meilleure pour les uns, boulot enfin trouvé pour d’autres…), le séjour mouvementé des personnes venant du bout du monde, jeunes rwandais, Mandarins ou Mongols même. La compassion malgré un peu de paternalisme de la part de certains, la confiance et la défiance, toute une atmosphère où l’apprivoisement mutuel est de mise.
 
  1. Pour le deuxième ouvrage traitant de la même problématique, Et l’exclusion leur sera comptée, le laps de temps nécessaire à la réflexion et au recul, avant le début de sa rédaction, sera plus court. J’ai appris à mieux me protéger. Le livre commence là où s’est terminé le premier, sur les bords de Seine, qui se vident   de ces campeurs pas comme les autres. En petite partie seulement relogés, certains se retrouvent à St Jacques (locaux préalablement prévus pour des étudiants), d’autres au Village de l’Espoir, composé de jolis bungalows posés sur le terrain de l’hôpital voisin, à défaut des châlets espérés par Jacques Deroo. Tout au long de cet ouvrage, je témoigne, certes, mais j’ai appris à poser les faits. En tous cas, de meilleure façon que dans le premier ! Aussi est-il alors plus aisé de sortir des constats pour arriver aux solutions éventuelles. Le travail consiste à créer du lien, certes, mais sans les directives carrées que le Samu social nous enseignait. Ici, ce sont des visites amicales, tout en observant une certaine distance, invitations à partager au café ou un repas, tutoiement et bise. La vie « normale » est à portée de main, beaucoup lus concrète qu’en centre d’hébergement. Entre la rue et le logement, l’image d’une passerelle est vraiment bien choisie. 

 
            B – Extraits
 
  1. Si l’exclusion m’était contée 
 
Rendez vous avec Xavier Emmanuelli
 
Il a l’air préoccupé quand nous abordons le sujet de la population différente accueillie par le Samu social ces dernières années : je lui fais remarquer la difficulté de recevoir un public autre que celui pour lequel nous avions été préparés. Son regard s’attriste.
La toute première mission de cet organisme humanitaire était de s’occuper de « clodos». Or, nous avions de plus en plus de sans papiers, de réfugiés, de demandeurs d’asile, de jeunes en fugue et/ou toxico, de femmes seules, battues, de cas relevant de la psychiatrie.
Il soupire :
– Le problème est que l’on ne peut refuser un abri à qui que ce soit et ces personnes seraient bien bêtes, connaissant le système comme elles ont appris à le connaître, de ne pas savoir en profiter !
Il tombe d’accord avec moi, sur la difficulté à appliquer les conseils qui nous avaient été donnés à notre arrivée dans cette mission : « Travailler avec coeur mais pas avec le coeur» et « créer du lien, non des liens».
 
Exclure les exclus, possible et même salutaire dans certains cas. Le comportement violent d’une jeune fille m’oblige à appeler la police, et à réaliser, à mes dépens, qu’on ne touche pas aux sacs des personnes à la rue, leur maison.
 
Quoique méfiante, je m’approche d’elle d’assez près pour qu’elle ne croie pas que j’ai peur.
– Mademoiselle Gembe, vous prenez vos affaires et vous sortez.
Elle a tout d’abord pris sa voix geignarde de petite fille qui ne comprend pas :
– Mais comment tu veux que je fasse dehors avec ma jambe ? Tu vois bien que je suis blessée. C’est cet enculé de nègre qui m’a mise dans cet état !
L’équipe est impatiente et les dames commencent à se réveiller. Je sens bien que nous allons frôler l’émeute, surtout que la première qui se risquera à faire une réflexion pourrait se prendre un pain dans la figure. Je répète à la jeune femme que je veux qu’elle sorte, puisque son attitude n’est pas compatible avec l’accueil que nous offrons aux personnes en difficulté. Elle se marre et s’exclame :
– Quel beau discours !
Elle commence à me gonfler sérieusement. Je perds patience. J’avance la main vers ses affaires :
– Si vous ne pouvez pas vous débrouiller, je vais vous aider.
Et là, ce qui se passe est très rapide et je n’oublierai jamais la leçon. Elle se jette sur moi avant que je ne comprenne comment elle a pu se lever aussi vite avec sa patte folle, elle m’attrape le bras et d’une torsion que visiblement elle contrôle (sinon elle m’aurait brisé les os, je pense) elle m’écarte de son chemin et de son bien.
– Ça, tu touches pas ! siffle-t-elle, menaçante et décidée.
 
Fatima a perdu une jambe. Redevenir normale ne fait pas forcément son bonheur.
 
Une fois en possession de sa prothèse, elle me semblait heureuse, sereine. Sa nouvelle silhouette la transformait. Du coup, devenue agréable et donc plus liante, elle se laissait moins aller à boire en cachette dans le centre.
 
Puis à notre grand désarroi, elle a replongé, une fois de plus.
Explication de Loïc : avec sa nouvelle jambe, la femme qu’elle est avait retrouvé un statut féminin. Mais en retrouver la silhouette, lui avait fait perdre l’apparence de SDF et masqué son handicap. Adieu son gagne-pain. Elle avait certainement l’impression que son nouveau look lui faisait ombrage : le regard des gens n’était plus le même, ils ne s’apitoyaient plus.
 
L’humour, qui permet de supporter la vie à la rue, et ses contraintes.
 
Assia fait preuve d’une bonne dose de lucidité et de culture. Pour preuve, la manière dont elle détourne les paroles, sigles et abréviations : sur l’air de Anti-social de Trust elle chante « Samu social, Samu Spécial». Elle poursuit la chanson culte. « Tu perds ton sang-froid» devient « Tu perds tes morts de froid.» Au sigle SSP elle donne sa définition personnelle : « Sans Souci Particulier». SDF se transforme en « Sans Difficulté Financière».
 
 
  1. Et l’exclusion leur sera comptée 
 
Volontaires désignés
 
« Ils l’ont bien cherché » ou « ils le veulent bien », entend-on encore trop souvent.
Ou pire : « De toute façon, ils ont l’habitude, à force ».
Chiche ! On prive d’eau, d’électricité, de toilettes, de lave-linge, de télé, un citoyen français lambda, ne serait-ce qu’un mois. Non ? Alors, pourquoi ces personnes-là le supporteraient-elles mieux ? Et s’il arrivait qu’être à la rue soit un choix pour certains (je devrais écrire « devient » un choix), cela justifierait-il que l’on ne s’occupe plus d’eux ? Et ce prétendu choix ne viendrait-il pas du fait qu’il est toujours difficile d’avouer et d’accepter que l’on n’est pas maître des épreuves que nous subissons ?
 
La solitude, véritable exclusion
 
La solitude, souvent pesante, finit par devenir une habitude. Car l’exclusion sociale commence surtout lorsque l’on se sent trop seul. Seul en famille, seul en soirée, seul au boulot, seul même au milieu des autres. Trop seul pour affronter les épreuves de la vie, trop seul car on est incompris. Ou différent. Trop différent. Exclusion sociale. Plus de lien affectif. Le plus terrible, c’est de ne plus être attendu par personne, de ne pas pouvoir recevoir des amis, la famille, quand on en a encore.
De ne plus compter pour personne.
 
Le quotidien d’un SDF ? Une suite de comptes
 
Et l’exclusion leur sera comptée.
Être SDF c’est compter, compter sans cesse. Compter les pas, compter les coups, compter les heures, compter les jours…
Compter sur qui ?
Après avoir tenté de dénombrer les SDF en France, en région parisienne, après avoir essayé d’en décompter le pourcentage d’hommes, de femmes, de jeunes (en fugue ou toxicos), de personnes handicapées, de personnes âgées, de malades, après avoir compté le nombre de résidents du village, relogés, positionnés, actifs, malades, en couple, d’origine étrangères, aptes ou non à l’emploi, à une réinsertion, après avoir fait le compte du temps, le décompte des mois, pour décider si l’on comptait surseoir au sursis laissé aux délaissés, après avoir exigé tant de comptes et de décomptes, il va falloir que les politiques et les associations rendent des comptes plus fiables.
Les uns de la part qu’ils ont donné au problème, priorité et subventions, les autres de la manière dont ils ont appréhendé le problème, gestion et financement.
Nous sommes au coeur des comptes que l’on nous conte.
Si l’exclusion n’était plus ni contée ni comptée !
 

IV. Solutions issues de la réflexion de travailleurs sociaux de terrain

 
A – Les miennes, après mes deux expériences
 
1) Et la prévention, avant toute conception de villages « ghettoïsant » les personnes exclues, comme en quarantaine (l’exclusion n’est pas une maladie) ?Quelle est cette société qui n’est même plus vigilantes aux symptômes de mal être des siens, au point d’attendre le pire ? Ou de le laisser arriver et s’installer – cela, en tous domaines, d’ailleurs – sinon une société gérée par des fous du pouvoir qui ne songent qu’à leurs privilèges ? La société va mal ? Il faut la sanctionner ! Répression et politique sécuritaire sont les deux mamelles du pouvoir… quel qu’il soit.
Décider du sort et des besoins des personnes, sans elles, qui sont pourtant concernées, paternalisme ! Il ne faut pas travailler « pour » (à la place de) mais « avec ».
 

2) À bas les marchands de sommeil : qu’ils soient sanctionnés, mais également les organismes qui font appel à eux en toute connaissance de cause

 

3) Stop aux investissements dans la pub pour les organismes et les associations humanitaires que les citoyens connaissent suffisamment pour ne pas avoir de mal à choisir lesquels aider et de quelle façon; mais des dépenses plus judicieuses. Idem pour le 115, pour lequel il ne sert à rien de faire de la pub, tant que les places d’hébergement ne sont pas suffisantes.

Août 2012, le 115 ne répond plus.
« Le dernier baromètre consacré au numéro d’appel et d’accueil des personnes sans abri (le 115), publié mercredi 5 décembre, fait état d’un niveau de non-réponse encore jamais atteint », peut-on lire dans le journal La Croix du 5 décembre 2012.

Le 6 décembre 2012, BFM annonce que le Samu social est « déjà » débordé… Sans doute faudrait-il dire « encore » !

 

4) Possibilité de porter plainte, non seulement pour non-assistance à personnes en danger, mais surtout, pour mise en danger de la vie d’autrui.

 
B – Les améliorations possibles (de l’existant)

 

1) Arrêt de la gestion saisonnière (comme tout un chacun, les SDF ne meurent pas seulement en hiver)

 

2) Hébergement plus nombreux pour SDF avec animaux

 

3) En réponse à la demande d’organisations de solidarité, 20 000 places d’hébergement supplémentaires (en sus des 120 000 actuelles) ; également de petites structures d’accueil, les centres d’hébergement ne sont pas des super marché de l’accueil !
Mais aussi, des structures plus nombreuses adaptées aux personnes âgées et/ou handicapées par cette vie difficile

 

4) Meilleure formation des travailleurs sociaux pour un réel accompagnement des personnes à la rue, qui ne sont pas des numéros ni de la matière première. Autant d’années à la rue sont autant de repères qu’il faut se réapproprier. Gérer son budget, ses courses, son ménage, son voisinage, ses problèmes de santé…

 

5) Arrêt de la stigmatisation et de la culpabilisation. Le but recherché est d’éradiquer la pauvreté, pas les pauvres ! Mon premier, du ressort des responsables politiques, mon second, de la vindicte populaire, suivant que l’on divise pour mieux régner.

 

6) Simplification les démarches administratives

 
C – Autres solutions

 

Les solutions politiques actuelles étant nettement insuffisantes, des associations, et organismes de tous bords émettent de nouvelles idées et mettent en place des projets innovants.

 
1) Le 115 du particulier 
 
Sur une idée de Brann du Senon, président, et de Cédric Lebert, ce mouvement original d’aide aux victimes de la rue et de la précarité, fait appel à la solidarité individuelle. Pas question « de se substituer aux travailleurs sociaux, aux personnels spécialisés en psy, ni même aux associations et aux institutions existantes. Ni subvention ni envoi d’argent, mais récolte de dons concrets de toute sorte (nourriture, couvertures, vêtements), que l’association trie et distribue, ou offre de douche ou d’hébergement.
De ce projet est issue l’idée du village, en 2012.
« Situé à VILLEBEON en sud Seine et Marne, sur un TERRAIN PRIVE (…) et indépendant de TOUTES casquettes institutionnelles et religieuses. Ouvert aux Sans abri et aux Victimes de l'exclusion, le Village se veut être un endroit de transition pour retrouver le chemin de la dignité citoyenne, soit une PLACE qui leur est due républiquement dans notre société où l'on cultive plus souvent la dé-socialisation que l'écoute humaine », dit la Charte du village.
 
2) 115 juridique 
 
Devant le peu d’entrain (et parfois le frein) de l’Etat pour rendre effectives ses promesses et les lois, des associations ont créé le 115 juridique afin d’aider les personnes à accéder à leurs droits, à l’exemple du DAL qui a traduit l’État devant la juridiction administrative, et de la décision du Conseil d’État (10 février 2012) dénonçant « le non-respect par l’État des dispositions du Code de l’action sociale », constituant une jurisprudence « faisant obligation à l’État d’héberger une jeune mère et son enfant ».
 

    3) Le Collectif des morts de la rue

Travail existant depuis des années, qui consiste à recenser et à rendre hommage aux morts de la rue, comme son nom l’indique, qui mérite d’être connu vraiment plus amplement.

 

V. Les solutions politiques récentes

 1) Le 5 juil. 2012, Cécile Duflot promet un plan quinquennal pour l'hébergement des SDF. 

2) En sept. 2012, plan d'urgence pour les sans-abri, 50 millions d'euros débloqués pour l'hébergement d'urgence.

3) « Maintenir des milliers de personnes dans des situations d'hébergement provisoire est coûteux. Leur fournir une solution de logement durable pourrait s'avérer rentable à moyen terme, et bénéfique à la société tout entière », peut-on lire sur le site Terraeco. Monsieur Ayrault, premier ministre, présente donc onze mesures contre la pauvreté. Mesures à minima pour grand choc promis, s’insurgent les associations et mouvements qui défendent les pauvres…  La meilleure des améliorations fut cette décision des associations de travailler ensemble (moins de jalousie, plus d’union)

 

Il est sérieusement temps d’envisager, pour les accidentés de la vie, les mêmes droits accordés aux accidentés de la route, ou les personnes atteintes de handicap ponctuel ou chronique. Pour celles-ci, une rééducation leur permet recouvrer leurs fonctions vitales. Pourquoi les blessés de la vie n’auraient-ils pas droit à un ré-apprentissage de la vie ? Non un lavage de cerveau en vue d’une uniformisation, bien sûr, mais s’en tenant au respect du mode de vie de chacun.
Il est temps de réaliser que la personne à la rue, n’est pas un être exclu de la société, mais en fait partie intégrante, bouc émissaire tout trouvé pour servir d’exemple

 

 

 

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Le Vériteur

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LILIANE Gabel

Liliane Gabel naît en 1951 à Bruxelles au sein d’un milieu évangélique, dans lequel elle va baigner durant une bonne partie de sa vie. Emmenée dans les multiples mutations et voyages de ses parents, elle s’enrichit de cultures différentes, notamment au cours de séjours en Afrique, au Congo (qui ...
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