Toutes les Vérités > Transporteurs routiers : des taux horaires en dessous du SMIC

Transporteurs routiers : des taux horaires en dessous du SMIC

Thème : Société, Grève, Travail
Publiée le 20/01/2015 |
11041 | Réagir
Révélée par FGTE - CFDT |
Soutenir

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Revalorisation salariale, généralisation du treizième mois et dialogue apaisé avec le patronat sont les principales revendications des transporteurs routiers.
Dans le cadre d’une grève reconductible, les transporteurs routiers ont organisé des opérations escargot ou le blocage de certaines plateformes de marchandises… Si la Fédération générale des transports et équipements n’a pas appelé à la grève pour attendre les prochaines négociations, ses membres partagent les revendications des autres syndicats.
 
Fabian Tosolini en est le secrétaire fédéral. Il recentre le débat sur le cœur de la grogne : les revendications salariales et la rupture du dialogue social avec les organisations patronales.
 
Quelle est la réalité du métier de transport routier ?
 
Avant tout, il faut savoir que cette branche recouvre de nombreuses réalités : il n’y a pas qu’une réponse. En tout, elle compte 600 000 salariés, mais ce ne sont pas 600 000 conducteurs de camions, contrairement à l’image de l’inconscient collectif. D’abord, il existe différents types de conducteurs : de celui qui fait de l’international, qui part de chez lui une semaine, à celui de « la messagerie », qui part le matin et rentre le soir. D’ailleurs, en fonction des entreprises, ce sont parfois les mêmes personnes. Il est impossible de reconnaître un camion qui transporte du fret d’un camion de messagerie.
 
Mais il existe également des métiers complètements différents : les coursiers en voitures, les personnes qui déplacent des palettes sur les quais de logistique, les ambulanciers qui transportent des personnes âgées, les chauffeurs de camions de déménagement qui travaillent pour des particuliers, les conducteurs de cars…
 
Quelles sont vos revendications ?
 
La première de nos revendications est une revalorisation des salaires. Ces quatre dernières années, notre branche a connu de grosses difficultés de négociation salariale : sur deux années, les salaires ont été complètement gelés et la majoration a été très faible sur les deux autres années. Le résultat est qu’aujourd’hui, des premiers salaires ont des taux horaires inférieurs au SMIC. Normalement, les taux conventionnels sont négociés lors des NAO (négociations annuelles obligatoires) et alignés au minimum à celui du SMIC. Mais, depuis quelques années, la revalorisation ne suit plus celle du SMIC et on finit par être en dessous ! La base des revendications de l’intersyndicale est l’obtention de 100 euros nets par mois.
 
Notre contrat de travail classique comprend un nombre d’heures mensualisé à effectuer. Le temps de travail est contrôlé grâce au fameux disque et au GPS. En plus de ce nombre d’heures de base, le salarié peut effectuer un certain nombre d’heures supplémentaires majorées à 125%. Enfin, les heures effectuées encore au-dessus de ce quota sont majorées à 150%. Aujourd’hui, le patronat veut supprimer ce « niveau 3 » des heures rémunérées, ce contre quoi nous protestons.
 
Nous réclamons également la mise en place généralisée d’un treizième mois. Il existe déjà dans certaines branches de la convention, comme le transport de voyageurs (les chauffeurs de car et de bus) : le but est maintenant d’harmoniser. Cette revendication, comme d’autres, appartient plus généralement à des accords nationaux interprofessionnels qu’on n’arrive pas à faire appliquer dans notre branche.
 
C’est un vrai problème de communication. La branche du transport routier a aujourd’hui besoin d’une vraie reprise du dialogue. Les NAO devraient permettre des négociations paritaires, réunissant représentants des salariés et des patrons, mais il est difficile de se faire entendre. Quels que soient leurs arguments, les organisations patronales doivent respecter les engagements pris par le MEDEF et la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises). Or, aujourd’hui, les accords interprofessionnels, comme celui du 11 janvier 2013, ne sont toujours pas entièrement déclinés dans notre convention.
 
Quels sont les arguments des organisations patronales ?
 
En général, l’argument des organisations patronales, c’est la conjoncture économique. Et, parfois, elle est entendable. On le sait, on ne vit pas en dehors de la réalité. Mais ils ne peuvent pas utiliser cette carte de la crise éternellement. D’ailleurs, elle commence à perdre de sa valeur : le prix des carburants a baissé, la suppression de l’écotaxe a été adoptée…
 
Beaucoup de nouveaux éléments permettent d’économiser sur les coûts de production, ce qui devrait en partie être redistribué aux salariés. On ne peut pas brûler des portails écotaxe sous prétexte de protéger les emplois des salariés et les entreprises et, une fois le projet tombé, continuer de maintenir la même pression sur les salaires !
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

Photo du Vériteur

FGTE - CFDT

Fédération générale des transports et équipements
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :