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Au secours Jules Ferry !

Thème : Société, Education
Publiée le 14/05/2012 |
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Révélée par POURTIER David |
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Le système éducatif français actuel et ses défaillances

J’achève la lecture de différents articles de presse se faisant l’écho de récentes déclarations de M. Vincent Peillon, professeur agrégé de philosophie, que les médias présentent comme le futur ministre de l’Education Nationale. Dans ses déclarations d’après la victoire de François Hollande, M. Peillon annonce notamment vouloir procéder dès cet été à une évaluation globale du système éducatif pour remplacer les évaluations nationales historiques des CE1 et CM2, qui, selon ses dires, étaient davantage des instruments de communication politique que des outils utiles au corps enseignant. Il faut, selon M. Peillon, « revenir à des pratiques, disons, plus républicaines ».

On n’aura donc plus, dès cette année, de remontée nationale des résultats des évaluations sous l’actuelle formule ... ces évaluations étant probablement appelées à être bientôt supprimées. Dont acte, le système n’était probablement pas parfait ! N’est-ce pas pourtant cette formule qui conduisait à relever, en détail, la constante régression du niveau scolaire de l’école primaire et à contribuer à expliquer, conséquemment, la non moins constante dégradation du niveau des élèves au collège, au lycée et dans l’enseignement supérieur ? On se demande ainsi comment cela pouvait ne pas être utile au corps enseignant.

Tout cela doit être remplacé par un nouveau dispositif plus vertueux, car « incontestable du point de vue scientifique », dont les contours sont toutefois encore inconnus. Faut-il faire un lien de cause à effet entre cette révélation et le fait que notre nouveau Président a décrété l’éducation comme cause nationale prioritaire ?

Je voudrai sincèrement être rassuré. Sans être un éminent spécialiste de ces questions et en tant que simple observateur, il m’avait semblé que l’idéologie ambiante s’était historiquement éloignée de la référence à la science en matière d’éducation (comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres domaines), peu compatible avec la pensée autoproclamée progressiste, basée sur un rêve égalitariste. C’est ainsi que nos gouvernants successifs ont conduit, depuis l’après-guerre, à imposer l’école unique et son cortège de mesures « révolutionnaires » (carte scolaire, classes hétérogènes, nouvelles pédagogies, ...). Or, n’est-ce pas ce modèle qui, dans ses fondements même puis dans son exécution progressive, a détruit purement et simplement l’école chère à Jules Ferry et les principes la sous-tendant : le mérite ; l’excellence ; le respect du maître, du sachant, ... Mme Ségolène Royal, dans sa campagne présidentielle de 2007, avait rappelé avec force ces fondamentaux. Le modèle prôné par Jules Ferry n’était peut-être, lui aussi, pas parfait. Il était plus progressif, pouvait parfois être fastidieux, mais il poussait les élèves, quelles que soient leurs origines sociales, à atteindre le plus haut niveau possible avec comme modèle les individus les plus brillants. Rien n’était acquis d’avance ! Il fallait payer de sa personne, faire des efforts parfois exceptionnels pour certains ; mais quel plus précieux cadeau à recevoir que de se voir offrir l’opportunité de se hisser au meilleur de ses capacités et d’être reconnu par son seul mérite ?

Les acquis et les résultats scolaires étaient bien meilleurs à tous les niveaux (qui peut sérieusement le contester ?). Les grandes écoles, les universités étaient réputées pour leur excellence, s’inscrivant dans la tradition historique française. Les élèves issus des couches les plus défavorisées avaient une réelle chance d’intégrer les filières d’excellence car ils trouvaient à l’école ce qu’ils n’étaient pas en mesure d’obtenir au sein de leurs familles ou de leurs environnements sociaux. Depuis la réforme de l’école unique, les principes de l’école chère à Jules Ferry ont été progressivement dévoyés.

Comment en est-on arrivé à la situation catastrophique d’aujourd’hui ? Sans chercher à être exhaustif, il est possible de dégager plusieurs pistes :

- l’égalitarisme entre le maître et l’élève prôné depuis la fin des années 1960 ;

- l’égalitarisme entre les élèves, niant les différences de maturité, de développement de la structure intellectuelle et conduisant au lissage des profils ;

- l’altération de la morale, sûrement intimement liée au combat idéologique mené parallèlement par les tenants de l’école unique contre la pensée judéo-chrétienne historique de notre pays, incarnée par la déviance malsaine de la notion de justice sociale (un exemple : on n’enseigne plus les fables de La Fontaine à l’école, car pas assez en phase avec la justice sociale. Pourtant, cela avait fait ses preuves. Rien que pour le plaisir et parce qu’il est bon de rire un peu, je ne résiste d’ailleurs pas à mettre un lien à la fin de cette vérité illustrant parfaitement le dévoiement de la morale judéo-chrétienne française) ;

- le nivellement par le bas de l’enseignement, faute de pouvoir continuer, dans l’école unique, à hisser le plus grand nombre vers le haut. Il a donc fallu inventer de nouvelles pédagogies (les anciennes n’avaient-elles pas fait leurs preuves ?), baisser le niveau requis d’obtention des diplômes (à commencer par le baccalauréat – il est plus facile d’amener 80% d’une classe d’âge au bac en baissant le niveau requis qu’en poussant les élèves à l’excellence), galvauder les principes de sélection et d’orientation, ... N’est-ce pas Mme Pécresse, successivement Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche puis ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’Etat et porte-parole du Gouvernement, qui déclarait récemment qu’il fallait que les grandes écoles s’ouvrent davantage à la diversité, quitte à édulcorer leurs concours d’entrée ? N’est-ce pas sous l’impulsion de M. Chatel, Ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, que les élèves ont été de plus en plus poussés à se spécialiser tôt, que l’histoire a été supprimée en terminale scientifique, ... ?

On mesure ainsi l’ampleur du poison idéologique de cette pensée autoproclamée progressiste (mais pour qui le progrès au juste ?), contaminant même des gens qui y sont pourtant culturellement et idéologiquement opposés. Car ce poison est avant tout véhiculé par les vrais détenteurs du pouvoir dans le système éducatif français depuis des dizaines d’années, sur lesquels les gouvernants officiels, pour différentes bonnes raisons peut-on imaginer, n’ont pas souhaité ou n’ont pas pu reprendre le contrôle. Quel est l’objectif poursuivi par ces différentes forces ? Cela mériterait débat, que certains courageux (et bien évidemment immédiatement vilipendés, voire condamnés, par la société bien pensante), ont déjà posé : destruction programmée des élites, rupture avec la tradition bourgeoise française, ...

D’ailleurs, leur pouvoir se limite-t-il à la seule éducation nationale, il est permis d’en douter. Une chose est certaine : le système est immobile et résistant à tout changement véritablement vertueux. M. le Président, je formule le vœux qu’en allant vous recueillir sur la tombe de Jules Ferry (comme vous l’avez annoncé), vous en reveniez très inspiré et que les valeurs de la République soient réaffirmées avec force et vigueur. Je souhaite que vous réussissiez à prendre les mesures courageuses pour revenir à l’efficacité et à la vraie justice sociale de l’enseignement que Jules Ferry prônait. Il faut que vous réussissiez à rompre ce processus d’une école uniforme, de diplômes au rabais, de filières qui n’ont plus d’excellence que le nom, d’une école faisant davantage office de garderie que de centre d’apprentissage.

Bonne chance et bon courage M. le Président. 

Le Vériteur

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POURTIER David

50 ans, marié, 2 enfants. Cadre en entreprise. Passionné d’histoire.
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