Toutes les Vérités > Le vote obligatoire et le vote blanc pour combattre l’abstention

Le vote obligatoire et le vote blanc pour combattre l’abstention

Publiée le 11/02/2014 |
6142 | 1 |
Signez la pétition

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Les solutions pour lutter contre l’abstention : représentativité, pluralisme, démocratie participative, vote obligatoire et vote blanc.
Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, plus d’un tiers des Français songeraient à s’abstenir lors des élections municipales du mois prochain. Plus inquiétant encore, l’abstention toucherait principalement les classes populaires et les jeunes. Rappelons à cet égard que jamais sous la Ve République les jeunes électeurs s’étaient aussi peu mobilisés qu’en juin 2012 pour renouveler l’Assemblée nationale !
 
Nombreux sont celles et ceux qui y verront l’expression d’une méfiance grandissante à l’égard des institutions liées à la politique. Que faire face à un tel constat d’échec ?
 
Pluralisme et représentativité : une nouvelle démocratie à construire
 
La refondation démocratique que nous appelons de nos vœux passera par davantage de pluralisme et de représentativité. Comment justifier que des courants qui pèsent plus de 10% du corps électoral ne soient pas ou trop peu représentés, tandis que des formations minoritaires parviennent, par le jeu des alliances politiques, à créer des groupes parlementaires ? L’introduction d’une part de proportionnelle nous paraît à cet égard incontournable.
 
Le second principe est celui de la représentativité. L’âge moyen des députés s’élève à un peu plus de 54,6 ans (1), tandis que fonctionnaires, enseignants et cadres supérieurs y sont surreprésentés, contrairement aux employés et ouvriers qui constituent plus de la moitié de la population active, mais seulement une poignée de députés. Une seule députée de couleur était élue en métropole avant le renouvellement de 2012 et les députées ne représentent qu’un quart de l’hémicycle. Le politiste Bastien François avait ainsi pu dresser en une formule lapidaire le portrait de l’Assemblée nationale : « un club de mâles blancs bourgeois et sexagénaires ». Il est évident qu’un malaise naît de cette forte dissemblance entre la société et ses représentants.
 
Démocratie participative et légitimation de la décision publique
 
De même qu’il ne saurait y avoir de représentation légitime sans et en dépit des représentés, il n’y a pas davantage de sujet politique autrement que dans une dynamique permanente par laquelle l’individu devient citoyen en revendiquant ses droits politiques. Il n’est, à notre sens, plus concevable de prétendre gouverner les masses populaires démocratiquement tout en les excluant du politique entre deux élections.
 
Le phénomène d’abstention démontre non pas tant l’atonie de la participation politique, mais au contraire que les institutions classiques ne suffisent plus à épuiser la demande de participation et de légitimation de la décision publique. C’est l’accès même au référendum qu’il appartiendrait d’ouvrir aux acteurs de la société civile, par l’entremise de pétitions regroupant plusieurs millions de signataires, et non aux seuls élus. La mise en place par la majorité précédente d’un référendum dit « d’initiative populaire » ne doit pas faire illusion. Il nous faut aller bien plus loin encore sur ce modèle, tout en garantissant la conformité au texte constitutionnel des propositions soumises à référendum et en conditionnant la validité du scrutin à un quorum significatif de votants.
 
Il nous semble cohérent que ces nouveaux mécanismes de démocratie délibérative et participative soient couplés avec l’introduction de deux mesures innovantes. Ainsi, une lutte efficace contre l'abstention passe par l'introduction du vote obligatoire à toutes les élections. En parallèle, il faudra comptabiliser le vote blanc dans les suffrages exprimés afin de donner plus de poids à cette « abstention civique ».
 
Rendre le vote obligatoire à toutes les élections
 
L’instauration d’un vote obligatoire à toutes les élections participerait d’une vaste campagne d’éducation civique, visant à redonner goût à la participation politique, dès lors qu’elle aura retrouvé un sens et sera ainsi regardée comme plus légitime.
 
D’un point de vue pratique, des sanctions devront être pensées, allant par exemple du blâme à l’amende. Sans elles, le caractère obligatoire du vote n’aurait aucun sens. Leur objectif n’est pas tant celui d’une punition que d’une incitation à prendre part à la vie publique.
 
Ainsi, notre proposition peut uniquement se concevoir dans le cadre d’un débat démocratique refondé, inclusif et à l’écoute de toutes les formes d’expression politique. Un tel vote obligatoire pourrait, en outre, être étendu aux élections professionnelles pour accompagner la montée en puissance de la démocratie sociale dans notre pays.
 
Comptabiliser le vote blanc dans les suffrages exprimés
 
Néanmoins, le combat contre le fléau de l’abstention ne peut être uniquement mené ainsi. Ce nouvel équilibre entre droits et devoirs civiques gagnerait à être encore enrichi par une meilleure prise en compte du « vote blanc », qui, une fois comptabilisé dans les suffrages exprimés, constituerait un signal d’alerte pour les partis politiques, qu’ils ne pourront plus instrumentaliser en retour.
 
Pour les élections au scrutin majoritaire à deux tours (législatives, cantonales et municipales dans les villes de moins de 1 000 habitants), la comptabilisation du vote blanc dans les suffrages exprimés multiplierait le nombre de seconds tours. Autre aspect révolutionnaire, si les bulletins blancs obtenaient la majorité relative lors du second tour, une nouvelle élection devrait alors être organisée au cours des semaines suivantes.
 
Ce nouveau mécanisme permettrait de responsabiliser davantage à la fois l’électeur et l’élu. A l’approche des élections municipales et européennes, nos responsables politiques doivent prendre part au combat contre l’abstention. Lutter efficacement contre ce fléau, c’est avant tout en modernisant et en refondant notre système démocratique que nous y parviendrons !
 
(1) « Jeune, la nouvelle Assemblée ? Non, 54,6 ans de moyenne d’âge », Libération, 18 juin 2012.

Le Vériteur

Photo du Vériteur

Cercle des Nouveaux Réformistes

Le Cercle des nouveaux réformistes (CNR) est la plateforme d’une jeunesse progressiste, qui se veut être une force de propositions innovantes ! Certains rédacteurs de l’ouvrage collectif "Ayons de l’audace ! L’Appel d’une jeunesse vigilante", publié le 20 août 2013 aux éditions "L’Encyclopédie...
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :