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Femme, tu enfanteras où l’Etat te dira

Thème : Santé, Médecine
Publiée le 12/12/2014 |
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Révélée par VICREY Céline |
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Les lieux d’accouchement font polémique. Un certain nombre de personnes considèrent l’hôpital comme un lieu non-adapté à l’accompagnement de la venue au monde.
L’hyper médicalisation des naissances a laissé un gout amer à certaines femmes, qui se sont senties manipulées, volées, voire violées, non-respectées. Les forums de discussion sur Internet se multiplient : des femmes, mais aussi des hommes, y relatent le vécu de la prise en charge de leur grossesse, de leur accouchement, des soins à leurs enfants.
 
On voit se développer une part non négligeable de couples, de femmes, souhaitant tenter l’aventure de l’ « ANA ». Traduisez : Accouchement Non Accompagné. Traduisez : un accouchement à la maison, sans professionnel médical. Pour certaines femmes, cela désignera le fait d’accoucher seules. Seules avec la douleur, la peur ; seules face aux risques de complications.
 
Une perte de confiance dans les professionnels de santé
 
Il y a deux explications à cette situation. La première est une perte de confiance dans les professionnels de santé, tous confondus : ils seraient pourvoyeurs de mauvais conseils, de culpabilisations, de gestes techniques invasifs et non-aptes à demander un consentement à une patiente.
 
La seconde raison est l’impossibilité de trouver une sage-femme pour accompagner cette volonté d’accoucher à son domicile. En effet, les sages-femmes ne peuvent pas contracter une assurance professionnelle pour ce type d’acte (elle leur coûterait plus de 20 000 euros, c’est-à-dire plus que leur chiffe d’affaires annuel). L’assurance professionnelle étant obligatoire, on a vu cette année deux sages-femmes interdites d’exercice pour avoir réalisé des accouchements à domicile (sans aucune faute professionnelle, sans dommage pour aucune femme ou nouveau-né). De ce fait, une poignée seulement d’entre elles s’y risquent, et un certain nombre de femmes n’en trouvent aucune dans leur région.
 
Les maisons de naissance actuellement expérimentées sont accolées à une maternité et dirigées pour la plupart par des gynécologues-obstétriciens (médecins spécialistes des pathologies liées à la grossesse et l’accouchement). Elles sont très peu nombreuses et ne correspondent pas aux désirs d’une certaine partie de la population.
 
Laisser le choix aux parents du lieu de l’accouchement
 
Le mouvement de protestation des sages-femmes, qui a duré un an et a été suspendu faute de se faire entendre, est en lien avec cette problématique, même si elle n’a pas été mise en avant de manière soutenue, pour la simple et bonne raison que défendre l’accouchement à domicile aujourd’hui est moqué, ironisé ; ces sages-femmes seraient celles qui prônent le retour aux douleurs de l’enfantement par plaisir et conviction.
 
Le fait de défendre l’accouchement à domicile ou la création de vraies maisons de naissance n’a rien d’un naturalisme acharné. Il n’est pas question ici d’imposer un carcan normatif de plus aux femmes, aux couples, mais de leur laisser le choix d’accueillir leur enfant dans les conditions qui leur paraissent adaptées. Et, pour certains, cela sera l’hôpital, ou ils se sentent plus en sécurité. L’Etat, au temps du consentement éclairé, de l’autonomie du patient, ne permet pas aux femmes de choisir le lieu de leur accouchement.
 
Que va-t-il se passer très prochainement ? Il y aura des accidents à domicile. Car, oui, accoucher chez soi sans aucune surveillance médicale peut être dangereux. Là se placeront tous les moralisateurs qui n’attendent que ça pour faire peur aux femmes et les renvoyer dare-dare sous péridurale à l’hôpital, dans un milieu technicisé qui ne rassure qu’eux.
 
Une politique de périnatalité catastrophique
 
Au temps du choix éclairé, comment comprendre que les lieux d’accouchement se raréfient, ne laissant plus aucun choix aux femmes, aux couples, quant au lieu qu’ils peuvent choisir ? Lorsque la première maternité se trouve déjà à 50 kilomètres de votre domicile, comment est-il possible d’en choisir une autre, plus éloignée ? Le nombre de maternités a été quasiment divisé par deux ces quinze dernières années. Avec une densification du travail dans celles existantes aujourd’hui. Et ce n’est pas terminé. Cette politique de périnatalité catastrophique est encore en cours : des maternités ferment, et ce sans aucun aménagement concernant la frange de population qui souhaiterait un accouchement à domicile ou dans une structure moins médicalisée. Sans cette réflexion, sans une organisation efficace et intelligente, on incite des femmes à tenter d’accoucher chez elles sans aucune surveillance médicale, les mettant ainsi dans une situation délicate voire dangereuse.
 
Nous pouvons déjà prévoir dès aujourd’hui les titres de journaux de demain : « une femme meurt suite à un accouchement à domicile». Le gouvernement réagira, une fois encore, dans un état d’urgence, dans un contexte médiatique émotionnel du au choc de revoir des femmes « mortes en couches », alors que la sonnette d’alarme avait retenti plusieurs fois auparavant.
 
Nos chiffres concernant la santé périnatale sont déjà en baisse, montrant qu’avec toutes nos techniques et tous nos professionnels, nous ne sommes pas aussi efficients que nous pourrions l’être. Attendrons-nous de revenir aux taux de mortalité maternelle des années 50 avant de réagir ? Signez notre pétition pour le droit à accoucher à domicile avec une sage-femme !
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