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Ma vérité ... sur le métier de photographe

Publiée le 09/04/2012 |
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Révélée par DUBARRY Catherine |
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Photographe, un métier pas comme les autres...

Le métier de photographe fait rêver. On imagine facilement que c'est un "job passion" et que du coup, il n'a que des avantages. Le photographe de mode côtoie de superbes modèles, le photographe de mariage gagne plus de 1000 euros en une seule journée, le photographe reporter voyage à travers le monde. Derrière l'image d'Epinal, il faut creuser un peu !

Tout d'abord, si vous n'avez pas de réseau solide derrière vous, une niche de clients bien identifiée, difficile de se lancer ... Il faut une spécialité ! Ce n'est pas le tout d'avoir du bon matériel, sacré investissement soit dit en passant, ce n'est pas le tout de maîtriser ce matériel : ceux qui se lancent sans aucune formation en misant sur le "tout automatique" ne sont pas de véritables professionnels. Non, ce n'est pas le tout le matériel et la technique. Il faut un "oeil", une perception personnelle de ce que l'on voit à travers le viseur, délivrer un message, sa propre histoire ! Cela peut prendre des années avant de trouver son propre chemin, SON style personnel. Au delà de l'aspect artistique, étudions un peu l'aspect financier. Les contrats ne tombent pas comme par magie les uns après les autres. Il faut aller les chercher, rencontrer les clients, les convaincre avec un book et c'est en cela un emploi qui nous fait constamment doûter de nous même. Mon travail plaira-t-il à mes clients ? C'est une remise en question permanente !

Lorsqu'on a finalement quelques contrats en poche, le grand public s'imagine aisément que le montant de la prestation, c'est le montant net qui attérira dans notre petite poche et que c'est donc un métier où l'on gagne très bien sa vie. Oui ... mais non ! Pour un mariage par exemple, une fois les charges sociales déduites, l'amortissement du (coûteux) matériel, les frais de déplacement, le temps passé avant le jour J (RDV, point téléphonique avec les clients), les longues heures passées le jour J debout en pleine chaleur, avec un matériel pesant son poids(souvent 15 heures d'affilées, parfois sans manger, et oui, certains clients ne pensent pas au fait que vous mangez), et enfin les innombrables heures de travail d'éditing, de retouches et la mise en page de la maquette de l'album qu'il faudra retoucher souvent plusieurs fois ... Ajoutez à cela quelques heures d'administratif : devis, facturation, déclaration des charges sociales etc... Et bien, au final, en terme de tarif horaire, vous n'aurez guère gagné plus qu'un étudiant qui bosse au Mac Do.

Je ne vous parlerai même pas des gens qui pensent que ce n'est pas un "vrai travail", après tout, ce n'est qu'un "hobby", ces mêmes gens qui attendent de vous du coup des prestations gratuites lorsqu'ils se marient ou lorsque le petit dernier pointe le bout de son nez ... C'est assez vexant quand on y met toute sa passion et son énergie ... Je ne déconseillerai jamais à un passionné de photos de se lancer dans la profession, mais je lui conseillerai de bien réfléchir, de faire un vrai business plan, d'étudier avec minutie les différents statuts et surtout de ne pas perdre de vue ce qu'il l'anime. Car lorsque le résultat est "attendu", lorsqu'on attend de vous un résultat bien précis, trop précis ... parfois, on en oublie sa touche personnelle, sa "patte", "son oeil", "son âme" ?

Le Vériteur

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DUBARRY Catherine

Après une carrière dans l'administratif, à 30 ans, je décide de revenir vers mon premier amour : la photographie. Je passe mon CAP Photographe en reconversion professionnelle en 2009 et je me lance dans l'aventure ! Le poids des charges sociales et le climat économique difficile m'ont obligée de...
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