Toutes les Vérités > Révolution populaire, de dilemme en perspective

Révolution populaire, de dilemme en perspective

Publiée le 16/07/2012 |
7583 | 2

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Des modèles en crise, une société qui va mal

Alors que le triomphalisme libéral du capitalisme pétrifié et putréfié nous donne à voir ce que j’appellerais une véritable ufologie financiariste vu l’invraisemblance fantasque et irrationnelle de son économisme fondé sur la dette du crédit et les pathologies d’assuétude à la consommation, une révolution populaire doit à tout prix éviter le piège du socialisme idéologique d’État oubliant le peuple, de l’hyper-étatisme étouffant, et inventer la nouvelle partition d’une politique de libération des majorités. Rappelons ici les réformes que j’ai déjà proposées comme pistes de transformation systémique vers toute révolution :

1) Renverser le pouvoir des banquiers et financiers pour que l’économie réelle soit au service du peuple qui la produit.

2) Enclencher la politique de la décroissance pour sauver l’environnement et ainsi contribuer à ménager et à réaménager la planète entière, tellement maltraitée et abîmée par le mode de production capitaliste.

3) Commencer par décréter la pauvreté illégale et crime contre l’humanité dans les constitutions des Etats, tout en y adjoignant une politique socio-économique garantissant l’intégration de tous à un seuil matériel acceptable en fixant des limites aux privilèges et salaires admis.

4) Nationaliser sans possibilité de privatisation aucune, la santé, l’éducation, alors que l’État cogèrera le secteur alimentaire (production agricole, élevage) directement voué à l’alimentation de base du peuple de même que les logements de location.

Cela doit passer via une prise du pouvoir par les vrais représentants authentiques des peuples et non par les soudoyés des banquiers, les larbins des commerçants et industriels privés.

Et, pour ne pas oublier la méthode de toute révolution, rappelons-nous la quadruple racine de la transformation sociale accomplie: il n’y a pas de révolution pure ou immédiate, la révolution est pleine d’étapes médiates avant d’aboutir à ses fins de transformations de la société. Je ne pense pas que l’extrémisme ou la pureté qui prône tout le changement d’un seul coup et sans transition, soient viables pour quelque soit la révolution et sa doctrine ! En regardant l’histoire des révolutions, l’on remarquera que le manque de connaissance des mécanismes de l’appareil d’État à changer, a souvent altéré la portée des mesures de transformation systémique par l’inefficacité et voué les projets des révolutionnaires néophytes à l’échec ou à l’ineffectivité sinon à la perte pure et simple du pouvoir.

Le temps de la révolution populaire n’est pas révolu, toutefois, celui des révolutions rouges pures, bêtement répressives et athées, n’est plus. L’habileté révolutionnaire du vingt et unième siècle devra trouver la voie à une productivité propre (écologique) suffisante, gérer la société dans une vraie convivialité qui favorise l’intervention des bases populaires qui ne bafoueront pas les dissidents. C’est la méliorativité, l’efficience et l’excellence avérée du nouveau mode qui doivent mobiliser le peuple et garantir la réussite du nouveau, sans répression de la dissidence non violente que la force des acquis dans la justice sociale marginalisera et désavouera dans les faits.

Intégrer la spiritualité, cet espace ontologique et entéléchique de l’homme loin des sécheresses du nihilisme d’État des révolutions du 20ème siècle. Ensuite, faire en sorte que les valeurs intellectuelles et morales accompagnent le civisme et ainsi dépassent la finitude matérielle dans la nouvelle vision sociale. Dans la nouvelle société, les valeurs spirituelles doivent l’emporter sur les banalités du monde pour que l’homme soit rendu à cette dimension à la fois transcendante et immanente qu’est son humanité pour réformer la civilisation, au lieu d’être ce chien âpre à la curée qu’il est rendu par le capitalisme grossier d’aujourd’hui. Voilà l’appel authentique du révolutionnaire nouveau. La véritable révolution ne saurait avoir d’autre but final que celui d’améliorer l’homme en incitant ce qu’il y a de meilleur en lui, en fécondant les germes de son humanité loin de la seule pseudo-valeur matérialo-matérialiste du capitalisme contemporain qui n’est qu’agressivité primitive d’accumulation fébrile et compulsive des biens communs par une infime oligarchie aux dépens de tous, loin aussi de tout matérialisme biologique grivois et exclusif qui réduit l’homme à un stade d’organisme, le percevant comme simple un amas d’organes intelligents!

1) Le constat du dysfonctionnement de l’ordre en cours et sa critique.

2) La proposition de la nouvelle société en mode substitution.

3) La démonstration de la méliorativité de la nouvelle société proposée.

4) L’indication de la faisabilité et des meilleures voies d’application du nouveau.

La révolution populaire évitera la démagogie des bobards actuels d’une « démocratie » bourgeoise qui brandit la permissivité des mœurs et leurs perversions où les possédants font chanter sexuellement les non possédants et les asservissent. Car dans le capitalisme où les bourgeois monopolisent tout, même la sexualité libérée n’est que prétexte des riches pour chosifier le corps des non possédants, d’où la réification imageante du corps humain dans les médias, d’où aussi l’infamie de ces emplois sur le marché du travail dont la condition secrète est la soumission sexuelle soit hétéro soit homo aux détenteurs du grand capital selon leur ardeur malsaine.

Qui n’exige rien ne peut rien espérer, c’est aux peuples de faire l’effort de la liberté. On ne se libère que si l’on a la dignité mentale et comportementale de la liberté. Et en contexte collectif, que si l’on manifeste la dignité humano-sociale de s’auto-définir dans un mode de vie autogérée sans se soumettre à un establishment considéré maître et suprahumain pour lequel tous acceptent bêtement d’exister. La société ne se libèrera que si ses membres majoritaires se lèvent pour imposer le nouveau par le refus et le rejet de l’ordre esclavagiste de la ploutocratie au pouvoir qui contrôle illégitimement l’institution sociale à travers l’État qu’elle vampirise et par lequel elle inflige aux peuples, son mode économique et juridico-légal d’asservissement.

La Révolution, cette chose humaine par excellence.

Le rêve – malgré son caractère de néant au présent du rêveur et de fin à acquérir – possède un contenu réel dans le monde, qui le distingue de l’utopie. C’est leur seule différence essentielle. Cela implique que le rêveur projette la conquête de ce qui est mais qu’il n’a pas encore alors que l’homme d’une utopie, lui, part en quête de ce qui n’existe que dans les visions abstraites de l’homme, d’une idée jamais réalisée avant lui et qu’il s’efforce de projeter tout en la rendant possible, tout en créant sa condition d’existence, sa factualité jusqu’à la concrétiser et à en faire un étant réel et pas qu’idéel dans le monde.

Le rêve est le paradigme du voyage vers le concret à conquérir alors que l’utopie est la projection de la chose abstraite inexistante au moment où le penseur-acteur d’une utopie pense à la rendre possible et réelle en la fondant.

L’utopie est le paradigme de la création projetée et à venir.

Nous sommes loin de la disutopie (utopie chimérique et non assumée vers sa réalisation) d’une société anétatiqe (sans classes ni État). Toutefois, loin de l’État hyperactif exprimant une sorte d’ubiquité interventionniste dans la vie citoyenne, trop limitatif des libertés individuelles, l’État populaire que nous souhaitons, devra respecter l’espace de l’individu et promouvoir toujours un peu plus de justice sociale. La justice sociale et la libération du peuple de tous intérêts privés d’oligarchies crapuleuses et exploiteuses pour l’égo de quelques vils prétentieux, peut, par la conscientisation des peuples, être centuplée et marcher à l’amélioration du vivre-ensemble collectif loin des clivages criants et répugnants qui sévissent dans le système néo-féodal de l’ère financiariste de l’économisme en cours.

Mais tout cela doit attendre que les peuples soient humanisés par une éducation humano-citoyenne non formelle. Car l’écrasant nombre appuie par absence de repères, les facéties démocratiques électoralistes et juridiques de la ploutocratie. La société actuelle, dans des proportions inquiétantes par leur étendue, n’est plus qu’une masse d’organismes anthropomorphes ainsi rendus, qui prolifèrent dans la civilisation et se contentent d’être de simples machines fonctionnelles pour la société du mensonge. Voici l’heure des lumpen salariés portant la livrée de luxe de leurs programmeurs tout en se croyant libres et grands, fiers et arrogants d’être choses ! Malédiction d’une génération à qui l’on a appris par abrutissement idéologique, scolaire et médiatique, à échanger son humanité pour quelques paillettes et apparats matériels selon le minable snobisme petit-bourgeois. En vérité, en aucun cas, des petit-bourgeois copieusement réifiés, nécessairement choses du système ploutocratique, à moins d’être désaliénés, conscientisés pour redevenir des hommes, même s’ils parlent de morale et rappellent l’humanité, ne peuvent jamais créer ni même désirer un monde plus digne et plus humain.

Le Vériteur

Photo du Vériteur

LOTY MALEBRANCHE Camille

Philosophe, poète, écrivain, j'ai rédigé une vingtaine de manuscrits encore inédits.Toutefois, j'ai publié deux livres: "L'exécution du Prométhée" et "Yeux du sang, Vigie d'âme". J'ai par ailleurs fait paraître des centaines voire des milliers d'articles philosophiques, politiques et sociologique...
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :