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L'anti-intellectualisme, l'arme des ploutocrates

Publiée le 04/07/2012 |
9642 | 8

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Les réactions(8 réactions)

lili_lili (membre) Le 30/07/2012 à 08:22 | #8
Je vous avais fait voilà longtemps une réponse qui n'a pas été validée sur votre site pour des raisons techniques. Je vais donc juste revenir sur certains de vos commentaires suite à mon commentaire tout en sachant qu'il nous faudrait des heures pour nous expliquer les choses en détail. Selon ma vision, chaque individu se vit comme critique des autres, un peu moins comme critique de soi. C'est dans la nature humaine que de critiquer, au sens le plus élevé comme au sens le plus bas, et non le fait de quelque mode. Ainsi, si l'intellectuel critique a disparu, c'est que tout le monde parle sur ce qu'il connaît peu ou prou et que le monde ose parler (alors qu'au temps des intellectuels critiques, seuls les éduqués se le permettaient). Certains le font avec un bon argumentaire (ou dans certaines règles partagées entre certaines personnes) et d'autres le font selon leur savoir incomplet, ou pour des raisons humaines assez basses. La différence entre les deux est la reconnaissance d'une partie de la société qui croit détenir le droit de juger ceux qui jugent. Je crois que cette démocratisation de l'expression critique a deux conséquences : la baisse moyenne de la qualité de la critique (au moins au sens philosophique), et le fait que la liberté d'expression soit plus répandue (on pourrait dire enfin, même si l'on peut juger par ailleurs que beaucoup parlent pour ne rien dire ou pour colporter des bêtises).Pour moi, la critique est un trait humain et la critique de la critique est une critique comme une autre quoiqu'un peu plus meta. Je ne sais pas si on peut me qualifier d'anti-intellectualisme mais cela ne me choque pas fondamentalement. Je suis anti prédominance absolue de l'intellect, car l'intellect part de bases et que ces bases sont souvent des préjugés. L'intellect n'est pour moi pas toujours fiable, si vous voulez, et je vois peu de gens illogiques mais beaucoup de gens trop intellectuels pour être réellement intelligents. L'Occident ne désespère pas de la pensée, pas du tout, il suffoque sous une pensée sans discernement, sous une prédominance absolue de la pensée dont, finalement, vous êtes un bon exemple. Peut-être l'étais-je aussi et peut-être est-ce pourquoi je me suis tu pour écouter les autres. Les autres disent toujours la même chose, se battent sur des concepts avec des combats très affectifs dans lesquels tous veulent avoir raison, tous croient aux arguments et chacun ne veut que satisfaire son propre orgueil. Je l'ai fait pendant longtemps, je le sais. La soumission a l'intention est le but de l'intellect qui est un outil pour moi au service d'une autre cause, morale bien sûr (morale à définir la morale est toujours à redéfinir). Le fait que la recherche du bonheur vous fasse sourire me laisse un peu perplexe, car cela fait partie d'une des grandes quêtes de l'homme. Et ce n'est pas parce que beaucoup ont semble-t-il épuisé le concept qu'il faut en sourire pour autant. C'est du moins mon avis. Et c'est chez vous, le témoignage d'une position d'un intellectualisme qui frise le cynisme.1001
mungrei_mungrei (membre) Le 30/07/2012 à 07:38 | #7
très bon site ! bravo les sujets sont interessants. vous devriez mettre plus d'informations sur la bourse et les banques en ligne. au revoirjean
(membre) Le 17/07/2012 à 12:45 | #6
"Bien qu'il n'ait jamais vu d'ouvrier, l'intellectuel écrit des choses pleines d'idées généreuses et de substantifs abscons sur la condition ouvrière, puis il résout la crise au San Salvador dans un article pour un journal de cadres, puis il s'interroge sur les responsabilités de l'occident dans la malnutrition du Tiers-Monde [...]" in "Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis"
LOTY MALEBRANCHE Camille (Vériteur) Le 12/07/2012 à 19:18 | #5
Promis, chère Amance, vous aurez un billet sur le sujet d'ici la fin de la semaine ou au début de la prochaine. Que Dieu vous garde!
cobeur_harry (membre) Le 12/07/2012 à 16:12 | #4
Camille Loty, j'ai été conquise par la justesse et le style de votre article. De plus, n'en déplaise à Jérôme,le capitalisme tel que préconisé par Weber a depuis longtemps été jeté aux oubliettes -à supposer qu'il ait jamais existé- si bien qu'aujourd'hui seules priment les aspirations matérielles des tenants d'un capitalisme financier aveugle et anthropophage; oui, anthropophage. Pour autant, M. Malebranche, il ne suffit pas d'être un pourfendeur du capitalisme, encore faut-il y proposer des alternatives. Je suis sûre que vous seriez disposé à nous gratifier d'un billet sur la question. Cordialement.
LOTY MALEBRANCHE Camille (Vériteur) Le 11/07/2012 à 22:12 | #3
Jérôme, J'apprécie votre intérêt, mais vous me faites sourire sur le capitalisme actuellement appliqué. Le capitalisme contemporain entre les mains des grands banquiers qui créent l'argent par la dette, n'est rien que supercherie de ploutocrates. Il n'a rien de l'esprit du capitalisme du temps de Weber. Croyez-moi, je ne fais jamais d'amalgame quand je propose une vision. Informez-vous un tout petit peu, mettez-vous à jour sur les énormités de la financiarisation de l'économie, et voyez par vous-mêmes si une crise économique comme celle d'aujourd'hui, qui profite aux plus riches qui l'ont, dans de larges proportions, causée par leur excès de spéculation, n'est pas diablement d'origine ploutocratique sous la dictée de quelques oligarques. Le capitalisme contemporain est ploutocratique. Maintenant, pour ma manière d'écrire, c'est mon style. Qu'il soit haïssable ou non, je n'y changerai rien, car je risquerai de vous écrire de répulsives banalités! C'est moi, je m'y plais et hors de ce style, je ne sais pas écrire. Partout où je publie, c'est toujours un peu le choc de la rencontre du lectorat, mais après, ceux qui veulent bien me lire, et ils sont quand même, assez nombreux, finissent par s'y faire et me pardonnent l'impardonnable crime, pour parfois devenir des amis! Bien à vous.
TERRIEN Guillaume (Vériteur) Le 11/07/2012 à 17:32 | #2
Je rejoins tout à fait les arguments de Jérôme, pas tant sur le capitalisme que sur votre façon de vous exprimer. Avez-vous réellement besoin de partager votre pensée en ces termes quelque peu pédants? Les grands philosophes ne sont-ils pas plutôt des hommes sûrs de leurs idées et capables de s'adresser au peuple par des mots qu'il comprend? (les exemples ne manquent pas!). Vous me faites un peu penser à ce philosophe enfermé dans sa tour d'ivoire (votre culture vous permettra sans mal de reconnaître la référence!) et complètement déconnecté des êtres humains autour de lui. C'est un peu comme lire certaines théories philosophiques d'Onfray - qui d'ailleurs n'est jamais meilleur que lorsqu'il s'adresse à ses élèves - il faut prendre un dictionnaire et tenter de détecter une pensée derrière un enrobage de termes techniques finalement assez peu utiles. Lorsqu'on lit Heidegger, par exemple, dans sa langue, on comprend pourquoi il philosophe, parce qu'il se sert de l'allemand et de la richesse de créativité de cette langue pour exprimer une pensée, une théorie ou une idée. C'est bien loin d'être le cas d'Onfray malheureusement... Votre réflexion, bien qu'assez classique, reste néanmoins intéressante et vous décrivez de façon correcte les dérives d'une société qui s'abrutit devant sa TV (en suivant un schéma très américanisé ne l'oublions pas!). Ca me fait un peu penser au film "Bienvenu à Gattaca", dans quelques années, seules les élites seront assignées à des tâches "intellectuelles" et le code génétique deviendra critère de discrimination. C'est également une logique dans laquelle nous ne devons pas tomber. J'ai, malgré ces remarques, été content de vous lire et de remarquer que des gens savaient encore écrire le français correctement. A l'avenir, si vous souhaitez publier un autre article du genre, faites peut-être en sorte qu'il soit accessible à tous et toutes, le message paraîtra surement moins pédant et vous toucherez beaucoup plus de gens. Éduquer, voilà la richesse des sages. Cdlt.
cobeur_harry (membre) Le 11/07/2012 à 16:24 | #1
Je viens de terminer -non sans peine- la lecture de votre remarquable exposé sur l'extrême perfidie des ploutocrates, comme vous les nommez, qui s'insinueraient dans les médias afin d'abrutir et ainsi asservir le peuple. Votre volonté d'élever intellectuellement la masse des citoyens est honorable, louable même, mais ne pensez-vous pas que vous pourriez rendre vos textes plus accessibles à vos lecteurs, sans nécessairement en travestir le sens? Car si parfois les hommes de pensée sont la cible de critiques, c'est en raison de leur incapacité à toucher "l'individu de base". Je pense malheureusement que vous passez la barre trop haut. De plus, il me semble que vous faites un amalgame entre capitalisme, ou esprit du capitalisme (cf Max WEBER) et ploutocratie. Vous adoptez un discours manichéen. Car voyez-vous, plus qu'une accumulation effrénée de richesses, le capitalisme -pas le capitalisme financier anarchique- se veut avant tout une éthique de gestion rationnelle. Il serait important de le préciser.
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