Toutes les Vérités > Pour la reconnaissance du deuil périnatal

Pour la reconnaissance du deuil périnatal

Thème : Santé, Société
Publiée le 11/06/2014 |
21085 | 8
Révélée par GENART BAILLON Benedicte |
9

Restez informé !

Recevez quotidiennement
les nouvelles actualités
par e-mail.

Photo de la Vérité
Le deuil périnatal touche environ 7 000 familles chaque année en France. Pourtant, ce drame reste tabou dans notre société.
On parle de deuil périnatal lorsqu’un bébé décède pendant la grossesse, in utero, suite à une interruption médicale de grossesse, autour de la naissance ou durant la première année de vie. Ce drame touche environ 7 000 familles chaque année en France et, bien souvent, les parents endeuillés se croient seuls dans cette épreuve.

Apprendre le décès de son bébé est sûrement l'un des pires moments que des parents puissent vivre. Par sa nature si particulière, le deuil qui l'accompagne peut s'avérer très compliqué. Les parents doivent rentrer à la maison les bras vides. Parfois, la chambre du bébé tant désiré est déjà prête et les achats pour son arrivée ont été faits. Devoir alors entrer dans une maison qui devait être remplie de joie se transforme en cauchemar. Les frères et sœurs ne comprennent pas toujours ce qui se passe. Pour eux aussi, ce bébé était déjà bien réel et la tristesse les envahit.

Un drame sous-estimé par l’entourage…

Dans notre société, le deuil périnatal est encore trop peu pris en compte par l'entourage (famille, amis, voisins, collègues) qui pensent que, passées quelques semaines, les parents auront fini leur travail de deuil, comme si la durée du deuil était proportionnelle à la durée de la vie de l'être disparu ! Les réflexions fusent : « Il vaut mieux maintenant que plus tard ! », « Tu es jeune, tu pourras en avoir d'autres. » ou encore « Ne te plains pas, tu as la chance d'avoir déjà des enfants ! ». Toutes ces paroles blessent d'avantages les parents déjà fortement éprouvés.

Le deuil périnatal constitue un réel traumatisme pour les personnes qui en sont victimes, un traumatisme qui n'est pas encore pris en compte comme tel par les pouvoirs publics ou par le personnel de santé. Cet aspect constitue le grand travail de notre association, « Les Ailes de Zélie ».

… et par les pouvoirs publics

Légalement, un enfant né sans vie n'a pas le droit de porter le nom de famille de ses parents. Le bébé n’a donc pas de reconnaissance juridique : il n'est pas considéré comme l'égal de ses frères et sœurs en vie s'il en a, ou comme un enfant reconnu par la loi française.

Il existe aussi une grande inégalité des droits des parents, au niveau tant des services de la sécurité sociale que des caisses d'allocations familiales, en fonction de l’endroit où ils vivent. Par exemple, une prime « à la naissance » peut être versée dans certains départements de France pour aider aux obsèques alors que, dans d'autres, elle n’est pas accordée ou peut être réclamée aux parents après le décès du bébé, si elle avait déjà été versée.

Une mobilisation pour une meilleure reconnaissance

Face à ce manque de reconnaissance, des associations se mobilisent. Le ruban rose et bleu symbolise ainsi nos bébés trop tôt envolés. Une journée internationale de sensibilisation a également été mise en place, le 15 octobre. Aujourd’hui, il est temps que toutes les familles touchées soient écoutées et que leur douleur soit enfin entendue par les pouvoirs publics. Cause mal connue et trop souvent minimisée, le deuil périnatal doit être reconnu comme un deuil à part entière.

Nous souhaitons aujourd’hui que tous les bébés nés sans vie après le seuil des douze semaines d’aménorrhée puissent porter le nom de famille de leurs parents, car la France l’interdit encore, contrairement à certains pays d’Europe. Une loi doit également préciser les droits des parents au niveau de la sécurité sociale (pour les congés maternité et paternité) et de la CAF (pour la prime à la naissance). Elle devra être appliquée équitablement pour tous les parents de France et non en fonction de leur département de résidence.

Le Vériteur

Photo du Vériteur

GENART BAILLON Benedicte

Maman de six enfants et d'une petite fille née sans vie en 2010, j'ai fondé une association de soutien aux parents ayant perdus un bébé pendant la grossesse ou durant la première année de vie, « Les Ailes de Zélie ».
X

Partagez ma Vérité sur :

Restez informé :