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Ma vérité sur la catastrophe AZF

Publiée le 24/09/2012 |
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Il y a 11 ans une catastrophe arrivait, qu'en est-il aujourd'hui?

21 septembre 2001. Une terrible explosion dans une usine de Toulouse provoque la mort de 31 salariés et riverains, entraine des blessures pour plus de 2000 personnes et ravage les habitations de plusieurs quartiers de la ville. L’évènement est alors fortement médiatisé. La question des risques industriels est brutalement posée et débouchera sur des dispositions réglementaires qui affecteront durablement l’avenir de l’industrie chimique française. Pourtant, plus de dix ans après le drame, les origines de cette catastrophe industrielle, la plus importante en France depuis la dernière guerre, demeurent inconnues laissant les industriels dans l’interrogation et les victimes de 2001 dans la frustration et souvent la colère.

L’affaire a pourtant été largement traitée par tout ce que la société française est capable en pareil cas d’officiellement mobiliser afin de faire la lumière sur une catastrophe de cette ampleur. Une enquête a été menée et au rythme de la justice (8 ans d’instruction..) deux procès de plus de quatre mois chacun et un premier jugement de relaxe on en est toujours à se poser la question de ce qui a bien pu soudainement provoquer l’explosion de quelques dizaines de tonnes d’ammonitrates dans un hangar où il était habituel de les stocker sans problème depuis plusieurs dizaines d’années.

Le jour de la catastrophe l’affaire avait pourtant été rondement menée. Alors même qu’aucun enquêteur n’avait encore été désigné, sur des ruines toujours fumantes et des gravas qui retenaient encore certaines victimes, le Président de la République venu en urgence, évoquait « une erreur de manipulation » qu’il aurait eu certainement beaucoup de mal à expliquer…Trois jours plus tard, sans davantage d’informations, le Procureur de la République, parlait d’un « accident industriel à plus de 90% résultant de l’évolution d’un processus lent.. ». L’essentiel de la mise en scène était mis en place, il ne s’agissait plus ensuite que d’y adapter un scénario et de désigner les acteurs. Pour ces derniers il suffisait de puiser dans le vivier local des « experts judiciaires » sans doute plus perspicaces dans les affaires de mœurs que dans la complexité de phénomènes chimiques qui n’intéressent que ceux qui en font leur métier. C’est  pourtant parce qu’il fallait bien en finir que le résultat de leurs investigations allait permettre de refermer le dossier. On évoquait le « mélange accidentel de deux produits incompatibles qui aurait été à l’origine de l’explosion ». Face à l’impossibilité de prouver la réalisation d’une très hypothétique fausse manœuvre et aux réactions unanimes de tous les véritables scientifiques ayant quelque connaissance des produits mis en cause cette hypothèse provoquait pour le moins le scepticisme de ceux qui connaissaient le mieux leur usine c’est-à-dire la quasi-totalité des salariés. Plus de dix après ils veulent toujours savoir !

Dans le contexte du lendemain du 11 septembre 2001 et des attentats de New York la tentation d’imaginer que Toulouse aurait été victime d’un acte volontaire a rapidement germé puis prospéré. Les révélations de deux journalistes de la presse nationale ont conforté cette idée d’autant que les arguments avancés ne manquent pas de poids. Aujourd’hui encore cette hypothèse est toujours celle retenue par de nombreux salariés mais aussi par beaucoup de toulousains.

La proximité de nombreuses autres entreprises génératrices de possibles perturbations de nature en particulier électriques a également été à l’origine d’hypothèses que rien n’a pu jusqu’ici irrémédiablement réfuter. Une pollution venant de ces mêmes usines  et ayant eu des conséquences catastrophiques pour les installations d’AZF a également été envisagée par certains sans que l’on puisse les démentir compte tenu des limites étroites que l’enquête officielle s’était curieusement fixées.

Dans ce contexte difficile, devant un problème dont certaines données pouvaient même être partiellement effacées par les conséquences de la catastrophe c’est une enquête menée par des spécialistes de la plus haute compétence qui aurait dû être engagée. Il n’en a rien été avec aujourd’hui les conséquences que l’on sait.

L’appartenance de l’usine AZF au groupe Total a également contribué à brouiller les cartes dans la mesure où certains ont vu dans l’opération l’occasion de régler quelques comptes idéologiques, d’autres, parfois les mêmes, l’opportunité d’obtenir de substantielles réparations que le groupe pétrolier a pourtant largement dispensées. Ces postures ne pouvaient qu’empoisonner le climat délétère sur la ville, créant aujourd’hui encore, entre victimes, des tensions qui à l’évocation de la catastrophe ne manquent jamais d’être ravivées.

Pourtant, près de onze ans après les faits, l’association « AZF – Mémoire et solidarité » qui regroupe plusieurs centaines d’anciens salariés exige toujours la vérité. En se constituant partie civile, en apportant sa contribution aux travaux de recherche qui lui paraissaient indispensables et en s’impliquant dans les deux procès consacrés à cette affaire elle a tenté d’apporter sa contribution afin de parvenir à obtenir une explication plausible sur les origines de l’explosion dont les salariés ont été les premières victimes.

Aussi, si l’on peut comprendre la réaction de certaines victimes parmi les plus touchées de s’accrocher désespérément à la version officielle de l’enquête en espérant y trouver l’apaisement nécessaire à leur travail de deuil cette prétendue « explication » ne peut en effet satisfaire ceux qui y voient surtout un leurre destiné à clôturer une affaire mal gérée, qui n’a que trop duré et que l’on souhaiterait dans certains milieux voir oublier. Une situation inacceptable pour laquelle il est essentiel de trouver une issue afin que chacun puisse trouver l’apaisement nécessaire à des esprits irrémédiablement meurtris.

 

 

 

Le Vériteur

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AZF Memoire et solidarite

Notre association « AZF-Mémoire et solidarité » a été crée en 2002 pour prolonger le sentiment de solidarité qui s’était exprimé parmi les salariés au lendemain du 21 septembre 2002, alors que la fermeture de l’usine allait provoquer leur inévitable dispersion. Elle compte à ce jour près de 500 a...
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