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Les enfants, grands absents du Plan Cancer

Thème : Politique, Santé, Enfance
Publiée le 20/02/2014 |
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Le troisième Plan Cancer a été dévoilé. A aucun moment, ce document de 150 pages n’évoque les 500 enfants qui décèdent chaque année de cette maladie.
Le 4 février dernier, François Hollande dévoilait à la Maison de la Mutualité le nouveau Plan Cancer. La prévention des causes déjà connues (le tabac et l’alcool) pour certains cancers adultes, le dépistage et l’après-cancer y ont été longuement évoquées. Malheureusement, pas un mot sur les cancers que l’on ne sait prévenir, ni sur les 500 enfants qui décèdent chaque année d’un cancer et n’ont donc pas la « chance » de pouvoir vivre l’après-cancer. Malgré de nombreuses démarches de l’association « Eva pour la vie », force est de constater qu’une nouvelle fois, les enfants, les plus fragiles, sont mis au banc de la société.
 
De belles paroles, mais où sont les actes ?
 
Tout avait pourtant bien commencé : François Hollande avait initié son discours par cette phrase encourageante : « la lutte contre le cancer doit aller au-delà des clivages politiques ». Mieux, il avait ensuite insisté sur « l'importance de la lutte contre les inégalités face au cancer ». Malheureusement, il n’a ensuite que brièvement parlé des enfants, en évoquant uniquement des mesures pour ceux qui « s’en sortent » : la scolarité et l’après-cancer.
 
Si certaines mesures du Plan Cancer 3 peuvent être encouragées, celui-ci n’aborde pas des thèmes essentiels, vitaux pour les enfants. Dans un plan de 150 pages, il n’est pas normal :
  • qu’aucune mesure concrète ne soit prévue pour garantir un financement pérenne d’une recherche dédiée aux cancers pédiatriques qui, souvent, sont différents ou inexistants chez l’adulte ;
  • que les causes environnementales ne soient pas évoquées pour des enfants qui ne boivent ni ne fument. A ce jour, les études épidémiologiques concernant les cancers pédiatriques les plus mortels sont très rares, voire inexistantes. La prévention sur ces cancers est donc très difficile, voire impossible pour des parents qui ne savent pas quels risques éviter ;
  • que les « essais cliniques randomisés » (c'est-à-dire essais sur deux groupes de patients, effectués suite à un « tirage au sort » entre plusieurs traitements et patients) soient privilégiés dans le plan cancer (doublement souhaité sur cinq ans), en risquant de ne pas toujours apporter le traitement le plus approprié. Il est indispensable de financer des travaux de recherche ambitieux, afin de développer des voies thérapeutiques qui ne s'arrêteraient pas au seul médicament (la chirurgie, l'immunothérapie et d'autres techniques sont sous-exploitées), et de permettre au professionnel de santé de prescrire le traitement le plus adapté (un essai clinique, un protocole habituel ou un traitement individualisé) pour son petit patient, afin de lui donner le plus de chances possible de guérir.
 
Cancers des enfants : des chiffres éloquents
 
500 enfants meurent chaque année d'un cancer en France. C’est la première cause de décès par maladie chez les enfants. Pour la plupart des enfants – moins de 5% des cancers pédiatriques seraient héréditaires – les causes sont méconnues, faute de recherche.
 
2% seulement des fonds anti-cancer sont alloués à la recherche sur les cancers pédiatriques. Les cancers pédiatriques nécessitant des traitements spécifiques n’ont quasiment pas connu d’amélioration de guérison en 30 ans, faute de recherche et d’intérêt pour les firmes pharmaceutiques, qui les considèrent comme « non-rentables ». C’est le cas des tumeurs cérébrales, le deuxième type de cancer chez les enfants. Seule la survie sur les cancers pouvant être soignés avec des traitements initialement développés « pour les adultes » a progressé durant cette période.
 
Une proposition de loi pourtant facile à mettre en place
 
En juin dernier, le député UDI Jean-Christophe Lagarde a déposé une proposition de loi ambitieuse, concernant le financement de la recherche sur les cancers pédiatriques. Le principe : instaurer une contribution minime (de 0,1%) sur le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques et non-répercutée sur le consommateur. Cela permettrait de créer un fonds de plus de 45 millions d’euros par an pour une recherche indépendante sur les cancers pédiatriques.
 
Cette proposition a été co-signée par plus de 120 députés, donc aucun socialiste. La raison invoquée, par écrit, par de nombreux députés PS : « Nous ne pouvons pas co-signer de proposition de loi n’émanant pas de notre parti, car notre règlement interne nous l’interdit ». Pourtant, plusieurs d’entre eux ont ajouté que le contenu de cette proposition de loi était légitime et cohérent ! Cet argument est profondément choquant, le cancer des enfants n’étant ni de droite, ni de gauche. Pire, dans le passé, des députés PS ont su rejoindre des élus UMP sur d’autres sujets, par exemple en co-signant en 2011 une proposition de loi relative à la maltraitance animale.
 
Pourtant, Jean-Christophe Lagarde avait déclaré, lors de la présentation de cette proposition en juin 2013, qu’il était prêt à « céder » cette proposition de loi à tout député socialiste qui souhaiterait s’emparer du sujet, si cela devait faciliter son examen et son vote à l’Assemblée. Qu’attend donc la majorité actuelle ?
 
Un appel à François Hollande soutenu par 50 associations et 80 000 citoyens
 
Avec le Plan Cancer 3, les enfants sont, une fois de plus, les grands oubliés de la recherche. C’est pourquoi l’association « Eva pour la vie » a demandé à rencontrer personnellement François Hollande, afin qu’il mobilise son gouvernement  pour qu’une loi soit étudiée et débattue.
 
Cette dernière doit garantir le financement d’un fonds de recherche indépendant dédié aux cancers pédiatriques, mais aussi améliorer les conditions de traitement des enfants atteints de cancers. Cet appel, lancé à l’occasion de la journée internationale du cancer de l’enfant (samedi 15 février), est approuvé par 50 associations et 80 000 citoyens signataires de la pétition dédiée. Vous aussi, signez pour les enfants !

Le Vériteur

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Association Eva pour la vie

Association créée en la mémoire d’Eva, décédée le 20 janvier 2011 dans le service d’oncologie pédiatrique d’un grand CHU du Sud-Ouest de la France, dans des conditions humaines et médicales médiocres. Celle-ci a pour objet d'alerter l'opinion publique et les politiques sur le traitement des canc...
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