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Le phénomène de la pédopornographie expliqué par Latifa Bennari

Publiée le 10/11/2014 |
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Révélée par Ange Bleu |
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Phénomène nouveau et en expansion sur Internet, la pédopornographie dépasse le système juridique et policier.
Si la pédopornographie a toujours existé, elle est devenue beaucoup plus accessible avec l’arrivée d’Internet. De nombreux individus souffrant de tendances pédophiles y trouvent une représentation de leur désir et développent une dépendance.
 
Latifa Bennari est présidente de l’association de prévention de la pédophilie l’« Ange Bleu ». Elle déplore une prise en charge inadaptée des consommateurs d’images pédopornographiques par la justice et propose une autre méthode de sevrage.
 
Qu’est-ce que la pédopornographie ? Comment est-elle définie pénalement ?
 
La pédopornographie est la consommation d’images et de vidéos qui impliquent des scènes érotiques avec des enfants, entre adultes et enfants ou entre adolescents et enfants. Le spectre des pratiques condamnables est très large : il va de l’utilisation de photos d’enfants nus à la pornographie réelle, en passant par des scènes érotisées.
 
Qui sont les consommateurs d’images pédopornographiques ?
 
Il y a plusieurs catégories de consommateurs. La première est celle des pédophiles qui ont déjà des tendances et qui les gardent ce secrètes. Pour eux, Internet facilite la recherche et l’accès à des images qui représentent leur désir. Eux font volontairement des recherches pour trouver ce qui matérialise leurs fantasmes.
 
La seconde catégorie est celle des « personnes lambda », qui cherchent sur Internet de la pornographie classique, entre adultes, et qui découvrent des portails spécifiques. Tous les témoins sont unanimes : la majorité cherche de la pornographie et ils tombent sur des scènes pédopornographiques qui mettent en scène des enfants. Certains sont impactés, d’autres non. Par curiosité, parfois par dégoût, les premiers reviennent vers ces scènes et ils deviennent dépendants.
 
Les uns et les autres s’enferment dans cette dépendance jusqu’à la prise de conscience ou l’arrestation. Cette population fait appel à l’« Ange Bleu » et je regrette qu’il n’y ait que cette structure pour les aider à se sevrer. Les autres pays, et notamment le Canada, ne sont pas plus avancés que la France à ce niveau. Je suis en contact avec un consommateur de pédopornographie canadien qui n’a pas trouvé l’aide approprié et est aujourd’hui incarcéré pour cette consommation. Compte tenu de ces appels à l’aide émanant de l’étranger, je suis en train d’ouvrir des antennes de l’« Ange Bleu » au Maroc, au Luxembourg, à Montréal et aux Etats-Unis.
 
Comment ce phénomène est-il pris en charge aujourd’hui ?
 
Ce phénomène se développe et dépasse totalement les systèmes juridique, policier, médical et psychiatrique. Ce qui me désole, c’est le manque de compétences : c’est un phénomène nouveau et on n’a pas fait d’études pour comprendre comment aider ces consommateurs à se sevrer.
 
La seule réponse donnée par le système juridique est la répression. Or, avec mon expérience, j’estime que la majorité, jusqu’à 90%, de cette population nécessite une prise en charge bien spécifique et très éloignée de ce qui est proposé aujourd’hui.
 
Comment aider les consommateurs d’images pédopornographiques ?
 
Chaque cas est différent. Les rencontres individuelles aident beaucoup. Mais la meilleure méthode pour le sevrage, l’évolution et l’arrêt progressif – on ne peut pas arrêter du jour au lendemain – est la participation à des groupes de parole. Je n’ai pas les moyens d’en organiser toutes les semaines mais j’organise chaque mois des rencontres avec des participants compatibles.
 
J’essaie toujours d’inviter des victimes de pédophilie parce qu’elles constituent le meilleur garde-fou moral, même si elles n’ont pas elles-mêmes été exploitées par des producteurs de pédopornographie. J’explique bien aux pédophiles que les images qu’ils trouvent sur Internet représentent  les mêmes violences que les abus sexuels réels. Ces images, où des enfants simulent le plaisir et des scènes de bonheur, sont totalement fausses et les producteurs sont de véritables agresseurs sexuels.
 
Les pédophiles présents aux groupes de parole se projettent et ça les aide beaucoup. Ils me répètent toujours la même chose : « Lorsque je suis face à une victime, je n’ai plus envie d’ouvrir mon ordinateur. Et à chaque fois que j’ai envie de l’ouvrir, même si j’ai une pulsion pour visionner des vidéos pornographiques ou érotiques, j’ai l’image de cette victime qui m’a parlé, qui m’a posé des questions, et je ferme l’ordinateur ».
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

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Ange Bleu

L’association « L’Ange Bleu » (A.N.P.I.C.P : Association Nationale de Prévention et d’Information concernant la Pédophilie) a pour but d’organiser une activité nationale pour développer la prévention de la maltraitance sexuelle d’enfants et l’information concernant la pédophilie, en relation avec...
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