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Gaspillage alimentaire : êtes-vous prêts à entendre la vérité ?

Publiée le 12/11/2012 |
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Révélée par ADEME |
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390 kg de déchets produits par an et par personne. Il est temps de se mobiliser grâce à la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets.


 



  • Pourquoi jette-t-on tous les ans 40 kg de déchets de cuisine par personne, alors qu'il est si simple d'en faire du compost pour les plantes ?
  • Pourquoi consommer 365 bouteilles par an, alors que l'on peut utiliser une carafe et un robinet ?
  • Pourquoi recevoir 35 kg de publicité que l'on ne lit jamais, alors qu'un simple autocollant "stop pub" sur sa boîte aux lettre permettrait de ne plus en recevoir ?
  • Pourquoi choisit-on toujours de jeter un appareil en panne alors qu'une seule pièce est à changer ?

Et oui... pourquoi ?... La Semaine Européenne de Réduction des Déchets nous invite à nous poser ces questions afin que chacun, à son échelle, puisse réduire effectivement la quantité de déchets qu'il produit au quotidien.
L'enjeu est primordial : la production d'ordures ménagères a doublé en 40 ans et chaque Français jette en moyenne 390 kg de déchets par an et en apporte 200 kg à la déchèterie. 
 
Ce gâchis se justifie à la fois par une transformation de notre mode de vie, au profit d’une consommation toujours plus importante (envie régulière de changer de garde-robe, d’équipements high-tech ou ménagers etc.), mais également par une perte des « bonnes habitudes » (utilisation de vaisselle jetable au détriment d’un lavage régulier ou encore développement des produits à usage unique tels que les lingettes ou les portions individuelles).
 

Pourquoi est-ce un problème ? 


Pendant longtemps, on a cru se débarrasser des ordures ménagères en les incinérant ou en les stockant dans des décharges. A présent, on sait que ces solutions sont insuffisantes par rapport aux quantités actuelles de déchets, car elles ont des impacts sur le sol, l’eau et l’air et surtout elles gaspillent l’énergie et les matériaux contenus dans les déchets.
 
La gestion des déchets est un enjeu majeur au double plan :
  • financier, en raison de l'augmentation des coûts de gestion des déchets,
  • environnemental, en raison du gaspillage des matières premières et du risque d'insuffisance d'exutoires de traitement à moyen terme.
 
C’est pourquoi le Grenelle Environnement a fixé des objectifs précis en termes de réduction des déchets : l’un des objectifs nationaux est de diminuer la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant pendant 5 ans, soit une diminution de plus de 5 kg par an et par habitant.
 
Mais la réduction des déchets est également une priorité à l’échelle européenne et c’est dans cette lignée que pour la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets, 4 thèmes d’actions communes ont été sélectionnés :
  • La lutte contre le gaspillage alimentaire
  • La réduction du suremballage
  • La réparation/Le réemploi
  • La réduction du papier
 

Focus sur le gaspillage alimentaire : un enjeu majeur mais peu visible

 
Qu'il s’agisse de la boîte de lardons cachée au fond du frigo ou des yaourts qui ont passé leur date limite de consommation, chaque année, un Français jette en moyenne 7kg de produits non déballés et non consommés ainsi que 13 kg de restes de repas, de fruits et légumes abîmés. Ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg car, du champ à l’assiette, c’est un tiers des denrées alimentaires qui sont perdues. Ce gaspillage a un impact environnemental et économique important, sans parler du scandale éthique qu’il représente.
 
Avec 20 kg de déchets par personne chaque année en France, ce sont quelque 1,2 million de tonnes de nourriture qui se retrouvent dans la poubelle des ménages. Et pourtant, 90% des personnes interrogées pensent qu’elles ne gaspillent pas.
 

Pourquoi gaspille-t-on autant ?

 
Les causes sont multiples :
  • Des causes sociologiques : modification des structures et de l'organisation familiales, des rythmes de vie, des perceptions développées vis-à-vis des denrées alimentaires.
  • Une méconnaissance sur la conservation des aliments : mauvaise interprétation des dates limites de consommation, mauvaise gestion du réfrigérateur...
  • Des pratiques commerciales, publicités, offres promotionnelles qui encouragent l'achat. Elles n'entraînent pas directement le gaspillage, mais il est évident qu'un achat ne correspondant pas, en qualité et/ou en quantité, aux besoins du ménage, entraînera plus facilement le gaspillage alimentaire.
  • Des pratiques dans la restauration (notamment collective) peu économes. Les quantités de nourritures servies ne sont pas ajustées aux besoins des clients, les plats ne répondent pas aux goûts des clients, la gestion des stocks et l'organisation en cuisine centrale ne sont pas optimisées.
 

Du gaspillage à chaque étape de la chaîne alimentaire

 
Depuis la culture du produit jusqu'à la consommation par les ménages, une quantité importante de nourriture est perdue à chaque étape (lors de la transformation du produit, de son transport, mais aussi chez les détaillants, les restaurants, les foyers, etc.). En Europe et en Amérique du Nord, ces pertes représentent entre 95 et 115 kg par individu et par an, alors qu'en Afrique et en Asie, elles se situent entre 6 et 11 kg.
On estime ainsi que la moitié de la nourriture produite dans le monde finit à la poubelle.
 
Dans les pays les plus pauvres, la majorité des pertes a lieu avant d'atteindre le consommateur : 15 à 35 % dans les champs et 10 à 15 % au moment de la fabrication, du transport et du stockage.
Dans les pays les plus riches, la production est plus efficace mais les citoyens jettent beaucoup d'aliments.
 
Dans les foyers français, on jette 79 kg par personne et par an de déchets alimentaires, soit près de 5 300 000 tonnes. Sur ces 79 kg, 59 kg sont difficilement évitables (os, épluchures, etc.), mais pour les 20 kg restants (dont 7 kg d'aliments non déballés ou non consommés), un changement de comportement est nécessaire.
 

La vérité sur le gaspillage alimentaire : un coût environnemental, économique et social


Les enjeux environnementaux:
-
Gaspillage alimentaire et gaz à effet de serre : notre alimentation génère aujourd’hui 20 % du total des émissions quotidiennes de gaz à effet de serre en France. Ainsi un repas équivaut en moyenne à 3 kg de gaz à effet de serre.
- Gaspillage alimentaire et consommation d'eau : de manière générale, chaque aliment de base représente un certain volume d'eau consommé pour le produire, le transformer, le préparer, l'emballer, etc. A titre d'exemple, il faut : 16 000 litres d'eau pour produire un kilo de viande rouge.
Ce gaspillage est d'autant plus inquiétant que les besoins en nourriture et par conséquent en eau risquent de doubler d'ici 2050

Les enjeux économiques : Gaspiller de la nourriture, c'est aussi indéniablement gaspiller de l'argent. On ne dispose pas de réelles données en France pour mesurer précisément le coût du gaspillage alimentaire. Mais à titre d’exemple, nos voisins anglais ont chiffré à 12 milliards de livres par an (environ 13 milliards d’euros) la fraction évitable des déchets alimentaires et de boisson. Tandis qu’en Belgique, on jetterait chaque année l’équivalent de 174 € de nourriture par ménage.

Les enjeux éthiques : si on estime que ¼ de la nourriture produite à l'échelle internationale est jetée sans être consommée, on ne peut oublier que plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Quand on parle de gaspillage alimentaire, il apparaît ainsi indispensable de sensibiliser à un problème qu'il faut non seulement replacer dans la perspective de la crise alimentaire mondiale, mais aussi dans le contexte social propre à chaque pays : la sous-alimentation touche une partie de la population française, autant que celle de ses voisins européens. En France, grâce à l'action des banques alimentaires, plus de 92 000 tonnes de produits alimentaires ont  bénéficié en 2009 à environ 740 000 personnes dont 46 400 tonnes qui ont ainsi échappé à la destruction (selon les chiffres de la Fédération française des banques alimentaires). 

Des gestes quotidiens préconisés par l’ADEME

 
N'achetez que ce qui est nécessaire
 
Pour éviter d'acheter en trop grande quantité et de ne pouvoir consommer tous les aliments avant leur date de péremption, faites une liste de courses après vous être assuré de l'état des stocks dans vos placards. Vous pouvez également prévoir les menus de la semaine pour acheter les ingrédients au plus juste.
Évitez de faire vos courses quand vous avez faim, vous éviterez ainsi quelques achats impulsifs et un parcours anarchique dans le magasin !
 
Restez vigilant sur les offres dites promotionnelles
 
Quand vous trouvez des produits en promotion, demandez-vous si la quantité proposée est en rapport avec votre consommation. 
  • Allez-vous vraiment pouvoir manger tout cela avant la date de péremption ? 
  • Avez-vous la place pour le stocker ?
 
Conservez bien vos aliments et accommodez les restes plutôt que de les jeter
 
  • Pour prévenir la dégradation des denrées alimentaires et éviter la propagation des odeurs et des contaminations, il vaut mieux emballer les denrées avant de les ranger dans le réfrigérateur. Préférez des boîtes de conservation réutilisables (il en existe de toutes les tailles) plutôt que des sacs ou films en plastique ou en aluminium jetables.
  • Il est aussi possible de congeler les aliments pour allonger leur durée de vie. Par exemple, si la date de péremption d'un produit approche et que vous pensez ne pas pouvoir l'utiliser avant, congelez-le : vous pourrez ensuite l'utiliser au moment qui vous conviendra.
  • Surveillez les fruits afin d'enlever ceux qui sont abîmés de la corbeille, ainsi ils ne contamineront pas les autres.
Dans tous les cas, la règle d’or du « premier entré, premier sorti » s’applique.
 
On ne pense pas toujours à cuisiner les restes. Un exemple parfait d’utilisation possible de restes est le pain rassis qui est utilisable en tartines, en pain perdu, en chapelure ou encore en croûtons.
 
 
Au final, l’objectif de la Semaine est de sensibiliser tout un chacun à la nécessité de réduire la quantité de déchets générée et donner des clés pour agir au quotidien aussi bien à la maison, au bureau ou à l’école, en faisant ses achats ou même en bricolant.
Le concept de la Semaine est basé sur la prévention des déchets, c'est-à-dire avant que ce dernier ne soit produit, car le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas !
La SERD aura lieu cette année du 17 au 25 novembre 2012, n’hésitez pas à y participer !
 

Le Vériteur

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ADEME

L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement durable. Afin de leur permettre de progresser dans leur démarche environnementale, l'agence met à disposi...
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