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La loi sur l’autonomie des personnes âgées, reportée ou enterrée ?

Thème : Emploi, Santé, Société
Publiée le 25/04/2014 |
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Révélée par AD-PA |
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La loi sur l’autonomie des personnes âgées ne figure plus sur le calendrier parlementaire.
Les professionnels du secteur s’inquiètent du devenir du projet de loi sur l’autonomie des personnes âgées. En effet, au lendemain du remaniement, il n’est pas mentionné dans le calendrier parlementaire qui court jusqu’en juillet. Explications de Pascal Champvert, président de l’AD-PA (Association des Directeurs au service des Personnes Âgées).
 
Que reprochez-vous au gouvernement ?
 
Aujourd’hui, on constate que la loi sur l’autonomie des personnes âgées n’est pas à l’ordre du jour du Parlement avant l’été. Soit c’est juste un report dû au remaniement, auquel cas c’est fâcheux mais ce n’est pas dramatique, soit on parle d’un report plus large, plus important, et c’est inacceptable.
 
En effet, si ce texte n’est pas applicable au 1er janvier 2015 comme prévu, il s’agira d’une faute éthique autant qu’économique. On parle tout simplement de prendre de l’argent dans le portefeuille de la vieille dame pour améliorer les fins de mois.
 
Pourquoi parlez-vous de faute éthique ?
 
Depuis le 1er avril 2013, tous les retraités paient la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA). Normalement, cette contribution devait permettre de financer cette loi pour l’autonomie. Mais comme elle n’avait pas été mise en œuvre l’an dernier, cet argent – 640 millions d’euros ! – est allé au Fonds de Solidarité Vieillesse, pour combler d’autres déficits.
 
Donc, non seulement on a pris de l’argent aux retraités à d’autres fins que celles annoncées, mais en plus les conditions de vie des personnes dépendantes n’ont pas été améliorées. Et si ce texte n’est pas applicable au 1er janvier 2015, cette aide sera de nouveau détournée et elle n’ira pas aux plus fragiles. C’est pour ça que c’est une faute éthique.
 
Mais en plus, c’est une faute économique : l’aide aux personnes fragilisées sera bientôt un des secteurs les plus créateurs d’emplois. Donc cette loi, c’est aussi faire le pari de l’avenir : à la fois pour les plus âgés qu’il faut aider et pour les plus jeunes qui recherchent un emploi.
 
Pouvez-vous nous rappeler les enjeux de cette loi sur l’autonomie ?
 
L’enjeu de cette loi était, dans un premier temps, de mieux accompagner les personnes à domicile et dans certaines résidences spécifiques. C’était un premier pas : imaginez, 640 millions d’euros, c’est très peu quand on pense que le Premier ministre dit rechercher 50 milliards d’euros ! C’était déjà une petite loi mais nous considérions qu’elle devait être soutenue.
 
Elle était nécessaire, mais pas suffisante car elle ne concernait pas les personnes âgées en établissements. Aucun crédit n’est prévu pour elles. Il faudra donc trouver ce budget pour ensuite mettre en place cette seconde étape.
 
Pourquoi la France est-elle en retard au niveau de l’autonomie ?
 
La France est très en retard au niveau de l’autonomie pour deux raisons. D’abord, on manque de professionnels. Aujourd’hui, il y a en moyenne deux fois plus de professionnels dans les établissements à l’étranger qu’en France. Dans notre pays, on détruit même des emplois dans l’aide à domicile : de nombreuses associations sont obligées de cesser leurs activités parce qu’elles n’ont plus les moyens.
 
Enfin, on continue de diminuer le nombre de structures de coordination. Donc nous sommes en retard, et même en régression, alors que le nombre de personnes dépendantes, lui, ne cesse d’augmenter !
 
Quelles sont vos actions aujourd’hui et qu’attendez-vous du gouvernement ?
 
Nous avons lancé une pétition et avons largement fait connaître notre désaccord. Le gouvernement doit faire en sorte que cette loi soit votée et qu’elle soit effective au 1er janvier 2015. Ensuite, il devra en préparer le deuxième volet concernant les établissements.
 
Les retraités représentent 12 millions de personnes en France, 20% de la population qui paient la CASA. Il faut que cette loi se fasse, car il faut cesser de mentir à ces 12 millions de Français, à leurs familles et aux professionnels du secteur.
 
Propos recueillis par Marine Périn

Le Vériteur

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AD-PA

Association des Directeurs au service des Personnes Âgées
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